‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 266 sur 306 · PARTIE m. CnAPITRE III · texte numérisé non relu

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grandes mortifications, et prolongeait souvent son jeûne jusqu'au troisième jour. Il ne se permettait d'autre nourriture que du pain d'orge avec de l'eau (Stolb. R. G. B. 21).

l. Lorsque sainte Radegonde, épouse du roi Clotaire, du consentement de son époux, eut pris le voile, elle distribua aux pauvres ses vêtements royaux, revêtit un habit de pénitente et ne prit pour nourriture que du pain noir, de l'eau et quelques légumes. Depuis son entrée au couvent jusqu'à sa mort, elle ne mangea plus ni viande, ni poisson, ni œuf, ni fruit; elle ne but plus ni vin, ni bière. Pendant le carême, elle s'enfermait dans une cellule, où elle ne prenait de nourriture que tous les quatre jours. Elle moulait ellemême le blé avec un moulin à bras et en faisait le pain noir dont elle se nourrissait {Ber. Berc. K. G. B. 4).

m. Sainte Claire (née en 1253) portait sous son vêtement un cilice fait de crins de cheval et de soies de porc, et jeûnait continuellement au pain et à l'eau. Le lundi, le mercredi et le vendredi, elle ne prenait absolument aucune nourriture. L'évêque d'Assise parvint enfin à lui persuader d'adoucir un peu la sévérité de son genre de vie, vu le faible état de sa santé {Fleurp, Hist. eccles. tom. 17).

n. Saint Charles Borromée, cardinal et archevêque de Milan, jeûnait toutes les semaines une fois au pain et à l'eau. Il renonçait aux divertissements les plus innocents, portait continuellement un rude cilice; il dormait très-peu, et cela sur une chaise ou sur un lit fort dur, sans quitter ses habits. Sa patience à supporter le froid et les autres rigueurs des saisons était incroyable. Un jour qu'on voulait lui bassiner un lit, il II. 34

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dit en souriant : « Le meilleur moyen de ne pas trouver le lit froid^ c'est de se coucher plus froid que n'est le lit. » {Ber. Berc).

0. La vertueuse Marie de Leczinsca, épouse de Louis XV, nous présente un beau modèle de soumission à TEglise. Dans les dernières années de sa vie, sa santé se trouva tellement altérée, qu'elle se vit forcée de ne plus observer le carême avec la même austérité. Elle envoyait alors un des plus grands seigneurs de sa cour en demander la permission à son évéque. Elle voulait par là donner à son premier pasteur une plus haute marque de déférence, et apprendre à celui qu'elle chargeait de cette mission, comment il devait se conduire lui-même, s'il se trouvait en pareil cas {(ruil. Explication du Catéch., 2™^ vol.).

p. Charlemagne avait coutume déjeuner chaque fois qu'il se sentait indisposé, assurant que le jeûne était le meilleur préservatif contre les maladies {Ber. Berc. 8).

Plusieurs ermites vécurent jusqu'à 90, et souvent même au-delà de cent ans, tout en observant un jeûne très-rigoureux. Saint Paid, le premier ermite, qui ne mangeait qu'un petit morceau de pain par jour, vécut jusqu'à l'âge de 113 ans. Saint Paphnuce, saint Sébas et saint Jean parvinrent à leur centième année. Saint Jacques, ermite en Perse, vécut 105 ans. — Les Esséniens, secte juive, qui se soumettaient à un jeûne trèsaustère, étaient renommés par le grand âge qu'ils atteignaient.— Charlemagne condamnait à mort ceux qui, pendant le carême, mangeaient de la viande par mépris pour la religion {Ber. Berl. K. G. D. 8).

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SENTENCES ET GOilPARAISONS.

a. Que le jeûne sans le changement dévie ne saurait être agréable à Dieu, ce qulsaïe exprime par ces paroles : « Le jeûne que je demande consiste-t-il à faire qu'un homme afflige son àme pendant un jour^ qu'il fasse comme un cercle de sa tète, en baissant le cou, et qu'il prenne le sac et la cendre ? Est-ce là ce que vous appelez un jeûne et un jour agréable au Seigneur? Le jeûne que j'approuve, n'est-ce pas plutôt celui-ci: Rompez les chaînes de l'impiété, déchargez-vous de tous les fardeaux qui vous accablent, rendez la liberté aux opprimés, et brisez tout ce qui charge votre conscience. Faites part de votre pain à celui qui a faim, et faites entrer dans votre maison les pauvres. Lorsque vous verrez un homme nu, revètez-le, et ne méprisez point votre chair. Alors votre lumière éclatera comme l'aurore ; vous recouvrerez bientôt la santé, votre justice marchera devant vous, et la gloire du Seigneur vous protégera. » {Isaie, 58, 5 — 9).

h. Déjà, dans les premiers temps du christianisme, 3es évèques s'efforçaient de rendre le temps du jeime, un temps de joie et de fête pour les pauvres et les nécessiteux , en faisant en sorte que les privations que s'imposaient les riches devinssent le don des pauvres. Voici le conseil que l'ange donnait à Hermas : « Calculez les dépenses que vous faites aux jours ordinaires pour votre nourriture, et mettez de côté l'argent que vous auriez dépensé pour en nourrir les veuves, les or- I)helins et les pauvres. Par là, vous serez véritablement fidèle à lu loi du jeûne , et la prière de celui que vous

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aurez rassassié montera vers Dieu ; votre sacrifice lui sera agréable, et il vous en tiendra compte. » {Herm. Past. 1. 3).

c. a Le jeune qui réjouit le Seigneur est celui qui profite aux malheureux. Les privations de votre corps doivent être un soulagement pom' celui du pauvre. » (S. Greg. in Past.).

d. « Le jeûne sans Taumône est une lampe sans huile. » {Cœsar. in admon. 2).

e. a Voulez-vous que votre prière pénètre jusqu'à Dieu, faites-lui comme deux ailes, qui sont le jeûne et Taumône. » {S. August., in Ps. 42).

/. a Le jeûne est la tranquillisation de nos âmes, Tornement des vieillards , le maître et le censeur de Fenfance, le précepteur des hommes chastes, le diadème et la parure de tous les âges et de tous les sexes, d (S. Chrysost., hom. 2, in Gènes.).

g. Saint Gérasime disait souvent à ses anachorètes, que moins on accorde de nourriture au corps, plus l'esprit se fortifie et se nourrit. Le jeûne uni à la prière est l'arme la plus forte contre les séductions du monde, et contre les tentations de Satan {Stolb. R. G. B. 17).

h. a Gardez-vous de faire consister le jeûne dans la seule abstinence des viandes ; le jeûne véritable consiste à s'abstenir du vice.» (,S'. Basil, hom. de jejun.).

i. a Ceux qui, tout en s'abstenant de manger, commettent néanmoins le mal, imitent les démons, qui, bien que ne mangeant rien, ne laissent pas pour cela d'être grandement coupables.» (>S'. Isidor. sup. Amos.).

î. Les athlètes du paganisme se préparaient au combat par une diète sévère , et par rabslentiou de certaines iiounitures pendant des semaines entières.

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