PARTIE III. CHAPITRE II
David, qui d'ailleurs était un homme selon le cœur de Dieu, après s'être rendu coupable d'une faute contre le ;sixième commandement, devint tellement cruel, qu'il ' fit mourir le fidèle Urie (2 Rois y 11). Les vieillards im- ' pudiques se vengèrent de la chaste Suzanne par une fausse accusation, et peu s'en fallut qu'on exécutât la gentencede mort portée contre elle {Daniel, 13). Parce que saint Jean eut la franchise de déclarer ouvertement à Hérode qu'il ne lui était pas permis de retenir chez lui la femme de son frère, Hérodiade en devint furieuse, et n'eut de repos qu'on ne lui eût apporté sur un bassin la tète de cet ardent prédicateur de la pénitence {Matth. 14).
Saint Jérôme écrit au sujet de Salomon {opv.sc. ad Ruff.) : « Salomon était le soleil de la science, 1 ame de Dieu, le dépositaire de la sagesse. Mais il perdit, par ses passions impures, sagesse, gloire et honneur ; et de serviteur et héraut du Sauveur, il devint esclave des idoles, et de même qu'il écrivit le hvre de la Sagesse, il aurait pu alors écrire un livre de la folie.
Saint Ambroise parlant de Samson s'exprime ainsi {Aj)ol. de David.) : « Samson, qui eut la force d'étrangler un lion, n'eut pas celle de réprimer ses passions; il rompit et brisa les chaînes de ses ennemis, mais il n'eut pas le courage de se débarrasser des liens d'un amour criminel. Il incendia les moissons de ses ennemis, et brûla lui-même d'une impudique flamme, et perdit la moisson que lui réservait une lutte victorieuse. — C'est pourquoi nous trouvons dans TEcriture les avertissements les plus sévères touchant cette malheureuse passion (Voir Eccl. 9, 5^ 8. — Vdj 3. — 1 Cur. G, S. — Eifhes, Xij 3).
b. n est raconté dans la vie de trente-six martyrs qui furent crucifiés au Japon^ que le roi de ce pays, Taikosama, déclara qu'il embrasserait volontiers le christianisme, si on lui permettait de satisfaire ses penchants impurs comme il l'avait fait jusqu'alors [Bolland. 5. Febr. 2, 32).
c. Un prêtre s'efforçait, par les menaces les plus frappantes autant que par des avertissements pleins de douceur et de modération, de convertir un jeune voluptueux, et de l'amener à des sentiments de componction. Le pécheur parut touché de ses paroles, les larmes lui vinrent aux yeux, mais au milieu de ses gémissements et de ses pleurs, il laissa échapper ces paroles effrayantes : « Je vous déclare, mon respectable confesseur, que, lors même que vous ouvririez devant moi les portes de l'enfer, et me montreriez le démon prêt à m'y recevoir, je ne pourrais surmonter ma coupable habitude lorsque j'aurais l'occasion de la satisfaire. » — 0 puissance terrifiante de l'habitude du péché! {Drexel. in Salom.).
d. Saint Thomas de Villeneuve (c. 2, de S. Ild.) avait coutume de répéter sans cesse : Personne n'est plus porté à s'éloigner de Dieu, personne ne commet le péché avec plus d'audace, et n'y persévère avec plus d'opiniâtreté que le voluptueux. — Saint Bernard disait de son côté (tom. 4. Serm. 24) : Nul crime ne fournit une si riche moisson à Satan que l'impudicité ; ce crimo peuple l'enfer. »
e. Henri VIII, roi d'Angleterre, nous donne un triste exemple de la facilité avec laquelle les voluptueux perdent la foi et se livrent aux crimes les plus révoltants. Dans le princine^ il avait défendu dans un ou-