PARTIE m. CHATITRE II
que, s'il voulait être (^livré de la lèpre, il devait aller à Samarie, trouver le prophète Elisée. Et, comme il avait été vivement courroucé de Tinconvenance apparente des procédés du prophète, lequel, sans même vouloir lui parler, lui avait fait dire qu'il devait se laver sept fois dans le Jourdain, ses braves serviteurs, qui rappelaient du nom de Cher Père, surent adoucir sa colère, et agirent à son égard comme ont coutume de faire des fils envers leur père (4. Rois, 5).
Nous trouvons, dans l'histoire des apôtres (12, 13), un exemple qui nous fait voir comment des serviteurs vertueux et compatissants participent aux joies et aux souffrances de leurs maîtres. Lorsque Pierre, après avoir été délivré de la prison, alla frapper à la porte de la maison de Marie, devenue plus tard la mère de saint Marc Tévangéliste, où se trouvaient réunis eu prière un grand nombre de fidèles, une servante accourut s'informer de la personne qui désirait entrer. La joie qu'elle éprouva en reconnaissant la voix de Pierre lui fit oublier d'ouvrir la porte; elle s'en retourna eu toute hâte annoncer son arrivée. — Ce dut être, certainement, un loyal et fidèle serviteur, celui-là qui, étant tombé malade, vit son maître, qui était un général païen, adresser à Dieu de ferventes prières pour obtenir sa guérison.
h. Constance Chlore, qui régnait sur la France et l'Angleterre vers la fin du troisième siècle, voulant mettre à l'épreuve la fidélité des chrétiens qui étaient à son service, et désireux de connaître s'il pouvait compter sur leur fidélité, eut recours au stratagème suivant : Il déclara publiquement que tous les chrétiens de son palais devraient sacrifier aux Dienv, s'ils ne vou-
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laient poinl perdre leurs places et encourir sa dis.^âce. Quelques-uns d'entre eux, qui non-seulement craignaient de lui déplaire, mais qui désiraient encore s'affermir de plus en plus dans ses bonnes grâces, se montrèrent disposés à renier leur foi et à redevenir païens. Toutefois, le plils t^rand nombre préféra perdre la vie, plutôt que d'être infidèle à son Dieu. Mais quel ne fut pas leur étonnement, lorsqu'ils entendirent ce sage païen déclarer qu'il ne pourrait jamais donner sa confiance à des hommes qui manquaient à la fidélité qu'ils devaient à leur Dieu. Ceux d'entre eux cpii avaient voulu apostasier furent renvoyés de leur service; et ceux qui, au contraire, s'étaient montrés vrais serviteurs de Dieu, furent retenus auprès de l'empereur, qui leur confia la garde de sa personne et de ses Etats, et les compta entre ses meilleurs amis {Ber. Berc. Hist. de l'Egl. tom. 2).
c. Genséric, roi des Vandales, fît enlever tous ses biens à Eudémon, homme riche et considéré de la ville de Carthage, et le mit au banc de l'empire lui et sa famille, en haine de la religion catholique qu'ils professaient. On poussa même la cruauté jusqu'à lui enlever sa fille unique, INiarie, qui fut vendue comme esclave à des marchands syriens, ainsi que sa suivante. Emmenées toutes deux sur le même vaisseau, elles servirent en quaUté d'esclaves dans la même maison. Cependant, malgré l'uniformité actuelle de leur condition, la suivante ne continua pasmoinsà se comporter, vis-à-vis de Marie, comme elle l'avait fait jusqu'à] ors: elle la consolait dans son malheur, l'aidait dans son travail, et faisait, en un mot, tout son possible poiu* alléger son triste sort. Cette conduite ue tarda pas à