PARTIE m. CHATITRE II
mêines. d Ces paroles nous font voir que déjà du temps des apôtres le culte des saints était enseigné et recommandé. — Saint Basile {Hom. 20^ in 40 martyr.) dit expressément que l'invocation des saints provient des apôtres^ puis il ajoute : « J'invoque les apôtres, les prophètes, les martyrs, afin qu'ils prient Dieu de m'ètre miséricoi'dieux et de me pardonner mes péchés ! » — Tertullien dit aussi [De coron, milit. c. 3) : a Conformément à la tradition orale que nous avons reçue de la bouche même de nos ancêtres, nous célébrons annuellement, à certain jour fîxe^ la mémoire des soufîrances des saints, o
Les habitants de Smyrne promettaient déjà qu'ils célébreraient annuellement le jour de la mort de saint Polycarpe, et dans leur fameuse lettre {Epist. ad eccl. Pont.) ils écrivent: a Nous adorons Jésus comme étant le Fils de Dieu ; nous honorons les martyrs, ses disciples et ses imitateurs à cause de leur amour presque incroyable et de leur attachement à leur Roi et à leur Maître; nous désirons les égaler dans la crainte de Dieu, afin qu'un jour nous puissions participer à leur gloire. »
Origène écrit (ffom. 3. in Matth.) : il était juste et conforme à la volonté de Dieu que nos pères ordonnassent de célébrer à jamais dans les éghses la mémoire de ceux qui sont morts pour le Seigneur. »
Saint Cyprien ordonnait au clergé de Carthage d'inscrire avec soin les noms et le jour de ceux qui avaient répandu leur sang en souffrant le martyre, afin qu'on pût en célébrer la mémoire dans les églises.
On sait que de bonne heure on commença à élever des autels sur les tombeaux des murLyrs^ que ces tom-
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beaux étaient regardés comme des lieux sacrés, et qu'où y célébrait le saint sacrifice de la Messe. — Toutefois, que dans l'honneur que l'on rend aux saints, il n'y a point de superstition idolâtrique, c'est ce qui ressort clairement de la lettre des chrétiens de Smyrne que nous avons rapportée, et de ce passage de saint Augustin {Co7it. Faust. 1. 20, cap. 21) : « Nous élevons, à la vérité, des autels particuliers à la mémoire des martyrs, cependant le sacrifice de la Messe n'est pas offert aux martyrs, mais au Prince des martyrs, à Dieu. Car un évèque a-t-il jamais dit sur les tombeaux des martyrs : « Nous vous off'rons à vous, Pierre, ou à vous, Paul, ou à vous, Cyprien ?» — Le saint sacrifice n'est offert qu a Dieu seul, à Dieu qui a couronné les martyrs ? »
Saint Grégoire de Nazianze avait une telle confiance dans saint Basile que souvent, surtout dans les tentations, il lui adressait cette prière : « 0 saint Basile ! venez à mon secours, obtenez-moi, ou que je sois délivré de mes tentations, ou que j'aie la force et le courage d'y résister constamment. » (Lohn. m, d37.).
Lorsque saint Jérôme, l'un des Pères de l'Eglise, se vit enlever par la mort sa pieuse élève Paule, il lui adressa la prière suivante, persuadé qu'elle jouissait déjà du bonheur des saints : « 0 sainte Paule ! ma fidèle élève, venez par votre prière r.u secours de votre ancien précepteur. Votre foi et votre vertu vous ont déjà réunie à Jésus votre céleste époux ; c'est pourc[uoi, puisque vous êtes déjà tout près de lui, vous pourrez plus facilement obtenir ce que vous lui demanderez en mou nom. » [Ibid.).
Le pape Bouiface IV, mort en 615, consacra le Pan-