PARTIE III. CHAPITRE II
-choses. B L'historien Nicéphore dit de même en par- . lant de Marie {NicepJi. hist. c. 23) : « Marie était calme ! et tranquille^, parlait peu et seulement autant qu'il fallait; mais elle écoutait parler les autres avec une bienveillante attention. » Quoique jeune encore, le disciple bien-aimé du Seigneur savait déjà mettre un frein à sa langue ; aussi, ce fut à lui seul que le Seigneur confia quel était celui de ses disciples qui le trahirait ; et Q0U3 ne lisons pas qu'il en ait fait part aux autres disciples avant qu'on ne se fut emparé de lui : la douceur et la prudence de son caractère furent sans doute les qualités qui déterminèrent le Sauveur à lui confier sa mère. Nous pouvons aussi admettre, avec certitude, que les autres Apôtres, après que le Saint-Esprit eut consacré lem^s langues pour être les instruments de la révélation, surent aussi les maîtriser et ne s'en servir que pour contribuer à la glorification de Dieu.
1). Saint Ephrem, sur le point de rendre le dernier soupir, pouvait s'adresser à lui-même ces consolantes paroles : « Jamais une parole insensée et mauvaise n'est venue sur mes lèvres. Je n'ai jamais, pendant toute ma vie, dit du mal de personne! » Puissions-nous être à même de nous rendre à nous-mêmes un pareil témoignage! [Mansi. dise. 1, n. 4).
c.Le saint ermite Agathon porta pendant trois années nne pierre dans sa bouche, afin de dompter plus facilement sa langue et observer le silence ( Vit. Pair.).
d. Saint Thomas d'Aquin était déjà tellement habitué dans sa jeunesse à maîtriser sa langue et à s'abstenir de toute conversation inufle, que ses condi>ci[>les l'appelaient, par dérision^ le « Bœuf muet. » {Ifiùliuià, Lohu. III, 281),
e. Saint Pambo ayant entendu, dans une instruction, ces paroles du psaume 38 : « J'observerai avec soin mes voies, afin que je ne pèche point par ma langue, » il s écria : «J'en ai assez entendu, je viendrai entendre le reste quand j'aurai appris à pratiquer ce que je viens d'entendre. » Au bout de quarante-neuf ans, comme on lui demandait s'il était parvenu à accomplir entièrement les paroles du psaume, il répondit : a Pas encore parfaitement, je me rappelle sans cesse les paroles par lesquelles saint Jacques {Jac. \ , 22) nous avertit de ne pas nous contenter seulement d'écouter la parole divine, mais de la mettre encore en pratique. Il est raconté, dans la vie de cet ancien Père, qui vécut jusqu'à 1 âge de 93 ans, qu'il possédait entre autres trois vertus : la première, celle de ne jamais mentir; la seconde, celle de ne jamais médire de personne; et la troisième, de ne proférer jamais une parole inutile [Ibidem).
f. Un pieux jeune homme demandant un jour un cilice à un religieux, afin de pan^enir plus facilement à mortifier ses sens, le religieux, homme sage et prudent, fit un signe de croix sur sa bouche en disant: G Soyez certain, mon cher ami, qu'il n'y a pas de meilleur cilice que de veiller constamment sur ce qui sort par cette porte. » [Ibidem, ii, 174).
g. Le philosophe Socrate était très-réservé dans ses discours, et savait, en toutes circonstances, maîtriser sa langue. Un jour, un indiscret ayant osé lui demander s'il ne fallait pas attribuer son silence à son ignorance, le philosophe lui répondit « qu'un ignorant ne savait passe taire. » [Ibid. 175).
h. Z(''nonse trouvantunjouren compagnie d'un jeune homme qui se mêlait de parler inconsidérément siu*