‹ Catéchisme du socialisme, libéral et rationnelChapitre 34 sur 53 · RÉSUMÉ SUR LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ SUR LE TRAVAIL

D. Dans quels rapports le travail doit-il être avec les aptitudes?

R. Il faut, pour en tirer profit et agrément, qu'il corresponde à nos aptitudes. Le succès est difficile quand cette conformité fait défaut et par malheur plusieurs circonstances s'opposent à ce qu'elle existe aujourd'hui.

D. Quelles sont ces circonstances?

R. Ce sont d'abord nos préjugés sur l'inégale dignité des travaux professionnels. Le choix d'une profession est plus souvent subordonné à la fortune des familles et à la crainte de déroger qu'à la nature de nos aptitudes. Tandis que l'enfant pauvre reste voué à un travail manuel qui atrophie en lui la vie morale et intellectuelle, un autre, riche, mais doué d'aptitudes manuelles dominantes, est détourné de la carrière qui conviendrait le mieux à son organisation, et condamné à la médiocrité dans la profession libérale qu'il a dû choisir.

D. Y a-t-il d'autres causes qui agissent dans le même sens?

R. L'organisation actuelle impose à la plupart des hommes un travail trop exclusif, qui ne répond qu'à une partie de leurs aptitudes, quelquefois même à une seule; les au

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1res restent inactives et sont autant de forces perdues. Si Ton interrogeait mieux la nature de Thomme, on compren« drait que nos facultés, dans leur état natif et surtout par le bienfait d'une éducation intégrale, sont toujours assez nombreuses et assez diverses pour nous rendre aptes à des travaux multiples dont la diversité sellait aussi favorable à notre santé qu'à nos plaisirs et à nos intérêts.

D. Que concluez-vous de ces considérations ?

R. Dans une société bien organisée ce n'est ni la nais* sance ni la fortune, mais l'aptitude naturelle qui déterminerait le choix des fonctions. Toutes les occupations utiles à la société étant ennoblies, toutes les facultés étant développées par une éducation large et libérale, chacun pourrait écouter et suivre sans scrupule, sans honte, la voix de sa destinée.

D. Quels rapports le travail et les passions ont-ils ensemble ?

R. Ceux de nos désirs qui nous portent aux jouissances matérielles sont le point de départ du travail qui crée la richesse. Ceux qui nous font aspirer aux jouissances affectives, nous portent à chercher dans l'exécution du travail collectif des occasions d'obéir à nos sentiments d'amitié, d'amour, de familisme, d'ambition ou de dévouement. Enfin, notre activité matérielle et morale étant liée à des besoins de variété, de rivalité et d'accord, il est évident que le travail, suivant la manière dont il est exécuté, se prête plus ou moins à la satisfaction de ces besoins» Or. l'organisation du travail par groupes et par séries, par séances courtes et variées, dans la mesure et de la manière que nous avons indiquées, est la seule qui réponde au

LIBÉRAL ET RATIONNEL li:^

exigenccade notre santé et de nos âttr^ctioas social^^, la seule qui puisse» pour tout dire en up moU crèrVattrait dans le travail.

D. Ëst-il possible de rendre tout travail atiray^nt ?

R. Certains travaux sont et resteront répugnant3 par cux-mômes. Cependant j'homme les exécute actuellement, même de plein gré» lorsque ces travauif ]u\ appor^ tent un grand profit matériel, l'estime de ses seiQl>lf^bles ou enfin cette jouissance intime de la conscience qui résulte d'un devoir accq^ipli oii d'un aicle de dévouement. Comme exeniple de cette dernière catégorie, on peut citer la profession de médecin qui comporte certains détails fort répugnants et que tout le monde honore en rf^ison même de ces actes d'abnégation, un n-aurait qu'à étiBoifdre cette estime à toutes les fonctions utiles ^ la société pour les doter indirectement d'un attrait efficace. Nous n'avqns aucun doute sur la possibilité de rendre le travail at^r^-yant.

p. Coçament réaumez-vous les conditions qufs présentfH rait le travail dans une bonnç organisation sociale?

R. io Le travail serait approprié aux goûts et aux aptitudes naturelles, toutes les fonctions accessibles k tous, l'éducation essentioUement dirigée dans le but de favoriser l'éclosion intégrale des vocations.

2o La domesticité sous sa fourme actuelle et le prolétariat disparaîtraient ; les travailleurs devenus associés recueilleraient tout le fruit de leur travail.

30 Chaque fonction et chaque fonctionnaire seraient rétribués et honorés en raison de leur importance pour l'intérêt général.

4û Le charme présiderait à la plupart des travaux. L'attrait indirect d'une rémunération exceptionnelle en profit ou en honneur, deviendrait un renfort d'attraction pour les travaux répugnants, c'est-à-dire dépourvus d'attrait direct.

5o L'association, en assurant le travail individuel et les fortunes privées contré toutes les chances de ruine, donnerait aux hommes une sécurité plus précieuse encore que la richesse»

6» Les ateliers seraient salubres et luxueux, les instruments et les machines mis à la disposition de chacun par l'association, toutes les conditions hygiéniques assurées. 7» Le travail serait exécuté par séances dont la durée et la variété seraient réglées conformément aux exigences de la santé, du bien-être, de la liberté, du contentement de chacun et de la perfection du travail lui-môme en vue de l'intérêt général et particulier.

8o Le travail procéderait partout où cela serait convenable, parla division la plus détaillée; affectant un groupe de travailleurs à chaque nuance de fonction.

90 II s'accomplirait par groupes sympathiques ayant identité de goûts, d'intérêts et d'ambition.

IQo 11 associerait les intérêts et exciterait des rivalités généreuses qui tourneraient au bien général.

llo II développerait la bienveillance universelle en arrachant l'homme à la misère, à l'oisiveté et aux vices qui en découlent, en refroidissant l'amour âpre du gain et l'ardeur des cupidités particulières ; enfin, il anéantirait les causes de guerre, de haine et de fourberie pour inaugurer sur la terre le règne de la fraternité.

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