‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 83 sur 306 · Quelques mots touchant les pèlerinages · texte numérisé non relu

Quelques mots touchant les pèlerinages

a. L'usage des pèlerinages est très-ancien. — Paint Augustin écrit au sujet d'Abraham : « Abraham abandonna sa maison et alla, avec Isaac et deux de ses serviteurs, au lieu qui lui avait été marqué, pour offrir le sacrifice que Dieu lui avait demandé. Pourquoi ne resta-t-il pas auprès de l'autel qu'il avait dans sa maison ? pourquoi Dieu lui prescrivit-il un voyage de trois jours? pourquoi lui indiqua-t-il le lieu du sacrifice ? Le commandement de Dieu donna au voyage d'Abraham un plus grand mérite ; et, pour les enfants d'Abraham, ce fut une preuve que, quoique présent partout. Dieu s'était spécialement choisi ce lieu {Saint Âug. de Givit. 1. 16, c. 32).

Déjà, à l'âge de douze ans, le Sauveur allait, avec ses parents, en pèlerinage à Jérusalem, bien que son âgo ne l'y obligeât pas encore.

Les premiers clurètiens allaient aussi en pèlerinage à Jérusalem et à d'autres lieux saints de la Palestine. Saint Jérôme écrit à ce sujet : « Il serait trop longd'énumérer ici tous les évèques et martyrs, ainsi qu'une foule d'autres hommes distingués par leur science et leur vertu, qui sont allés à Jérusalem, et qui croyaient n'avoir pas atteint le dernier degré de la vertu, s'ils n'avaient pas

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adoré Jésus-Christ là même où l'Evangile a été d'abord annoncé du haut de la croix, n — Que dire des Arméniens, des Perses, des Indiens, des Egyptiens, des Syriens et de toutes les provinces de l'Orient? De toutes parts, on les voit accourir aux Saints-Lieux et donner les plus beaux exemples de vertus.

Nicéphore, ancien historien ecclésiastique, nous assure que dans les premiers siècles, les fidèles allaient souvent en pèlerinage auprès d'une statue qui représentait le Sauveur guérissant une femme qui pendant douze ans avait soufifert d'une perte de sang (Niceph. Hist. eccl. 1. 10, c. 30).

Sophronius raconte que les martyrs Cyrus et Jean avaient coutume d'aller en pèlerinage auprès d'un crucifix, et qu'ils se prosternaient à ses pieds et y priaient avec ferveur et dévotion {Bolland, 1. 31, Jan. 3).

Les pèlerinages que l'on faisait à Rome pour visiter les tombeaux des saints apôtres Pierre et Paul, étaient très-nombreux. Saint Chrysostôme disait à ce sujet [Epist. ad EpJies.) : « J'ai un désir extrême de visiter les lieux où saint Pierre et saint Paul ont soufifert. N'étaient les soucis spirituels dont je suis accablé et la constitution débile de mon corps, j'irais volontiers à Rome voir leurs chaînes et leurs prisons, vénérer les lieux où reposent leurs restes sacrés. » — Eusèbe rapporte [Hist. eccl. 1. 6, c. 14) que les rois et les princes déposaient pour quelque temps le sceptre, et allaient à Rome se prosterner sur les chemins qm avaient été foulés par les pieds des apôtres.

Il est dit dans une lettre du pape Nicolas à l'empereur Michel : a Des milliers d'hommes arrivent jour-

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