‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 143 sur 306 · FAKTIE III. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

FAKTIE III. CHAPITRE II

prit la fuite. Elle aussi aurait pu en faire autant^ mais laisser seul Tenfant eût été Fexposer à de grands dangers. Elle resta donc, se pencha sur Tenfant et reçut sur son dos les pans de murailles qui s'écroulaient. Uenfant fut conservé, mais cette fille héroïque fut si gravement blessée qu'elle en mourut peu de jours après (Beispiele des Grute/i. S. 100).

g. Vers le commencement du treizième siècle naquit au village de Mont-Segradi, à huit milles environ de Lucques, une pauvre fille nommée Zita. Elle eut un oncle et une sœur qui moururent en odeur de sainteté, mais elle les surpassa l'un et l'autre. A douze ans, elle se mit au service d'un noble habitant de Lucques, nommé Fatinelli : elle y demeura servante jusqu'à sa mort, près de cinquante ans de suite. Pauvre elle-même, Zita aimait les pauvres avec une tendresse de mère. Ses modiques gages, ce qu'elle recevait d'ailleurs, tout était pour eux. Elle visitait surtout les pauvres malades, les consolait avec une affection cordiale, se privait elle-même du nécessaire pour leur procurer quelque chose qui leur fît plaisir. Plus d'une fois. Dieu luimême vint en aide à sa charité. Un pèlerin, brûlant de soif et de chaleur, lui demanda un jour l'aumône. N'ayant absolument rien, elle ne savait que faire ; tout à coup elle lui dit d'attendre un instant, va puiser de Teau dans un vase, la lui apporte et fait dessus le signe de la croix. Le pèlerin en ayant goûté, en but à longs traits : cette eau se trouvait changée en un vin des plus délicieux qu'il eût bu de sa vie. — La nourriture qu'on lui assignait à la maison, elle y touchait rarement, mais réservait le tout pour quelque malade ou quelque pauvre. Elle avait un lit convenable, mais c'était poiu* y rc-

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chauffer les pauvres. Toutes les misères, corporelles ou spirituelles, excitaient eii elle une tendre commisération. Douce, humble, soumise à l'égard de tout le monde, Zita était d'un courao^e intrépide envers les libertins. Un des domestiques ayant voulu attenter à sa pudeur, elle lui déchira le visage avec ses ongles. Ces exercices de piété et de charité n'empêchaient point Zita de servir ses maîtres avec une ponctualité humble et affectueuse. Quand il leur arrivait de se fâcher contre elle ou d'autres personnes, elle se jetait à leurs pieds, quoiqu'il n'y eût rien de sa faute, et leur demandait humblement pardon. Cette humilité, jointe à ses hautes vertus, leur inspira pour elle une religieuse vénération. Dieu qui l'avait comblée de tant de faveurs depuis les premières années de sa vie, l'en combla plus encore vers la fin. Plus elle approchait du terme, plus elle se détachait de la terre et aspirait au ciel. L'an de Jésus- Christ 4272, le 27 avril, un mercredi à la troisième heure, munie des sacrements de l'Eglise, entourée de pieuses femmes, sans aucun signe de douleur ni d'agonie, les yeux et les mains levés au ciel, elle passa de ce monde dans l'autre.

h. Devoirs des domestiques. — Les devoirs des serviteurs et servantes sont tracés d'une manière admirable par le grand Apôtre des nations, saint Paul. Voici comment il s'exprime : « Serviteurs, obéissez en tout à ceux qui sont vos maitres selon la chair, ne les servant pas seulement lorsqu'ils ont l'œil sur vous, comme si vous ne pensiez qu'à plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur et crauite de Dieu. Faites de bon cœur tout ce que vous faites, comme le faisant pour le Seigneur, et non pour les hommes^ sachant que vous recevrez du

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