‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 136 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE II

i. n y a quelques semaines, raconte l'Œsterreicliisser Volksfreund (p. !249.), *on célébrait une noce

dans le village de W Il est d'usage, dans ce pays,

que répoux donne à ses camarades quelqu'argent pour se divertir. Lors donc que ceux-ci eurent reçu la somme en question, ils entrèrent dans une auberge, s'entourèrent d'une bande de musiciens, et passèrent quelques beures occupés à boire, à manger et à danser." Une légère difficulté qui survint jeta bientôt la désunion parmi eux, et les coups suivirent de près. Après qu^on en eut cbassé un grand nombre, le calme se rétablit,, et le reste continua à se divertir jusqu'au lendemain matin. Joyeux et pas trop mécontent des divertissements qu'il venait de prendre, U s'en retourna

chez ses parents. Sa mère qui avait eu vent du tapage nocturne, le reçut en ces termes : Tu fes de reclief conchdt en vrai polisson ? — Ces paroles jetèrent le jeune homme dans une si violente colère qu'il saisit sa mère, la renversa et la maltraita horriblement. Attiré par les cris que poussait se femme, le mari accourut, l'arracha des mains de ce fils dénaturé et se mit à lui faire des reproches sur l'indignité de sa conduite. Mais à ces réprimandes si méritées, ce fils barbare répondit : « Cette maison m'appartient maintenant ; vous deux n'avez plus rien à y voir ; hâtez-vous donc d'en sortir, et cela le plus tôt possible. » En efîet, ses parents, voulant le racheter du service militaire, hii avaient permis d'hypothéquer leur maison, et voilà que ces pauvres parents se trouvaient réduits à rassembler f'U pleurant le peu qu'ils y possédaient et à chercher .1 Heurs l'hospitalité.

Mais entrons dans ja demeure située non loin de là, II. 16

d'un autre paysan, et nous serons émus de compassion en voyant dans un coin retiré de la chambre, une pauvre femme gémir sous le poids de ses douleurs. Déjà depuis de nombreuses années, cette vieille mère a les membres paralysés, et ne peut plus faire aucun mouvement. La personne qui la soigne est obligée de lui donner à manger comme à un enfant, il faut qu'elle la lève de son lit, Ty replace, chasse les mouches qui la tourmentent, en un mot, qu'elle l'assiste, l'aide en tout et partout. Ce pénible devoir, c'est son propre fils qui le remplit. 11 a, en outre, trois sœurs qui sont mariées. Après la mort de leur père, un touchant débat s'éleva entre eux pour savoir qui se chargerait de l'entretien de la mère et lui donnerait l'hospitalité jusqu'à la fin de ses jours. Chacun faisait valoir ses droits. L'une des filles disait qu'il n'y avait qu'une personne de sou sexe qui pût lui prodiguer les soins convenables ; le frère aîné insistait surtout sur la recommandation que son père lui avait faite avant de mourir, de ne pas oubher les devoirs qu'il avait à remplir envers sa mère. Quant au plus jeune des fils, il se mit à pleurer et ne cessa de prier et de conjurer que quand les autres lui eurent déclaré qu'elles renonraicnt à leurs ch'oits et lui abandonnaient le soin d'entretenir leur mère. Mais aussi qui pourrait dire avec (]uel dévouement et quelle tendresse il s'acquittait de ce consolant olBce. Jamais une parole d'impatience ne s'cchai)pait de sa bouche. Aujourd'hui sa femme partage les soins (pi'il lui rend ; il a choisi à dessein une [lorsonnc pauvre, afin ({u'elle se montre d'autant plus bienveillante envcis sa mère.

f^^ deux fils, dont nous venons de parler, l'nn

rARTiE ni. :nAPiTRE ii. 283

homme faroucîie et cruel, l'autre doux et compatissant, ont reçu la même éducation ; d'où vient donc cet différence de mœurs? — Parcourez, cher lecteur, le cercle de vos condisciples d'autrefois, examinez un à un vos compagnons d'étude ; vous avez eu les mêmes leçons, les mêmes professeurs, et, cependant, combien est différente la manière de penser et d'agir de chacun de vous I — Cette fois-ci, je me contenterai de dire : L'école, fùt-elle la meilleure qui existe, ne peut jamais obtenir que de faibV-^ résultats si Téducation domestique ne marche d^3 front avec elle. Une bonne éducation domestique comble les lacunes de celle-ci. Rien de plus important pour Tenfaut que l'éducation qu'il doit puiser dans sa famille. C'est d'elle que dépend l'amélioration ou la dépravation morale de la jeunesse, ses espérances ou ses craintes pour l'avenir. La semence implantée à l'école dans le cœur de l'enfance, doit être arrosée et entretenue par les enseignements de la famille. L'éducation domestique doit procéder et suivre celle de l'école.

11. On raconte, le trait suivant au sujet d'un païen, nommé Rhacones : Il avait sept fils, dont Tun nommé Cartomes menait une vie fort licencieuse. Son père fit tous ses efforts pour l'amener à une conduite plus réguhère , et le faire rentrer dans la bonne voie. MaijS comme la sévérité et la douceur, les remontrances et les châtiments ne servaient à rien, il lui lia les mains derrière le dos et le conduisit devant les juges. Là, le père commença le récit de toutes les turpitudes et folies qu'il connaissait de son fils, et supplia les juges de le conrlamner à mort. Cette étrange demande étonna singulièrement les juges, et comme ils se trouvaient ti'ès^

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embarrassés sur la décision qu'ils devaient prendre, ils les envoyèrent tous deux auprès du ici Artaxerxès pour lui soumettre leurs griefs et le prier de prononcer comme il Tentendrait. Comment pouvez-vous supporter, dit le roi en s'adressant au père, qu'on fasse mourir votre "nropre fils en votre présence ? Le père lépondit : Très-facilement, mon prince ! car, lorsque, dans mon jardin, j'arrache de mes légumes les feuilles gâtées qui se trouvent mêlées aux feuilles saines et vertes, ou que je coupe à mes arbres les branches desséchées, ni les plantes ni les arbres n'en souffrent, au contraire, ils n'en prospèrent que mieux. Le même cas se présente ici, mon prince. En éloignant de moi et de ma famille celui qui la couvre de tant de confusion, et ne fait qu'abréger mes jours, je n'en vivrai que plus content et je verrai le bonheur rentrer dans ma famille. Lorsque le roi entendit ces paroles, il fut tellement surpris de l'amour que cet homme avait pour la vertu, amour qui allait jusqu'à étouffer en lui les sentiments de l'amour paternel, qu'il le reçut au nombre des juges, dans la pensée qu'un tôl homme ne se laisserait jamais corrompre, et ne serait jamais tenté de prononcer un jugement partial. — Cette fois-ci, le jeune homme en fut quitte poiu? la peur, mais on le menaça de la mort la plus douloureuse s'il se rendait encore coupable d'un pareil crime. — Bien que la sévérité de ce père ne soit pas précisément à imiter, elle fait voir néanmoins que les parents ne doivent jamais craindre de recourir aux mesures de rigueur, pourvu toutefois qu'elles soient licites et raisonnables, lorsqu'il s'agit de travailler à Tamendement de leurs enfants, aiui de prévenir la honte qui pourrait rejaillir sur eux et sur leur famille. — Si l'on

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