PARTIE ni. CnAriTRE It
parvient à dompter des bêtes féroces, pourquoi ne réussirait-on pas à adoucir un monstre à figure humaine ? Ce ne sont pas tant les ressources qui font défaut (et parmi celles-ci nous comptons celles qui sont du ressort de la justice civile), que l'amour exagéré et insensé des parents qui se montrent trop indulgents envers leurs enfants lorsqu'ils leur ont manqué en quelque chose {^lian. var. Histor. 1. 1).
l. Nous trouvons dans la conduite de la reine Blanche un magnifique exemple sur rhorreiu* du péché que les parents doivent, de bonne heure, inspirer à leurs enfants. Elle disait qu'elle aimerait mieux voir étendu mort à ses pieds son jeune fils Louis que d'apprendre qu il était tombé dans un péché mortel, etc. (Voyez le l«r vol., p. 481).
m. Dans une lettre adressée à la pieuse Lœta, qui vivait à Rome avec sa fille , saint Jérôme lui donna entre autres les conseils suivants siu" l'éducation : Voua devez élever votre fille dans le temple, comme le fat Samuel, et dans le désert comme le fut saint Jean-Baptiste (Ce qui signifie : apprenez-lui de bonne heiu'e à prier et à craindre le Seigneur ; conservez-la dans la retraite, loin de la société des gens du monde). Eloignez d'elle toutes les personnes légères, indiscrètes, friandes et voluptueuses. Votre fille est-elle lente à se mettre au travail, gardez-vous de la réprimander trop sévèrement , mais encouragez-la plutôt en louant son assiduité et son ardeur. Il ne faut pas qu'elle voie jamais quelque chose dans son père ou sa mère qui soit de nature à la porter au mal. Qu'on ait soin de ne point lui inspirer le dégoût de l'étude soit en la surchargeant de travail^ soit en la faisant étudier trop longtemps^
^SO CATÉCHISME IITSTORTQUE.
parce que le dégoût pourrait bien ne pas la quitter dans la suite. Veillez à ce que ses maîtresses ne Tliabituent pas à ne prononcer les mots qu'à moitié, ni qu'elles l'apprennent à aimer For et la pourpre ; Tun nuirait à son langage, l'autre serait préjudiciable à sa vertu. Disposez de telle sorte ses occupations tant pbysiques qu'intellectuelles, que le travail lui devienne agréable, par une sage et heureuse combinaison. Elle doit aussi apprendre à coudre, à filer et à broder. Sa nourriture doit être simple ; habituez-la à être sobre dans le manger ; qu'elle se lève de table, lors même qu'elle ne serait pas complètement rassasiée. — Que jamais son oreille ne soit blessée par des imprécations, des jurements et des mensonges; elle doit vivre comme un ange (>S'. Hieron. epist. ad. Lœt.).
n. Xénophon écrit qu'en Perse , l'éducation des enfants est regardée par les parents comme la chose la plus importante. Là, dit-il, les enfants vont à l'école pour y apprendre à être justes, comme chez nous ils y vont pour apprendre à lire et à écrire. Les jeunes Perses sont formés à tous les genres de vertus, mais principalement à l'amour de la vérité, à la pudeur, à la tempérance et à l'obéissance. Les précautions dont on les entoure sont telles, que toutes les maisons d'éducation sont éloignées de la place puljlique , afin que les jeunes gens ne soient pas distraits de leurs nobles occupations par la vue des hommes adonnés aux spéculations du lucre et de l'ambition i^Xenr^yh. Cyrup. 1. 2, G).