‹ Catéchisme du socialisme, libéral et rationnelChapitre 6 sur 53 · I. — DU SOCIALISUE EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

I. — DU SOCIALISUE EN GÉNÉRAL

D. Qu'est-ce que le socialisme ?

R. C'est à la fois Tensemble des doctrines relatives à l'organisation de la société, ;et celui des sectes et des partis qui réclament des réformes sociales. Ce mot, créé depuis une quarantaine d'années, est souvent pris en mauvaise part pour qualifier les tendances subversives et révolutionnaires de certains socialistes, et c'est injustement qu'on rapplique dans ce sens à tous ceux qui cultivent la science sociale

D. Qu'est-ce que la science sociale?

^^ R. C'est celle qui a la société pour objet. Au fond, elle fz est identique à la politique; mais celle-ci ayant été peu à

peu rcslreiiite à l'art de gouverner, on appelle sociologie ou science sociale, la science qui traite des rapports de l'homme avec ses semblables.

D. Comment doit-on poser la question sociale ?

R. Cette question embrasse un problème économique et un problème moral, et il n'est pas possible de résoudre complètement l'un sans l'autre. Le premier comprend les questions relatives à la richesse, au travail qui la produit, au commerce qui la distribue par l'échange, les transports et le crédit, à la consommation que l'homme en fait pour satisfaire ses besoins. Quant à la répartition, elle relève en même temps de la morale et de l'économie politique, puisqu'elle doit être basée sur la justice.

D. Comment définissez-vous le problème moral?

R. 11 a pour objet la réalisation de la justice et de l'accord entre les hommes, réalisation qui, pour amener leur bien-être, leur bonheur, suppose l'exercice et .le dévelop-

D. En quoi consiste le socialisme que vous appelez libéral et rationnel ?

R. En ce que ses principes, conformes aux données de la science et de la raison, respectent également la liberté de l'individu et l'action collective de la société dans la mesure où l'une et l'autre sont légitimes.

D. Quelles sont les principales branches du socialisme tel qu'on l'entend ordinairement?

R. Ce sont l'économie politique proprement dite, les diverses écoles communistes et l'école sociétaire. Les Economistes repousiQni la, qualification de socialiste^

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de peur d'être confondus avec ceux qui l'acceptent. Ccpen-

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dant leur école qui s'occupe da problème économique tel que nous l'avons défini, appartient nécessairement à la sociologie, bien qu'elle néglige presque euliërement le problème moral de la science sociale. .

Les Écolei contmuniitei sont nombreuses. Ce qnî caractérise leurs dociriocs, c'est la prépondérance de l'autorité collective sur la liberté individuelle; c'est l'exagération du principe d'égalité el du r6le que la fraternité et le dévouement peuvent remplir dans les relations humaines ; c'est aussi l'abolition plus ou moins complète de la propriété individuelle.

h'Éeole sociétaire fondée par Ch. Fourier professe que le problème économique peut et doit être résolu ; l» par l'twtociation libre el voltmtaire du travail, du capital el du talent; î" par une organisation du travail propre à le rendre attrayant et par coméquent prodxictif d'une richesse sujfisante ; 30 par une rÉtribulionpropwtionncHe k la coopération de chacun. Four cutic dooio.inaoïuiiou ilu problÈme moral repose sur le jeu des facultés individuelles dans un milieu social combiné de manière à. substituer le plus possible la liberté à la contrainte, l'accord des intérêts et des caractères à l'anlagonisme, la vérité au mensonge, l'ordre à. l'incobérencc elcnân le développement harmonique de la personne humaine à cette abjection physiqae et morale qui est encore le lot du plus grand nombre.

D. Pourquoi le socialisme est-il vu avec défaveur par une grande partie de la société actuelle?

R, Parce que, outre les erreurs qu'il peut renfermer, on lui en prête de fort dangereuses. Toute société comp^ son sein bon nombre d'esprila conservateurs [

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s'alarmer à l'idée d'une réforme sérieuse, et cette crainte qui prend sa source dans l'ignorance ou trop souvent dans l'égoïsme, produit un aveuglement funeste au progrès. En tout temps et partout, les idées nouvelles, môme les meilleures, ont eu à lutter contre les préjugés. Le socialisme ne fait point exception à cette loi de l'histoire.

D. Quelle est l'idée la plus générale que se font du socialisme ceux qui lui sont hostiles?

R. Celle d'une doctrine qui, exai^érant le rôle, les devoirs, les droits de l'État et du Gouvernement, tend à rendre leur intervention oppressive de la liberté individuelle, et dont l'application ne pourrait être effectuée et maintenue que par une autorité despotique. Les adversaires du socialisme le confondent en général avec les plus mauvaises formes du communisme.

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