PARTIE m. CHAPITRE II
père^ reprit T enfant, faites en sorte qu'elle soit de la dernière perfection^ faites-la grande, afin qu'un jour,lorsque vous serez devenu vieux, je puisse, à mon toiu", m'en servir pour vous donner à manger. » Effrayé de ce discours, le jeune paysan jeta loin de lui son travail, et désormais traita son vieux père avec beaucoup de précautions et de ménagements, afin qu'unjour il n'eût pas à redouter un traitement rigoureux de la part de son fils [Lohn. Bibl. i, 701).
l. Un vieux père était traité avec si peu de soins par son fils et sa belle-fille, que, mis dans l'impossibilité de vivre plus longtemps dans la maison où il avait si longtemps vécu et travaillé, il sollicita lui-même d'être admis à Thospice des pauvres du village, ce qu''il obtint. En prenant congé de ses enfants, il ne put s'empêcher de verser des larmes. Quant à son fils, il resta impas^ sible. Il demanda qu'on voulût bien lui rendre encore un service, c'était de lui envoyer deux draps de lit. Le jeune paysan prit les plus mauvais qu'il put trouver dans la maison et les donna à son enfant pour les porter à son grand-père. Pendant qu'il s'acquittait de sa commission , le père, qui le suivait des yeux, remarqua qu'il cachait l'un de ses draps sous un tas de bois. Aussitôt il le fit venir auprès de lui et se mit à le questionner. Mais l'enfant, sans marquer le moindre étonnement et comme si tout eût été dans l'ordre, se contenta de répondre : « J'en ai caché un pour vous, mon père, afin que si, un jour, vous allez à l'hôpital, je ne sois pas obligé de vous eu donner un Ion. » — A ces paroles, le visage du père se couvrit d'une pâleur livide; sa première démarche fut de se rendre à l'hôpital pour faire revenir son père chez lui, où désormais il
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commença à I3 traiter tout difléremment de ce qu'il avait fait jusqu'alors {Aller SUten Spiegel. S. 87).
SENTENCES
a. Dieu lui-même a prononcé cet oracle par la bouche de Moïse : Si quelqu'un a un fils désobéissant et indocile qui n'écoute pas la voix de son père et de sa mère, et malgré les châtiments qu'ils lui infligent, refuse néanmoins de leur obéir, ils devront le saisir et le conduire auprès des plus anciens parmi le peuple qui sont assis à la porte pour juger, et ils diront : Noire fils que voici est désobéissant et indocile, il n'obéit pas à nos paroles, il est ivrogne et débauché, et les gens de sa ville le lapideront, afin qu'il meure et que tout le mal soit extirpé d'entre vous, et que tout Israël en soit témoin et soit dans la crainte [Deut. 21. 18).
h. Un fils indocile est la honte de son père , et une telle fille est pour lui un objet nuisible {Sirach. 23. 3).
c. Comme on demandait un jour à Solon, célèbre législateur d'Athènes, pourquoi il n'avait établi aucune peine contre ceux qui frappaient leurs parents , il répondit : « 11 ne m'était pas venu à la pensée qu'il existât des enfants aussi dénaturés» {Alex. 1. 31, c. 5).
d. Isocrate, célèbre orateur athénien, disait un jour à un jeune homme : « Comportez-vous envers vos parents comme vous désirez que vos enfants se comportent un jour envers vous-même » {Stohacus in Sentent.).
e. Ne pas aimer ses parents, c'est impiété ; mais les mépriser, c'est folie toute pure — écrit le philosophe Séuèque {Lib, 3 de bcref. c. 1).