‹ Catéchisme de Sainte ThereseChapitre 8 sur 59 · INTRODUCTION. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. VII

de la Vie des saints, qu'on faisait à haute voix chaque soir chez leurs parents, poussa plusieurs fois sainte Thérèse et ses frères à quitter la maison paternelle, soit pour aller chercher le martyre chez les Maures, soit pour embrasser la vie pénitente des anciens solitaires. Mais la lecture des romans et la compagnie d'une parente volage et dissipée faillit arrêter de si beaux commencements. Enfin la grâce de Dieu l'emporta. Le 2 novembre 1535 elle entra chez les Carmélites, du monastère d'Avila. « Dans le moment que je pris cet engagement, dit- elle, j'éprouvai de quelle sorte Dieu favorise ceux qui se font violence pour le servir. Ce souvenir fait encore sur mon esprit une impression si forte qu'il n'y a rien, quelque difficile qu'il fût, que je ne craignisse d'entreprendre pour le service de Dieu; c'est pourquoi, si j'étais capable de donner un conseil, je ne serais jamais d'avis, lorsque Dieu nous inspire de faire une bonne œuvre et qu'il nous y excite plusieurs fois, de manquer à l'entreprendre par la crainte de ne pouvoir l'exécuter. Car, si c'est son amour qui nous y porte, et si c'est pour lui qu'on l'entreprend, elle réussit certainement, rien n'étant impossible à l'amour de Dieu. »

Là est tout le secret de la vie de sainte Thérèse. Le monastère d'Avila pratiquait exactement la règle, mais mitigée par le pape Eugène IV; Thérèse conçut le dessein delà faire observer dans sa rigueur primitive. Nous passons sous silence toutes les difficultés qu'elle essuya dans celte œuvre difficile. Enfin, le 25 août 1562, elle eut la consolation de pouvoir fonder un monastère du Carmel à

VIII • LYTIvODUCTIOX.

Avila, et ce fut le premier qui suivit la réforme. De là, eu peu d'années, cette réforme s'étendit à plus de quinze couvents du Carmel. Après les monastères de femmes, ce fut le tour des monastères d'hommes. Dans cette œuvre, sainte Thérèse fut admirablement secondée par saint Jean de la Croix, et les religieux qui suivirent sa réforme prirent le nom de Carmes déchaussés, qu'ils conservent encore aujourd'hui.

Au milieu de tant de travaux sainte Thérèse ne perdit pas de vue le but qu'elle s'était proposé en entrant en religion, la perfection. Ses prières étaient continuelles, ses mortifications incroyables, son humilité et sa charité sans exemples. Elle avait coutume de répéter : « Seigneur, ou souffrir. ou mourir. » Aussi Dieu daigna-t-il la favoriser de ses grâces les plus insignes. Elle le voyait toujours présent devant elle ; elle s'entretenait souvent avec lui. Un jour elle vit un séraphin qui, avec un trait de flamme, lui transperça le cœur. Le Seigneur lui dit une autre fois : «Ma fille, je t'ai donné mon Fils pour époux, mon esprit pour guide et la Vierge pour mère. » Tant de vertus eurent leur récompense. Après avoir vu la réforme solidement établie, la Sainte passa de cette vallée de larmes dans la vie bienheureuse, le 14 octobre 1582, consumée, disent les auteurs de sa vie, par le feu de l'amour divin, plutôt qu'accablée par la violence et la continuité de ses maux.

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