PARTIE m. CHAPITRE ïl
n'importe quelle question, il lui dit ces paroles : « Sachez j"eune homme, que si nous avons reçu deux oreilles et seulement une bouche, c'est afin que nous n'oubliions pas que nous devons écouter la moitié plus que nous ne devons parler. « [Zaert. lib. 7). — Combien de personnes, surtout parmi les jeunes gens de notre époque, dont la pétulance et Teffronterie n'ont d'égale qu'ime présomptueuse ignorance jointe à un grand défaut de jugement et à l'absence complète de sentiment des convenances, devraient méditer cette leçon, afin de s'épargner les mille désagréments qu'entraîne toujours après lui ce défaut de leur âge !
i. A la question, pourquoi Lycurgue avait donné si peu de lois à ses Lacédémoniens, Charille fit cette réponse : c( Il a agi ainsi, parce que ceux qui parlent peu n'ont besoin que d'un petit nombre de lois. » On sait que les Lacédémoniens étaient des hommes sérieux et parlant fort peu.
k. Xénocrate se voyant un jour en butte aux affronts et aux injui-es d'une foule considérable, ne proféra pas une seule parole. Comme on lui demandait le motif de son silence, il fit cette réponse judicieuse : « Je me suis lu, parce que souvent je me suis repenti d'avoir répondu i des injm'es, mais jamais de m'etre tu. » {Zaert. in Polyanth.).
/. Pythagore, qui faisait profession d'enseigner la discrétion, et obhgeait ses élèves à s'exercer au silence pendant cinq ans, afin qu'ils apprissent à parler d'ime manière raisonnable, avait coutume de dire : « Savoir se taire, c'est prouver que l'on est sage et que Ton sait se vaincre. La loquacité est le signe cai'actérislique de la folie! » [Pythag, Priccept.}.
SENTENCES ET COMPARMSOXS.
a. « La langue est comme enfermée dans une prison, car le Seigneur l'a entourée et munie de deux remparts; il l'a entourée de dents, espèce de retranchement en ivoire, et la renfermée entre des lèvres capables de se fermer hermétiquement, tandis que tous les autres sens sont ouverts. Le Sauveur n'a-t-il pas voulu par là nous signifier clairement combien dangereuse est la langue et avec quels soins il faut veiller sur elle ? » (S. Chrysost, m Gath.).
h, « Avant de parler, le sage réfléchit mûrement à ce qu'il doit dire, à qui il doit le dire, où et comment il doit le dire. » {S. Amlr.,\. -1. De Offic).
c. c( En plaçant dans le cœur les racines de la langue, le Sauveur a voulu, ce semble, nous apprendre qu'il faut d'abord examiner dans le cœur ce que la bouche doit prononcer. » (S. Bem., iom. 5. Serm., c. 2).
d. a Veillous constamment sur notre bouche, et que la raison nous serve en quelque sorte de clé pour l'ouvrir, non pour qu'elle reste toujours fermée, m ds afm qu'elle ne s'ouvre qu'en temps opportun, n { S. Chrysost. in Ps. 140).
e. Les médecins jugent du caractère de la maladie par l'inspection delà langue des malades. De même, nous pouvons, par la langue des hommes, juger de leur caractère et de l'état de leur âme, car a la bouche parle de l'abondance du cœm-, »
f. Le rabbin Jéhuda annonçait un jour sur la place pul)lique qu'il possédait chez lui une pn'cieuse eau-drvic, qui avait la propriété de rajeunir et de proioni^ci