PARTIE ni. CHAPITRE II. i
11. « De même que des fruits bien mûrs et encore frais se conservent sur la paille^ dans le sable et dans leurs propres feuilles, et que, par contre, une fois gâtés ils ne peuvent être conservés qu'avec beaucoup de peine, si Ton n'y met du sucre ou du miel ; de même la pureté encore intacte peut être conservée de bien des manières, mais, une fois endommagée et atteinte, il est presque impossible de la conserver, à moins d'une piété extraordinaire qui est le vrai miel et le véritable sucre des âmes. » [Nach elend.).
Saint François, qui excelle dans les comparaisons, nous donne, sous forme de parabole, Tavertissement suivant au sujet des amours illicites : a Le noyer est très-nuisible aux vignes et aux champs. A cause de son envergure, il occupe beaucoup d'espace, enlève à la terre ses sucs, et n'a plus de quoi nourrir suffisamment les autres plantes. En outre, ses feuilles sont si épaisses et si nombreuses qu'elles nuisent par leur ombre, en interceptant la pluie et les rayons du soleil. Enfin, l'arbre attire les passants, qui gâtent et froissent tout autour de lui en tâchant d'abattre ses fruits. » Non moins pernicieux sont les efl'ets que produisent dans Tàmeles amours charneUes, car elles la maîtrisent avec tant de violence, elles en énervent tellement les sentiments qu'elle n'a plus la force de faire aucune bonne œuvre; quant aux feuilles, qui sont les entretiens, les sociétés et les conversations amoureuses, elles sont si multipliées qu'elles occupent tout son temps, qu'elles arrêtent et ofi'iisqucnt le passage des pensées salutaires ets'opposentà l'efficacité des célestes rayons de lagrâce. Enfin, elles attirent tant de tentations, de dissipations, de pensées de jalousie et autres ennemis de la paix de
rame, que le cœur ne tarde pas à se corrompre et à se gâter entièrement {Nach elend.).