DE DIEU
Q. — Qu'est-ce que Dieu '!
R. — Dieu (i) c'est une expression.
Q. — Quelle est la valeur de cette expression:' R. — La valeur exacte du mot NATURE.
Q. — Qu'est-ce que la Nature l R. — ■ L'ensemble de ce que nous savons exister dans l'Univers infini.
(i) Dieu n'est pas un uum propre, c'est un nom couinuin. Il y a le dieu des iuifs, celui des chinois et celui des sauvages. Le nom i)roprc de dieu c'est Fy liiez les chinois, Brahma chez les Hindous, Isis chez les Egyptiens, Zcus liiez les Alhénicns, Jupiter chez les Romains, etc.. En linguistique cer tiincs appellations conformes peuvent servir à prouver d'avantage que ilieu est un nom commun, le 0eO grec, le ^/tv latin, le /cf du dialecte me.\ie.iin, le iao, raison ou esprit suprême des Chinois.
Dupuis, dans son Origine des cultes, dit : « Le mot Dieu parait destiné a exprimer l'idée de la force universelle et éternellement active qui imprime le î-.iouvement à toute la nature, suivant les lois d'une harmonie constante et .idmirablc, qui se développe dans les diverses formes de la matière organiseï-. i)ui se mêle atout, anime tout, et qui semble être une dans ses modifications inllniment variées et n'appartenir qu'à elle-même. »
14 (:,\'i'i'x:iiis-.ii: Dr !,iiiRi;-ri:N^^fc:L'R
Q. — Quelle autre detiuilion pouvez-vuus donner de la Naturel
R. — C'est le monde matériel, et TOU T est matière (i).
Q^. — La Nature n"a-t-elle point de limites i
R. — Non. Nous ne pouvons concevoir que la Nature soit bornée, et, si nous étions placés sur la planète que nous savons la plus éloii^née, nous découvririons autant de mondes que nous en voyons de la Terre, et ainsi de suite.
Q. — Il existe donc autre chose que ce que nous voyons ou touchons {
R. — Oui; il y a une quantité prodigieuse d'objets et de faits que nous ignorons complètement et d'autres dont lexistence nous est révélée ]\u" la science et que nous ne pouvons ni voir, ni toucher.
Q. — (^ue t'aut-il entendre par ce mot SCIENCE .<
R. — La somme des connaissances positives amassées p>ar les hommes.
(^. — Devons-nous admettre tout ce que nous révèle la science ?
R. — Oui, car ce que les hommes savants (2) observent et découvrent est mathématiquement prouvé.
[il On peut liro rcssiii ilo catLchimu' t'ait p.■^l•^'()ll;^.'y ,fratT(';;is, né en 1/57 , .sous le titre : /." /oi' iialiiicllv, ou piimipes p/nsùpin, th la vicinle. A'olncy rwonnait Dieu comme un aident suprême, un moteur universel et iiier.tique. Il iléclare. que I;i loi naturelle suffit pour élever à la connaissance de Dieu. Cette manière de voir est absolument fausse, d'après notre système.
2,1 Xous donnons au terme ia-.-ani une valeur restreinte. Xous appelons savants ceu\ la seuls qui s'oci iipriil de sciences exactes.
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et notre raison ne saurait se refuser dy croire.
Q. — Ces hommes savants n'ont Jonc point d-^couvert Dieu?
R. — Non, et tous t,ont d accord pour nier son existence.
Q. — Dieu n'est donc point une individualilc indépendante !
R. — Non. Sous les condiiions de Tctcnduc et de la durée linie, dans le règne du mouvement et de la pensée, il n'existe aucun être qu'on piùssc, essentiellement, distinguer des autres êtres.
Q. — Ne peut-on concevoir un être qui se trouverait en dehors des autres?
R. — On ne peut distmguer un être comme en soi. ou comme par soi, qui possède, de quelque manière qu'on puisse l'entendre, v\\\^ nature propre et une indépendance quelconque.
Q. — Qu'entendez-vous, exactement par ces deux dernières réponses?
R. — Qu'il n'y a aucun être qui jouisse d'une vie propre et exceptionnelle en dehors des corps de la nature.