‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 122 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE H · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE H

plein de vivacité et de talents,, mais fort enclin au vice^, se livrait déjà, à un âge encore tendre^ à toute espèce de désordres. Sa mère^ il est vrai, ne manquait pas de Tavertir et de lui donner toutes les leçons qu'elle jugeait nécessaires;, mais il en faisait peu de cas : le punir était pour elle chose impossible, car elle Taimait trop pour cela. En croissant en âge, il ne fit que croître en malice. Adonné avec passion au jeu et à la boisson, il tomba bientôt dans les vices les plus grossiers, qui, pour Tordinaire, ont pour compagnes les mauvaises habitudes. Les avertissements et les leçons de sa mère qu'il avait méprisés naguère, il les tourna en ridicule. Après avoir dépensé son argent, il se mit à voler. Poursuivi par la justice, il se réfugia dans une forêt obscure et s'associa deux compagnons. Pendant la nuit, ils attaquaient les voyageiu-s sur la route, les dévaUsaient et les tuaient. Jean était le chef de la bande. La mère commença alors à ouvrir les yeux, mais c'était trop tard. Elle déplora amèrement son amour aveugle, et ne cessa plus jour et nuit de prier. Enfin, elle prit la résolution d'aller à la recherche de son malheureux iils, mais ce fut en vain que pendant trois jours elle le chercha et par monts et par vaux. Arrivée au sommet de la montagne du /S'^Zr^, épuisée de fatigue, elle s'endormit, et eut le rêve suivant : elle vit la tète de saint Jean- Baptiste briller d'une grande clarté, et à ses pieds les tètes sanglantes dp son fils et de ses compagnons; lorsqu'elle se réveilla, elle adressa à Dieu et à saint Jean-Baptiste, le patron de son fils, une fervente prière, afin d'obtenir la grâce de sa conversion. Aussi, prodige vraiment surprenant! comme elle priait encore, elle vit arriver à elle, au crépuscule du matiu^ son fils qui 11. 45

marchait d'un pas tardif et chancelant. A ce spectacle inouï, elle pâlit de surprise, son visage se contracta, et son regard troublé et immobile restait invariablement fixé siu" la terre. Elle le salua enfin et lui adressa ces paroles : « Ah ! mon fils, reconnaissez combien vous êtes coupable; faites pénitence et sauvez votre âme. «Son fils lui raconta alors combien il avait été frappé d'un rêve qu il avait eu la nuit précédente; il ajouta qu'il avait vu à ses pieds les tètes ensanglantées de ses compagnons, et qu'il avait aperçu planant au-dessus de lui la tète de son patron. Sa mère lui avoua qu'elle avait eu le même rêve que lui, et lui fit comprendre que son saint patron lui obtiendrait à lui et à ses compagnons la grâce de son pardon, s'ils se résignaient à subir la peine de la décapitation. En achevant ces paroles, elle se jeta à ses genoux en exhalant de profonds soupirs, le conjurant de se soumettre à la peine qu'il avait méritée. Il céda aux larmes de sa mère,, la suivit et alla se présenter à la justice. Entraînés par son exemple, les deux autres l'imitèrent. Pénétrés de repentir et munis des secours de la religion, ils moururent tous trois sur l'échafaud. La pieuse Ehrentraud vendit sa cour, et, à l'endroit où elle avait eu son songe et obtenu la conversion de son fils, elle érigea une chapelle en Thonneur de saint Jean-Baptiste, qui devint bientôt un pèlerinage célèbre {Staffler's Tirol. B. 1. S. 808).

Ji. Le soir d'une fête, un jeune paysan était occupé à travailler à son tour, en guise de passe-temps. Son fils lui ayant demandé ce qu'il faisait, il lui répondit : « Ce que je fais? mon enfant, c'est une écuelle de bois pour ton grand-père qui, tremblant fortement, ad('>jà cassé un grand nombre d'écuelles de terre. — Eh bien! mon

Page 1