‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 178 sur 306 · PARTIE m. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE m. CHAPITRE II

conservé mon âme pure de tous les mauvais désirs. Je ne me suis jamais mêlée avec ceux qui aiment à se divertir, et je n'ai jamais eu aucun commerce avec les personnes qui se conduisent avec légèreté » [Toi). 3, 16). — La chaste Suzanne aima mieux être accusée innocemment et se voii^ condamnée à mort que de pécher contre la pudeur {Daniel, 13). — Mais le plus magnifique exemple de pureté, c'est celui que nous offre ^larie, la plus pure d'entre les créatures. — Saint Jean écrit dans son Apocalypse (i-4) : « Je vis l'agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille personnes...., et ce sont ceux qui ne se sont point souillés avec les femmes parce qu'ils sont vierges. Ils chantaient un cantique que nul ne pouvait chanter. »

l. Saint Justin (Fpîst, ad Diognet.) disait au sujel des premiers chrétiens : a Ils vivent dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair, » en d'autres termes, ils ne suivent pas les désirs d'une nature faible et corrompue.

TertuUien écrit dans son Apologétique que, parmi les chrétiens, on trouvait beaucoup de vieillards qui avaient conservé la virginité aussi pure qu'elle Tétait à l'âge de Tenfauce. « Naguère, dit-il, en s'adressaut ans païens, lorsque, au lieu de la faire jeter aux Uons, vou? conduisîtes dans une maison de débauches une jeune chrétienne, vous avez reconnu, en agissant ainsi, que, nous autres chiétieus, nous avons plus de crainte de blesser la pureté que d'endurer la mort même la plus cruelle. »

c. Lorsque sainte Potamienne sut qu'elle allait être plongée dans une chaudière d'eau bouillaulu, elle eut

372 CATÉCHTSME HTSTORIOUE.

une telle crainte de paraître nue devant ses juges, qu'elle demanda comme une grâce d'y être plongée lentement avec ses habits^ afin de racheter par la longueur du supplice la faveur qu'elle sollicitait de ses bourreaux (Voir le premier vol., p. 30).

d. Sainte Agnès fut, à cause de sa beauté vraiment remarquable, demandée en mariage par une foule de seigneurs; mais elle déclara, quoique âgée seulement de treize ans, qu'elle s'était consacrée au Seigneur, et promise à son céleste époux, Jésus. Aigris des refus qu'ils en recevaient, ils l'accusèrent d'être chrétienne auprès du juge, qui employa inutilement les prières et les menaces pour la faire consentir aux propositions qu'on lui faisait. On étala devant ses yeux les instruments du martyre dont on la tourmenterait si elle ne renonçait à ses vœux. Mais elle resta inébranlable devant toutes, les sollicitations et les menaces. Aussi le juge, enflammé de courroux à la vue d'une fermeté aussi invincible, la condamna à mort (Voir son martyre raconté dans le premier vol. p. 30). (6'. Amlr. 1. de virg. c. 2).

e. Alexandre était mi jeu ne homme aussi remarquable par la noblesse de sa naissance que par l'éclat de sa beauté. Jeune encore, il avait déjà une telle estime do la pureté, que, craignant de la perdre, il abandonna la maison paternelle et se renc'it à Comane, où il se fit charbonnier. Lorsqu'il se voyait couvert dépoussière et de suie, il s'écriait avec l'accent de la joie : o Je considère cette poussière de suie et de charbon comme un masque qui soustrait ma figure aux regards d'un monde corrompu, ei m'éloigne de tout danger de perversion. » Plus lurd^ saint Gré^;oiic le Lliaumului^e ayant appris

tautie m. chatitre n. 373

5 le connaître plus intimement, cet amour de la pureté lui plut tellement, quïl exhorta ce jeune homme qui, sous un extérieur négligé, avait conservé une pureté tout angélique, à se laver et à revêtir d'autres habits, après quoi il le consacra évéque de la ville de Comane {Ber. Berc. K. G. B. 2).

/". Saint Charles Borromée, plus tard archevêque do Milan, s'étant rendu, à l'âge de seize ans, à Tuniversité de Pavie, il s'aperçut qu'il régnait dans cette ville une grande dépravation de mœurs. On ne tarda pas à tendre de tous côtés des pièges à sa vertu; mais le jeune Charles résista énergiquement, et, par son application sérieuse à l'étude autant que par sa prière, il sut vaincre en lui toutes les convoitises de la chair. Il connaissait trop bien les faiblesses de sa nature pour ne pas repousser avec horreur toutes les suggestions du monde et du démon. AVissi ne s'exposa-t-il jamais au danger de perdre son innocence. Fuir, tel était le moyen qu'il employait pour vaincre les passions qui venaient en foule entraver son progrès dans la vertu {Sa vie).

g. La prédilection toute particulière de saint Louis de Gonzague pour l'aimable vertu de pureté, lui a fait donner le surnom de jeune homme angélique, ou d'ange dans la chair. Profondément pénétré de l'excellence de cette vertu, il mit toujours tous ses soins à la conserver dans son cœur dans toute son intégrité. Il exerçait* surtout une vigilance particulière sur ses yeux, vigilance qu'il poussait si loin, qu'il ne voulait jamais regarder à la figure une personne du sexe. Outre les soins qu'il ai»portait à la conservation de la chasteté, il se vouait avec non uioinsdardeuraux prati(]ues de la vie reli;^ieuse. Il était très-modéré dans ses repas, ne don-

374 CATÉCniSME HISTORIQUE.

liait au sommeil que le temps absolument nécessaire, et évitait jusqu'aux moindres occasions de pécher. Ayant entendu, pendant son enfance, des paroles inconvenantes dont il ne comprenait pas le sens, et les ayant répétées, dès qu'il eut appris qu'elles renfermaient quelque chose de mauvais, il en eut un si grand regret, et il pleura cette faute pendant toute sa vie.

h. Non moins grand était l'amour de Stanislas Kostka pour la même vertu. Une seule parole indécente le révoltait au point qu'il en perdait connaissance et tombait en faiblesse. Son pieux père, qui s'en aperçut, fit tout son possible pour éloigner de ses oreilles toute parole qui eût été de nature à blesser le sentiment délicat qu'il éprouvait pour cette vertu. Chaque fois que, dans une société, il entendait quelques propos inconvenants, il s'efforçait d'amener la conversation siuun autre sujet. Mais, quand celui qui portait la parole ne remarquait pas le stratagème du jeune homme, son père prenaitluiméme la parole, priant en grâce qu'on voulût bien avoir pitié de son petit Stanislas, en ne l'affligeant pas par do semblables discours {Satie).

i. Saint Bernardin de Sieime se sentit aussi de boniio heure un vif penchant pour la chasteté. Il rougissait aussitôt qu'il entendait proférer des paroles malséantes, . et paraissait en être extrêmement affecté. On n'osait point, en sa présence, tenir des discours déshonnètes; toute conversation de ce genre cessait dès qu'aiTivait Bernardin, a Silence, s'écriait-on, lorsqu'on le voyait apjirocher, voii'i Bernardin! » {Lolin. Biblioth. i, TiCO),

h. L'enqiereur Maxim ilicn I" possédait à un si haut degré le sentiment de la pudeur, qu'il ne se servait jamais de personne pour s'habiller et se déshabiller. Il

rARTIE III. CHAriTRE II. STo

df/nna, jusqu'au lit de la mort, l'exemple de la modestie et de la pudeur. Sentant sa fm approcher^ il se fit apporter une chemise et des liaut-de-chausses^ et les mit lui-même, ordonnant qu'après sa mort on le mît ainsi dans le cercueil, sans découvrir son corps {Herlst's Exempelb. 11,78-4).

/. Le même amour de la pudeur se fit remarquer dans son arrière-petits-fils, le duc Albert, dont il n'était permis de briguer l'amitié qu'à ceux qui menaient une vie régulière. Son historien dit, en parlant de lui, qu'il était tellement maître de lui-même, que, même dans les maladies les plus douloureuses et dans d'autres circonstances critiques, jamais les traits de son visage ne changèrent. Par contre, sa figure s'altérait dès qu'il entendait ou voyait quelque chose qui blessait la modestie (Le même).

m. En Angleterre, vivait une pieuse femme nommée Cécile, qui, aussitôt après la mort de son mari, fit, entre les mains de l'archevêque de Gantorbéry, le vœu de continence perpétuelle. Dès ce moment, elle ne se proposa plus d'autre but que celui de plaire à son Sauveur et de se vouer entièrement à son service. Un jour, elle tomba gravement malade et fit appeler son confesseur. Arrivé près d'elle, il la trouva à peu près sans connaissance ; seulement, il remarqua qu'elle regardait et touchait de temps en temps une bague en or qu'elle avait à un doigt. Persuadé que cet objet pourrait être pour elle un sujet de tentation, son confesseur fit signe à la serv'ante de la lui enlever. Mais dès qu'elle voulut le tenter, la malade se leva subitement et lui dit d'un ton de voix impérieux et solennel : a Oh ! mon respectabîo Moiibieur, à Dieu ne i)laise que je consente à me priver

de cet objet ; car c'est mon second anneau nuptial, il est le gage de ma consécration à mon divin époux Jésus- Christ. En ce moment, j'étais occupée à réfléchir si j'avais été fidèle au vœu que j'ai fait de vivre dans la continence, et si ma conscience est aussi pure que cet anneau. Grâces en soient rendues à Dieu ! je ne trouve aucun signe d'infidélité à ma promesse. » A peine eutelle prononcé ces paroles, qu'elle retomba affaissée sur son oreiller, le sourire sur la bouche et rendit l'âme {Lohn. Bibl. i, 283).

». Lorsque, en 410, sous la conduite d'Alaric, les Goths assiégeaient la ville de Rome, une femme catholique tomba entre les mains d'un jeune soldat qui la menaça de mort, si elle refusait de faire le sacrifice de sa virginité. Dans le but de l'effrayer, il alla même jusqu'à lui faire une balafre au cou avec la pointe de sou épée. Mais cette héroïne, loin de se laisser intimider, lui présenta de sang-froid sa tète, en lui déclarant qu'elle aimait mieux perdre la vie que de souiller sa vertu. Ce noble courage fit une telle impression sur le guerrier, qu'il changea tout-à-coup de résolution, et se fit le protecteur de celle dont naguère il avait voulu se constituer le persécuteur. Afin de la mettre à l'abri de tout danger, il Temmeiia dans l'église de Saint-Pierre, prit soin de son existence à venir, et, quand le calme fut rentré dans la ville, il la reconduisit à ses parents {S'ozom. Ilist. eccl. 1. 9, c. 10).

0. Sainte Pélagie se précipita du haut d'un toit pour échapper au déshonneur. — En 1810, une pieuse fille qui vivait à quelque distance de IJall, dans le Tyrol, rencontra dans un lieu solitaire un jeune homme qui cn4»lo)a d'aboi d poui* la séduiic dci paiolcs llattuuscs.

ïArcTIE in. CHAPITRE II. 377

pnîs ensuite, voyant qu'il ne réussissait pas^ recourut à la rigueur. Comme elb ne cessait de résister cnergiquement à toutes ses tentatives^ il la menaça de la tuer, si elle persistait plus longtemps dans son refus ; mais ces menaces n'intimidèrent nullement la jeune héroïne* elle résista constamment jusqu'à ce que le malheureux lui asséna un coup si vigoureux, qu'il Tétendit morte à ses pieds {Bûche f. Exemp. S. 183].

SENTENCES ET CO.WÂHAISOXS

a û;. La plus grande volupté que Ton puisse goûter, c'est d'avoir vaincu et étoufîé la volupté. » {S. Cy~ prian.).

l. « Nulle victoire n'est plus grande et plus glorieuse que celle que l'on remporte sur les plaisirs de la chair. » {Idem).

c. « Celui-là seul est chaste^ qui bannit l'amour par l'amour, éteint le feu de la chair par le feu du Saint- Esprit. » {S. Aug. de summ. bon.).

d. « Vos richesses^ ô chrétiens ! consistent dans votre virginité : votre innocence baptismale, tel est votre trésor, trésor dont à la vérité on peut vous pardonner la porte^ mais que vous ne recouvrerez jamais. » {S. Hier on. ep. ad Denet.).

e. « Ceux qui ont conservé leur innocence, sont dans un corps humain de véritables anges, et non des anges du dernier ordre, mais du premier. Car les anges sont libres et affranchis de toute attache charnelle, tandis que les hommes chastes, mais assiégés encore pur des tentations intérieures et extérieures, soutieuncJit pour

la conservation de leur chasteté un combat qui dure toute la vie » {S. Cyprian. de pudic).

/. « Un homme modeste et chaste diffère d'un ange par le bonheur et non par la vertu. Bien (jue la pureté de range jouisse d'un plus grand bonheur, il ne s'ensuit pas qu'elle soit plus grande » {S. Bern. in epist.).

g. « S'il faut considérer comme un préjugé l'opinion des anciens, qui regardaient comme une année fertile celle qui paraissait sous le signe de la Vierge, ce n'en est certes pas un de dire, que là où règne la virginité, là aussi prospèrent et fleurissent les vertus et les habitudes honnêtes» [Lolui. Bibl. i. 279.).

h. On raconte que les rois de France avaient autrefois admis un crapaud dans leurs armoiries. Mais comme cet animal hideux parut trop dégoûtant, on lui substitua le lis, dont l'éclatante blancheur est regardée comme l'emblème de l'innocence et de la pureté des mœurs, telles qu'elles conviennent à des rois très-chrétiens. — Notre âme a été aussi en quelque sorte défigurée par un crapaud, en entrant au monde souillée par la tache honteuse du péché ; mais, au baptême il a été remplacé par le lis de l'innocence, qualité qui doit toujours être considérée comme le plus bel ornement du chrétien. (Zo/^?i. Bibl. 1,279).

i. Chez les Egyptiens, les filles avaient l'habitude de porter au cou de magnifiques chaînes sur lesquelles étaient représentées six figures regardées comme symbole des vertus qui doivent fau-e l'ornement d'une fille. La première figure représentait une tourterelle et portait cette inscription : « Vivez dans la solitude. » — La seconde représentait un pigeon sur laquelle on ^ lisait : « Soyez chaste, w — La troisième un aigle avec j,

Page 1