Czeniples d'enfants mauvaist
a. Exemples Uhliqiies. — Un enfant dénaturé fut Caïn, lui qui par le meurtre de son frère ne craignit pas de plonger ses parents dans le deuil et la désolation.— Cham se moqua de son père Noë, et sa malédiction le poursuivit durant toute sa \'ie. — Jacob manqua aussi lorsqu'il se laissa persuader par sa mère de mentir à son vieux père Isaac. En punition de sa faute, il fut forcé d'abandonner sa patrie, eut beaucoup à souffrir chez son oncle Laban ; et il ne fut plus donné à sa mère eUe-méme de le revoir jamais. Cet exemple doit nous faire comprendre que nous ne devons l'obéissance à nos parents que quand ils ne nous commandent rien de contraire à la loi divine. — Quelle no fut pas la dureté des frères de Joseph, en vendant l'enfant chéri de leur père ; et combien fut indigne le moyen qu'ils em[)loyèrent pour lui persuader qu'il avait été dévoré par une bètc féroce I Mais ausii ils en lurent
punis de Dieu par toutes sortes de privations , par la faim, les soucis et les revers de toute nature. — Les enfants dénaturés du grand prêtre Héli^ Ophni et Pliinées^ pour n'avoir pas voulu prêter l'oreille aux avertissements de leur père, furent massacrés dans mie guerre, à côté de l'arche d'alliance, et leur père, cet homme faible et indulgent, se brisa la tète. L'exemple le plus triste d'ingratitude de la part des enfants est celui que nous offre Absaîon, qui, pour plaire au peuple, chercha à faire mourir sou père David. Qui n'est pas ému de douleur et de compassion en lisant que ce vieillard fut obligé de fuir de la présence de son fils, et, après s'être voilé la tète, monta nu-pieds la montagne des Olives en versant des larmes ! Malheur aux enfants qui arrachent à leurs parents de telles larmes ! Ceux-là ressemr bleiit à l'impie Absalon, qui désirent la mort de leurs parents pour entrer plus tôt en possession de leurs biens, ou qui trouvant qu'il leur est trop onéreux de les entretenir dans leur vieillesse, leur souhaitent la mort. 0 honte ! ce fils dépravé qui, par son ingratitude et sa rébellion, eût mérité de sul)ir les plus cruels châtiments. Dieu permit qu'il se pendit pour ainsi dire lui-même. Son cœur ingrat fut transpercé de trois lances, et, bien que fils d'un roi, son cadavre fut j(}té dans une fosse qu'on avait creusée dans une forêt ; et ou le recouvrit d'un monceau de pierres {Rois. 18, 17). Dans les idées des Orientaux, ce monceau de pierres était comme un monument d'infamie élevé sur la tombe de ce fils rebelle. Longtemps après, les passants devaient encore jeter des pierres sur le tombeau d'Absalon , afin de manifester riiorrcur que leur inspirait son crime. Chose remarquai jle, il est certains voyagcm'S orientaux qui racou-
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tent qu*il y avait près de la vallée de Josaphai un mausoiée, qu'Absalon dut se faire ériger pendant qu'il vivait pour y trouver un jour un tombeau honorable. Bien quïl n'y ait pas été enterré , mais dans la vallée d'Ephraïm^ il existe cependant encore actuellement des Juifs, et même des chrétiens qui, au rapport de Jean Boucher (l), lorsqu'ils passent avec leurs enfants dans la vallée de Josaphat , s'arrêtent auprès du prétendu tombeau d'Absalon, jettent des pierres dessus, ordonnent d'en faire autant à leurs enfants, en s'ecriant à haute voix : c Voyez ! voyez, c'est ici que pourrit ce fils perfide qui s'est révolté contre son père !... »
b. Cliosrou II monta sur le trône de son père, après qu'il eut prononcé lui-même sa sentence de mort. Mais il ne tarda pas à être traité comme il avait traité son père. L'aîné de ses fils , Kobad Schiroujeh, souleva sa garde de corps, excita une émeute en 625, fit son père prisonnieEs le chargea de chaînes, l'enferma dans un sombre cachot de son palais et, aidé de la noblesse, le déposa du trône. Plus tard, il le fit comparaître devant lui, lui reprocha toutes les injustices et les cruautés qu'il avait commises et termina la série de ses invectives par ces paroles : a Attendu que, pour des motifs légers et sans valeur , tu as condamné à mort ton père tu ne peux me faire un crime d'agir de même à ton égard. » — Ensuite, il le fit reconduire en prison, ne lui donna plus que du pain et de l'eau, et ne cessait de lui envoyer des gens qui noiUTÎssaient quelque ressentiment contre lui pour le couvrir d'opprobre et d'injures. Il fit mourir sept de ses fils devant ses propres
(1) Fascicul. pcrigrinal. in terra sancl., 1. I, c. 21.
2aO CATÉCHISME HISTORIQUE.
yeux, et lui-même il le fit percer de flèches. Ainsi fîuit riufortimé Ghosrou , après avoir été toim-menté luimême pendant cinq jours par son propre fils. Toutefois, la malédiction qu'il s'était attirée par le meurtre de son père et de ses frères continua à s'appesautii' de plus en plus sur le roi et sur le royaume de Perse. La famine et la peste furent les exécuteurs des vengeances divines. Ce prince sanguinaire, regardé par la nation comme l'auteur des calamités et des fléaux qui la décimaient, devint pour elle un objet d'horreur et de malédiction. A cette vue, le roi tomba dans une tristesse profonde, fut lui-même attaqué de la peste , et mourut six mois après son parricide. — Quelques-uns prétendent même qu'il périt sous le glaive d'un assassin {Stolb, R. G. B. 20.)
c. Le calife Montasser avait fait assassiner son père afin de pouvoir occuper le trône. Dès les premiers jours de son gouvernement , le nouveau roi fit l'inspection des meubles précieux et des trésors qui se trouvaient dans le palais. Parmi les superbes tapis qu'il découvrit, il en remarqua un qui se distinguait par de riches broderies , et qui fixa toute l'attention du calife. Il y vit une image représentant un beau jeune homme assis sur un cheval, et la tête surmontée d'une couronne. Autour figurait une inscription en langue persane. Comme ^lontasser ne connaissait pas cette langue , il fit venir quelqu'un pour lui expUquer l'inscription. La personne qui fut appelée , se mit à lire ; mais, tout à coup, elle pâlit et parut être dans un grand embarras. Comme le calife ne cessait d'insister , rhiterprête répondit en termes vagues, disant que ce n'était qu(^ le commencement d'une ancienne chanson populahc en
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Perse ; toutefois^ le calife ne se contenta pas de cette réponse : il avait remarqué la pâleur et l'embarras de son truchement; ce qui ne fit (ju'augmenter encore s:i curiosité. Il insista de nouveau pour savoir le sens de l'inscription , le menaçant des peines les plus sévères s "il persistait dans son refus. L'interprète, épouvanté par ces menaces, répondit : Voici la traduction fidèle de l'inscription : a Je sais Kobad Schiroujeh ([) , fds de Cliosrou, qui ai assassiné mon père pour recevoir sa couronne que je n'ai portée que pendant si^: mois. » Ces paroles furent pour Montasser, qui lui-même avait assassiné son père, un coup de tonnerre. Le même soir, il fut pris d'une fièvre dont il mourut peu de jours après. — Comme on le voit, il ne tarda pas à payer son crime.
d. Un célèbre écrivain de l'antiquité païenne, Plutarque , raconte qu'on parvint un jour d'une manière toute fortuite à la découverte d'un parricide. Un certain Bessus, phénicien de nation , avait déniché avec force cruautés un nid de moineaux^et en avait tué les jeunes. Ceux qui le virent lui demandèrent pourquoi il traitait avec tant de rigueur ces innocentes petites bètes ; sur quoi Bessus répondit encore tout bouillonnant de fureur et de rage : « J'ai agi ainsi parce qu'ils me calomniaient, ne cessant de crier que j'ai tué mon père. Je n'ai pu supporter ces cris importuns. » Ces paroles réveillèrent l'attention du public et furent rapportées au juge. Cet homme, dont le père avait disparu d'une manière mystérieuse, fut saisi et ne tarda pas à avouer qu'il l'avait
(1) Le même parricide dont nous avons parlé dans lliisloire prcccdcnle.
Sri'i' CATÉCHISME IlISTOllIQTJE.
réellement tué et enterré. Il fut puni "Comme il le méritait. — La voix de sa conscience n'avait pas laissé de repos à cet infortuné, et les reproches que lui faisait cette voix intérieure, finirent par lui persuader que c'étaient les moineaux quiles lui faisaient {Lolin. Biblioth. III, 544).
e. Un jour qu'un ermite cherchait des herbes dans une forêt , il entendit pousser des cris et des gémissements lamentables. Il avança et trouva couché dans un buisson un jeune homme qui avait reçu une grave blessure au pied droit. Autour de lui, le sol'était couvert de sang, et à chaque instant le blessé tombait en défaillance. L'ermite releva le jeune homme, et le traîna, non sans beaucoup de peine, dans sa collulc. Comme il avait eu autrefois quelques connaissances dans le traitement des blessures, il le soigna si bien que déjà le lendemain il fut à même de lui raconter de quelle manière il avait reçu sa blessure, a Je suis, depuis peu, commença le jeune homme, le serviteur d'un noble; hier, comme nous chevauchions à traders la forêt où vous m'avez trouvé, mon maître avait à côté de lui, sur son cheval, une somme considérable d'argent. Tout à coup, je ne sais ni où ni comment, le sac d'argent se trouva perdu. Mon maître se mit alors à proférer d'horribles jurements et à se lamenter. Nous reculâmes de quelques pas, je descendis de cheval et me mis à chercher l'argent avec toute l'attention dont j'étais capable, mais ce fut inutilement. Lorsque je revins auprès de mon maître et que je lui annonçai que je n'avais rien retrouvé, il commença par me faire des reproches amers ; il alla même jusqu'à me soupçoiincr d'avoir retrouvé l'argent, prétendant que je