PARTIE m. CHAPITRE II
tion; je ne veux plus la commettre. » — {Brentano*s Sckrifterld. 3. Mo'is. 5. ).
h. Théodoric, roi des Goths^ ayant fait une alliance avec Théodoric^ roi des Ostrogoths, contre l'empereur grec Zénon^ l'empereur fit tout son possible pour déterminer le premier à renoncer à cette alliance et pour le gagner à son parti. Il lui envoya des ambassadeiu-s qui lui offrirent mille livres d'or et cent mille d'argent^ lui promettant en outre un tribut annuel de cent mille pièces d'or. Il y ajouta encore des distinctions honorifiques, la possession de certaines contrées : il alla même jusqu'à lui offrir pour épouse une princesse de la cour impériale. En un mot, rien ne fut épargné pour le faii^e entrer dans les intérêts de Tempereur. Néanmoins, tonte rhabileté et la sagesse diplomatiques échouèrent devant la fermeté de ce prince. « Une alliance solennelle, disait-il, ne saurait être brisée sans les plus graves motifs. » — Quelque grandes qu'eussent été les faveurs dont cet empereur l'eût honoré, elles n'auraient jamais pu, à ses yeux, compenser l'infamie dont il se serait couvert par cette infidélité. Les ambassadeurs furent obligés de s'en retourner sans avoir rempU le but de leur mission {Stolb. H. G. B. 18.).
c. Sous l'empereur Justinien II, Calonyme, gouverneur de la flotte romaine, aborda avec quelques vaisseaux aux rivages de Carthage. Déjà pendant la première nuit, il s'avança dans le pays avec une troupe de matelots armés, pilla les magasins d'un grand nombre de marchands qui se trouvaient sur le port, extorqua à d'autres de grandes sommes d'argent et retourna ensuite sur son vaisseau chargé du produit de ses brigandages. Bélisaire, le général de l'armée romaine, iio
iÔ8 CATÉCHISME HISTORIQUE,
tarda pas à en être averti. Il fit appeler le gouverneur, lui adrossa de sévères réprimandes, et le força de lui promettre sous serment qu'il rendrait ce qu'il avait volé. Calonyme prêta le serment, mais n'accomplit pas sa promesse. Il reçut bientôt la punition que méritait son parjure, car, étant parti pour Constantinople, il perdit la raison avant même qu'il y fût arrivé, tomba dans l'accès de la rage la plus frénétique et mourut en plein état de démence (Procop. de bello Wandal. 1. 5, c. 20.).
d. Sergius, gouverneur de Tripoli, ayant retenu les présents qu'on devait donner annuellement aux Maures nouvellement convertis, conformément aux traités alors en vigueur, ceux-ci s'en plaignirent. Gomme on ne prêta pas l'oreille à leurs réclamations, ils recoururent aux armes, et menacèrent d'envahir la province de Tripoli. A cette nouvelle, Sergius s'offrit d'entamer des négoi;iations, et à cet effet fit appeler quelques-uns des plus illustres d'entre les Maures, les assurant, sur la foi du serment qu'il prêta sur le saint Evangile, de leur conserver la vie et la liberté. Quatre-vingt-quatre députés choisis parmi les hommes les plus illustres de la nation mauresque se rendirent auprès de lui et furent reçus de la manière la plus amicale. Le lendemain, ils furent invités à un magnifique banquet; mais à peine s'étaient-ils mis à table, que Sergius fit entrer ses trabans qui les égorgèrent sans pitié. Cette perfidie inouïe porta l'indignation des Maures à son plus haut degré; ils .prirent les armes et vinrent fondre sur la province de Ciirthage. Le vieux général Salomon, un cousin de Sergius, marcha à leur rencontre ; mais comme il s'aperçut qu'ils étaient beaucoup plus nombreux qu'il ne