‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 25 sur 306 · PARTIE m. CnAriTRE II · texte numérisé non relu

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lets, parla situation du cerveau, etc. Le peuple était presque toujours la dupe et le jouet de ces supercheries. Les plus savants d'entre les païens y croyaient sans doute rarement, mais ils toléraient néanmoins et même entretenaient ces superstitions, afin de maîtriser plus facilement le peuple. — Le philosophe Cicéron écrit qu'il s'étonne comment un augure peut en regarder un autre sans rire, voulant indiquer par là comment ils pouvaient sérieusement supporter la pensée de se jouer ainsi de la crédulité du peuple, en le trompant par des moyens aussi absurdes. — Le christianisme a déclaré la guerre à la superstition comme il Tavait fait précédemment avec Tidolâtrie; en effet, nous lisons dans FApologétique de TertuUien cpie les Chrétiens (ceux du moins qui sont dignes de porter ce nom) n'ont rien emprunté aux devins, aux augures, aux aruspices et aux magiciens, parce qu'ils comprennent ce qu'il y a d'absurde et de criminel dans de semblables pratiques.

Les Lombards encore pRiPns fixaient quelquefois aux branches d'un arbre un morceau de cuir, et pendant qu'ils étaient assis sur leurs chevaux qui couraient à toute bride, ils jetaient leur flèche par derrière. Celui qui avait l'avantage d'en emporter un morceau se croyait assez heureux. Il le conservait comme une chose sacrée, le partageait en plusieurs morceaux, et le regardait, lui et les siens, comme un préservatif contre toutes les infirmités corporelles. Quand ils se convertirent, cette superstition passa avec eux dans le christianisme. Mais grâce aux efforts réunis des évêques et des prêtres, on parvint à rexlirper entièrement [Stol^?, n. G. D. 22).

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Toutefois, même parmi les chrétiens de nos jours qui veulent passer pour les plus instruits, il en est encore un grand nomljre, jusque dans les villes où l'on veut être au courant de tout ce qui se passe, être famimiliarisé avec tout ce qui porte le nom de science, excepté celle de la religion, qui s'imaginent qu'il serait dangereux d'entreprendre un nouveau travail le vendredi, de changer de logement, de mettre des vêtements neufs. Selon eux, le vendredi est un jour néfaste; c'est en ce jour que Judas se pendit. Mais que le vendredi qui a été sanctifié par la mort de Jésus, doive être considéré comme un jour de salut, c'est à quoi ils ne songent guère. Briser un miroir, renverser une salière, remarquer une foiu^chette et une cuiller disposées en forme de croix, trois bougies allumées à la fois, la rencontre d'une vieille femme, en sortant pour la première fois le jour du nouvel an, ou bien voir courir devant soi un lièvre sur le chemin que l'on veut parcourir ; ce sont là autant de signes qui présagent quelque malheur. Celui qui a une foule de taches blanches sur les ongles, sera heureux. Tel autre, au contraire, qui, en se levant le matin , mettra d'abord son souher ou sa botte au pied gauche , devra s'attendre à quelque disgrâce. — On peut y ajouter encore l'usage de tirer les cartes, de consulter les lignes de la main, le signe sous lequel un enfant est né, le cri de la pie, du hibou, les comètes, etc. Les remèdes que l'on emploie pour se guérir des maladies sont aussi souvent superstitieux. Tel, entre autres, celui de cracher trois fois sur un papier et de le jeter ensuite sur une eau qui coule pour être guéri de la fièvre. — Un homme attaqué de la phthisie fut conseillé par une personne superstitieuse,

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de se tirer une cuillerée de sang et de le répandre dans un trou qu il ferait dans un frêne. Le jeune homme recouvra la santé, ce qui fût sans doute arrivé, lors même qu'il n'aurait pas eu recours à cet expédient. Il fut trèssatisfait d'avoir été ainsi guéri de la phthisie, mais il mourut trois ans après d'une hémorrliagie ( Voir Lms- IrucUr-Handh. d. p. 286).

De nos jours encore, il existe une foule de petites prières et d'objets sacrés dont la superstition fait un dangereux abus. — Des hommes corrompus et irréligieux , abusant de la crédulité excessive du vulgaire , composent souvent de petites prières, ou des opuscules soi-disant de piété, et qui, en réalité, sont remplis des doctrines les plus erronées ; le tout par spéculation. Pour en assurer le débit, ils placent sur le titre les effets merveilleux qu'opèrent les prières qu'ils renferment. On y lit par exemple : « Celui qui récitera cette prière ne saurait être damné. » Munies d'un pareil ouvrage, des personnes crédules s'imaginent volontiers qu'il leur suffit de réciter les formules en question, pour que leur salut soit assuré, quel que soit d'ailleurs leur genre de vie. L'un des plus dangereux et en même temps des plus scandaleux en ce genre, est l'ouvrage intitulé a Romanus-Bûchlein » (petit livre de Romanus). Citons-en quelques passages. Pour éteindre le feu sans le secours de l'eau, il faut écrire sur les deux côtés d'une assiette les paroles suivantes, et la jeter au feu : S A T 0 R

60 CATÉCHISME mSTORIQUE.

Pour conjurer les spectres et toute espèce âe sorcellerie, on écrivait les lettres suivantes sur la porte ;

Pour éloigner les maladies et le vol :

Ito, alo Massa Dandi Bando, iil Amen.

Pour toujours gagner au jeu, il fallait s'attacher au bras le cœur d'une chauve-souris avec un Cl de soie rouge.

Pour préserver son corps des vers, on devait réciter trois fois ces paroles inintelligibles : Pierre et Jésus allèrent au champ, tracèrent trois sillons, labourèrent sur trois vers, ; l'un blanc, l'autre noir et l'autre rouge, et voilà que les vers sont morts. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen,

Voulez-vous quun voleur soit forcé de vous "'apporter ce qu'il vous a volé y voici le meilleur moyen. De bon matin et avant le lever du soleil, allez auprès d'un l)uis?on de genièvre, pliez-le avec la main gauche vers le soleil levant eu prononçant ces paroles : Genièvre, je te tiendrai plié et courbé, jusqu'à ce que le voleur ait rapporté à sa place ce qu'il a volé. Cela fait, posez une pierre sur le buisson, et sous cette pierre le crâne d'un malfaiteur, en faisant trois fois dessus le signe de la croix. Mais n'oubliez pas, dès que le voleur vous aura rendu ce qu'il vous avait enlevé, d'aller remettre la pierre là où vous l'aviez prise et débarrasser le buisson. — Le même opuscule parle aussi des moyens à employer pour se garantir contre toute espèce de malheui-; pour

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