‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 269 sur 306 · PARTIE III. CHAPITRE III · texte numérisé non relu

PARTIE III. CHAPITRE III

fût capable de commettre de nouvelles fautes, et de se rendre, par là, in digue de communier à Pâques. — La confession se faisait, ou le mercredi des cendres, ou pendant la semaine , ou à partir de la Chandeleur [Binterim's Detihicurdigli. B. 5. S. 241). — On devait aussi se confesser aux fêtes principales du Seigneur comme à Noël et à la Pentecôte, sans cependant que TEglise en fît une obligation rigoureuse. Ce tut seulement en 1216 que l'Eglise voulant remédier au relâchement qui s'était introduit parmi les fidèles, obhgea ses enfants à confesser , au moins une fois l'an, leurs péchés avec les dispositions nécessaires : « Que tout fidèle, dit le quatrième concile de Latran , qui a atteint Tâge de discrétion , confesse seul fidèlement tous ses péchés à son propre prêtre, au moins une fois l'an, et qu'il ait soin d'accomplir de tout son pouvoir la pénitence qui lui aura été enjointe ; qu'il reçoive aussi, au moins à la fête de Pâques, le sacrement de l'Eucharistie, .si ce n'est que de l'avis de son propre prêtre et pour quelque cause juste et raisonnable, il jugeât devoir s'abstenir pendant quelque temps de la communion ; s'il y manque, qu'on lui interdise l'entrée de l'Eglise pendant sa vie, et qu'après sa mort il soit privé de la sépulture chrétienne. » — Huit ans auparavant, un concile de Paris avait statué que quiconque n'aurait pas fait sa confession avant le dimanche des Rameaux, serait obligé d'attendre iusqu'après l'octave de Pâques, et de prolonger le jeûne jusqu'à ce terme {Binterim.), h. Saint Chrysostôme avertissait ses auditeurs de se confesser toutes les fois qu'ils avaient offensé Dieu par quelque péché. « Je suis, disait-il, disposé jour et nuit à entendre vos confessions. S'il vous arrivait de pécher

?52 CATÉcmsins htstoriqïïe.

pendant la nuit, venez me trouver, réveillez-moi de mon sommeil et j'entendrai vos confessions » [Homil, 10, in Matth.), — Le même saint s'élève avec une graade énergie contre ceux qui n'ont l'habitude de s'approcher de la sainte table qu'à la fête des trois Rois, à Pâques et à Noël (Homil. 61. ad Antioch,).

c. Chrodegang , évêque de Metz ( mort en 757 ) , exhortait tous les fidèles de son diocèse à se confesser au moins trois fois pendant Tannée, savoir : à Noël, à Pâques et à la fête de saint Jean (SpeciUg, d'Acheri, tom. 1, c. 32).

d. Louis IX, roi de France, avait coutume de se con fesser tous les vendredis, et de se donner la discipline après sa confession , comme c'était autrefois l'usage chez les pénitents {Ber. Berc. K. G. B. 13).

e. Le pape Clément Ylll se confessait tous les soirs au cardinal Baronius, et disait la messe avec une dévotion qui, souvent, se traduisait par des larmes abondantes. Voulant aussi fournir aux autres l'occasion de se confesser, il se plaçait hii-mème dans un confessionnal, et entendait sans distinction tous ceux qui s'approchaient [Idem. 20).

/'. Saint Charles Borromée, archevêque de Milan, et saint François de Sales, évêtiue de Genève, avaient coutume de se confesser tous les jours, et leurs domestiques, tous les mois {Idetn. 19).

Nous citerons encore d'autres exemples sur cetto matière, lorsijue nous traiterons des sacrements de Pénitence et d'Eucharibtic (3"^« vol.).

PAUTIE m. CnAPITRE III. 553

CLNQUIÈ^ilE CO>L>IANDEME\T.

Sur lei teiBps prohibés*

L'Eglise varie ses pompes et ses solennités. — Les unes sont consacrées à la joie; d'autres au deuil et à la tristesse. — Il est probable que , dès les premiers temps du christianisme, les noces furent défendues pendant le carême, parce que c'est une époque de deuil et de mortification. Le concile de Laodicée ^tenu vers Tannée 368) publia cette défense {Can. 52) : « Pendant le jeûne des quarante jours, il n'est pas permis de célébrer des noces, ni de faire la fête de la naissance d'un saint. » Le canon suivant (53) dit que cette défense a été faite, parce que l'allégresse qui accompagne ces solennités est incompatible avec la tristesse et le recueillement prescrits durant ce temps.

Gratien cite un canon (33) du concile de Léri^la en Espagne (tenu au sixième siècle), qui défend le mariage pendant TAvent et les trois semaines qui précèdent la fête de saint Jean-Baptiste. La même défense fut faite également dans un concile tenu à Aix-la-Chapelle, en 992. Peu à peu, elle se répandit dans l'Eglise occidentale, avec cette différence, toutefois, que le nombre des trois semaines qui précèdent la saint Jean-Baptiste fut restreint à deux. Le concile de Sehgenstadt (1022) [Canon 3) fit la même défense, et l'élendit, en outre, à la veille des principales fêtes, à cause du jeûne prescrit ces jour.-:-là. — Au lieu des trois semaines avant la fêle (le saint Jean, d'autres conciles ont fixé la semaine des Kogatiojw jusqu'au dimanche de la Pentecôte, ou

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jusqu'à la Trinité^ ou même jusqu'à la Fôte-Dieii. Le concile de Bamberg (1491) compte encore parmi les jours prohibés le jour de la saint Marc, à cause des grandes Litanies. Chez les Grecs, il n'y eut jamais que l'époque des quarante jours de carême où les noces fussent défendues. Dans des temps plus reculés, la bénédiction même privée du mariage était interdite pendant ces jours-là; mais, avec le septième siècle, commence une nouvelle discipline. Le temps qui précède la fête de saint Jean-Baptiste cesse d'être prohibé, et on permet le mariage , même en Avent et en Carême, en omettant, toutefois, les solennités extérieures [Binterim's Denliwilrdig'keiten , B. 6, Th. 2, S. 16).

Nous donnerons, dans le volume suivant, lorsque nous traiterons des sacrements, quelques exeuiples sur la manière de célébrer les noces comme il convient à de véritables chrétiens.

Fm DU DEUXIÈME VOLUMB.

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