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nous avons sans cesse besoin de nous purifier, et que nous devons constamment nous efforcer d'effacer les faiblessesde notre chair par des jeûnes et des aumônes; » troisièmement, les Quatre-Temps nous avertissent de prier Dieu qu'il nous envoie des prêtres pieux et zélés, et c'est ce dernier but qu'on fait siu'tout ressortir aujourd'hui, bien que, au témoignage de l'histoire, les Quatre-Temps n'aient pas été établis à cause des ordinations qui ont lieu à cette époque (Conf . Janim's GeS' chicte der Feste^und Smid's Liturgikj B. 2. S. 441).
5. ^Qclqacs exemples sur l'empressement avec lequel on doit olsener les jours de jeûne.
a. Saint Augustin assure que, de son temps, beaucoup de catholiques, des femmes mêmes, observaient im jeûne austère, et ne prenaient de nourritiu?e qu'au déclin du jour, qu'il n'était pas rare de voir des personnes passer trois jours entiers sans boire ni manger, surtout chez les ermites qui jeûnaient cinq jours de la semaine. Quelques-uns jeûnaient pendant une semaine entière sans prendre absolument aucune nourriture (S. Aug. 1. demorib. eccl. c. 3).
b. Les pratiques de mortification auxquelles saint Grégoire se soumit en entrant au monastère étaient si austères, qu'elles lui occasionnèrent un abattement général et lui gâtèrent entièrement l'estomac. Il fut alors obligé de s'interdire toute espèce de jeûne, car quand il ne prenait pas fréquemment de la nourriture pendant la journée, il éprouvait de violents vertiges, et tombait même en défuillauce. Dans cet état^ rien ne lui
causait plus de douleur que la pensée qu'il lui serait peut-être impossible de jeûner le samedi saint, jour auquel les enfants eux-mêmes observent le jeûne. C'est pourquoi, s'unissant à quelques-uns des frères de son ordre, il se mit à prier Dieu de lui rendre ses forces et sa santé primitives. Sa prière fut exaucée; il recouvra la sauté, et, dès ce moment, il ne prit plus pour nourriture que quelques berbes grossières que lui envoyait sa mère Sylvia. Il occupa dans la suite le Saint-Siège.
c. Saint Macaire le jeune fut pendant sept années sans prendre aucune nourriture cbaude, et pendant trois autres années il ne mangea pas, dans un jour, au-delà de trois à quatre onces de pain qu'il trempait dans de Teau. Pendant tout le carême il ne mangeait qu'un peu de cboux, et seulement le dimanche {Pallad, Ilist. Laus. c. 69).
d. Saint Palémon disait à un jeune homme qui était allé le trouver dans le désert, avec l'intention de devenir sou disciple : a Faites attention, mon* fils, que je ne mange que du pain et du sel, que je m'abstiens d'huile et de vin, que je passe la moitié de la nuit à chanter des psaumes, et que souvent même je suis occupé toute la nuit à méditer sur l'Ecriture sainte {Stolb. R. G. B. 10).
e. Saint Siméon Stylite qui, pendant trente-sept années, n'eut d'autre demeure qu'une colonne élevée où il était exposé à toutes les intempéries de l'air, ne prenait de nourriture que tous les sept joiu's, et seulement quelcjncs lentdles {Ebend. 13. 10).
/. Le pape Urbain V ne mangeait qu'une fois par jour I eiidaut le carême et les Ouatre-Tenips, et seu- Icuicut le soir. Il jeûnait au pain et à Teau tous les
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mercreaîs, samedis et dimanches soir i^Ber. Berc. R. G. B. U).
g. L'empereur Justinien dormait et mangeait trèspeu. Pendant tout le carême il ne prenait de nourriture que tous les deux jours; cette nourriture consistait en des herbes assaisonnées de sel et de vinaigre^ sans vin ni autre boisson que de Feau {Lih. œàif. Justin.).
h. Le pape saint Pie V (élu en \ 568)^ habitué, dès sa jeunesse, à jeûner deux fois par semaine, conserva cette pratique lorsqu'il fut devenu cardinal et Souverain Pontife. La tunique de laine qu'il portait au monastère ne le quitta jamais, ni sous les habits pontificaux, ni sur la dure paillasse qui lui servait de Ut. Toutes les nuits il se relevait de cette misérable couche, descendait dans Téglise de Saint-Pierre, et y faisait la visite des sept autels. Non-seulement il observait rigoureusement les jeûnes ordinaires de l'Eglise, mais telle était sa frugalité, que la dépense journalière de sa table s'élevait à peine, selon un auteur contemporain, à un testo?ie d'Italie, c'est-à-dire dix-sept sous de France. Le vin lui ayant été rigoureusement prescrit par le médecin , il permit seulement qu'on en mèlàt quelques gouttes à son eau, et s'imposa de ne boire que trois fois par repas {Ilist. eccL).
Bien que nous ne soyons pas obligés de suivre au pied de la lettre les grands exemples de mortitication que nous venons de citer, ils servent du moins à nous faire comprendre combien ceux-là devraient rougir, qui, loin d'être des modèles de sobriété, sont toujours disposés à se récrier chaque fois qu'on leur parle du jeûne, et à s'excuser sur la faiblesse de leur santé de leur infraction au précepte de l'Eglise. Au rcalu^ uous dévoua
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remarquer ici, qiie, sur ce point, TEglise a toujours eu égard aux personnes faibles de tempérament, ou indisposées par quelque maladie. Comme on demandait un jour à Théophile, patriarche d'Alexandrie, si une femme malade (puerpera) était obligée d'observer le jeûne et de s'abstenir de boire du vin , il répondit : « Le but qu'on se propose en jeûnant, c'est de mortifier et d'affaiblir le corps; s'il Test déjà par avance, et qu'il succombe de faiblesse, il a besoin de nourriture afin qu'il reprenne des forces. » Pour ce qui concerne la viande, les Orientaux ne la permettaient pas même aux malades; mais l'Eglise occidentale a été de tout temps moins sévère et plus sage. Le pape Innocent III, exprimant là-dessus son sentiment, disait que : La loi doit céder à la nécessité, et que, quand un malade demande de la mande, on peut et on doit lui en donner, même pendant le carême (Binterim's Denliourdigl. B. 5. Th. 2. S. 82).
i. Saint Fructueux , évêque de Tarragone, en Espagne, fut saisi par ses deux diacres, et mené à l'amphitliéàtre pour y être brûlé vif. Plusieurs chrétiens, par un mouvement de compassion, lui ofifrirent à boire une liqueur composée et parfumée, mais comme il n'était pas encore temps de rompre le jeûne, attendu qu'il était seulement dix heures du matin, et que c'était le vendredi, jour de station, où Ton jeûnait jusqu'à trois heures d'après midi, il s'y refusa. Il espér;dt romjire son jeûne dans le ciel, avec les martyrs et les projiliètes ( Prudence, hymn. 6. Des couron.).
k. Saint Arnoulphe, évoque de Metz, qui s'était d'abord distingué sous le roi Clotaire II. en qualité de général et d'homme d'Etat, soumettait son corps à de