Superstition
La superstition, considérée dans son acception la plus étendue, consiste à attribuer à des objets terrestres une vertu ou des propriétés surnaturelles qu'ils ne tiennent ni de Dieu ni de la nature. Les hommes adonnés aux pratiques de la superstition attribuent à une foule de choses soit une science supérieure et surnaturelle, soit une puissance surhumaine.
Quand la superstition attribue à des créatures une connaissance surnaturelle ou le don de prophétie, on l'appelle divination; quand on cherche à obtenir des
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effets merveilleux à l'aide de certains signes ou même en invoquant le démon, elle prend le nom de magie. — La superstition est fille du paganisme. — Déjà dans le troisième livre de Moïse, nous lisons que Dieu dit aux Israélites : a Ne vous détournez point de votre Dieu pour aller chercher des magiciens, et ne consultez point les devins, de peur de vous souiller en vous adressant à eux. » {Exod. 19, 3). Et au cinquième livre, il est dit encore : a Qu'il ne se trouve personne parmi vous qui prétende purifier son fils ou sa fille en les faisant passer par le feu, ou qui consulte les devins, ou qui observe les songes ou les augures, ou qui use de maléGce, car le Seigneur a en abomination toutes ces choses » {Deuler. 19, 10). Comme la superstition est une espèce d'idolâtrie, puisqu'elle attribue à des créatures des propriétés divines, telles que la Toute-Puissance et la science universelle, craignant d'ailleurs qu'en permettant aux Israélites de se livrer à ces pratiques, ils ne fussent facilement entraînés à l'idolâtrie, on établit que les magiciens et les rievins, ainsi que tous ceux qui favoriseraient ces sortes de pratiques seraient lapidés (iT^o^. 2, 27).
La superstition se reproduit sous des formes variées et multiples. Nous eu rapporterons seulement quelquesunes.
a. Nous trouvons déjà dans les temps les plus reculés rinterprétation des songes, dans lesquels on cherchait à découvrir la connaissance des choses futures. Le roi Pharaon avait à sa cour ses propres interprètes, comme nous le voyons par l'histoire de Joseph. Ou étudiait aussi l'avenir parrinspcctioi) des entrailles des animaux, par le vol des oiseaux, par la manière de manger des po;>