PARTIE III. CUAPITRE II
quatre brebis pom- une brebis. — Si on avait fait quelque dégât dans un champ ou dans une vigne en y laissant aller son bétail, on donnait ce qu'on avait de mieux dans son champ ou dans sa vigne pour payer le dommage suivant l'estimation qui en était faite {Id. 5.). — Si quelqu'un mettait de l'argent ou quelque meul»leen dépôt chez un ami et qu'on le dérobât chez celui qui en était le dépositaire, si le voleur était découvert, il payait le double. Achan nous fournit un exemple terrible de la manière dont Dieu punit le vol {Jos. 7.). Dieu, par le ministère de Josué, avait ordonné aux Israélites d'offrir au Seigneur tout For et l'argent qu'ils avaient ramassés, lors du siège de la ville de Jéricho, et de le déposer comme un trésor destiné à l'entretien du taberna<"le. Parmi le butin, Achan remarqua un manteau de pourpre de grand prix et deux cents sieles d'argent avec une règle d'or de cinquante sieles ; il désira vivement les avoir. Il les prit, les enfouit dans la terre au milieu de la tente, et cacha aussi l'argent dans un fossé qu'il y creusa. Mais Dieu permit que ce vol fut révélé d'une manière si extraordinaire que le peuple en fut frappé d'une grande épouvante. Achan fut saisi, conduit dans la vallée d'Achor, où tout Israël le lapida. Son corps et tout ce qui avait été avec lui fut consumé, et on amassa sur lui un grand monceau de pierres qui est resté jusqu'aujourd'hui. — Giézi, pour avoir obteuu par la ruse deux talents d'argent et deux beaux vêtements de Naaman, fut affligé de la lèpre (4. Rois, 5, 27.). Nous trouvons presque toujours ce penchant au vol chez les hommes corrompus et qui ont oublié le Seigneur. Saiil, après s'être éloigné de Dieu, se laissa entraîner au vol. — Le traitre Judas fut un voleur et
retint pour lui Targeut qu'il aurait dû donner aux pauvres [Jean, 12, 6.).
b, Pline-le- Jeune écrivait à Trajan au sujet des chrétiens (1) : « Ils s'obligent par serment non à aucun crime, mais à ne commettre ni larcin, ni vol, ni adultère, à ne point manquer à leur parole, à ne point dénier un dépôt. » — Conduite admirable et bien différente de celle des chrétiens de nos jours, chez lesquels CCS sortes de crimes sont devenus si communs !
c. Sous le règne de l'empereur grec Justin, la fraude et les injustices sous toutes les formes avaient pris une telle extension, que l'empereur crut devoir un joiu" s'en plaindre devant les sénateurs. Dès qu'il eut parlé, il vit s'avancer près de lui l'un d'entre eux qui lui déclara qu'il aurait bientôt mis fin à tous ces désordres, si sa majesté voulait bien le revêtir de toute l'autorité dont il avait besoin pour atteindre ce but, demande que Tempereur n'eut garde de lui refuser. Peu après cet arrangement, une vieille veuve alla se plaindre au gouverneur, qu'un noble seigneur, jouissant d'une grande considération à la cour, l'avait, après la mort de son mari, frustrée d'une grande partie de son héritage. Le gouverneur écrivit sur-le-champ à cet oppressciu- qu'il eût à restituer ce qu'il possédait injustement ; mais sa lettre resta sans résultat. Cité à comparaître en justice, il s'y refusa encore. Comme le gouverneur savait que l'accusé était souvent invité à la jtable du roi, il entra un jour qu'il s'y trouvait, dans la salle à manger, s'avança près de l'empereur et lui dit : « Vou- savez, monaïque, que, lorsque vous me confiâtes les soins de
(1) riinc, Einat. ad Trajan,