PARTIE m. CH.VP1TRE II
nellement à Rome de toutes les parties du monde pour se recommander à la protection et à Fintercessiou des princes des apôtres. » {RicJit. Eut. Schatzhammer, B. 3. S. 163).
Les pèlerinages à Compostelle au tombeau de saint Jacques^ ceux à Ephèse au tombeau de saint Jean^ ceux des cbrétiens des Indes orientales au tombeau de saint Jacques, étaient déjà très-célèbres dans l'antiquité chrétienne [Idem].
Sainte Brigitte, morte en 4 373, visitait encore à Tàge de 69 ans lous les lieux saints de la Palestine [Ber. Berc. R. K. B. d4).
Déjà à des époques plus reculées, on avait établi dans l'Occident des pèlerinages en Palestine qui se faisaient souvent par troupes très-nombreuses. Ainsi, en 106-4, plus de 7,000 pèlerins, partis des villes de l'Allemagne, se rendirent à Jérusalem sous la conduite des évèques Sigefroi de Mayence, Giinther de Bemberg, Otton de Régensbourg, Guillaume d'Utrecht, outre une foule d'autres personnes de distinction. Lorsqu'ils arrivèrent en Lycie, une horde d'Arabes, frappés de la magnificence qu'ils remarquèrent sur la personne de ces pèlerins, les attaquèrent avec une armée de 12,000 hommes. Les chrétiens se retirèrent dans un village et l'entourèrent de retranchements. Les brigands résolurent de les prendre par la famine. Déjà ils se trouvaient dans la situation la plus critique et allaient infailliblement péi'ir, si Dieu n'eût permis qu'ils fassent délivrés par une autre bande de barbares qui, vivant en désunion avec la première, la mit en fuite et fit accompagner les chrétiens par une puissante escorte jusqu'à Jérusalem où ils visitèrent les Saints-Lieux, et laissèrent
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fies sommes considérables {Schafnab. Cliron. ad an. 4064).
Qui ne se rappelle ici les croisades, rapportées en détail dans les histoires? — C'étaient aussi des pèlerins imposants et grandioses. Ceux qui y prenaient part, n'avaient pas seulement pour but d'aller visiter les Lieux Saints et de les vénérer avec respect; ce qu'ils voulaient, c'était les arracher des mains des infidèles, même au péril de leur vie. Ce qui d'abord donna lieu à ces pèlerinages, ce furent les actes de cruauté exercés envers les pèlerins.
Très-anciens sont les pèlerinages aux lieux appelés communément les images miraculeuses de la sainte Vierge. Altôttingue, en Bavière, est à la fois l'un des plus antiques et des plus fréquentég. Là était bâtie autrefois l'ancienne ville CEnipons, qui fut entièrement détruite par les Hongrois en 910. Il n'y eut qu'une chapelle dédiée à la Mère de Dieu qui échappa au pillage et aux flammes. Cette chapelle fut, dit-on, dédiée autrefois à une divinité païenne, aux sept planètes, mais elle fut consacrée à la sainte Vierge par saint Rupert, le premier évèque de Salzbourg au commencement du septième siècle, après la conversion et le baptême du duc Théodo. La statue de la sainte Vierge qui se trouve dans cette chapelle est en bois et a une élévation de deux pieds et trois pouces : elle est ornée de riches étoffes et recouverte de pierres précieuses. Elle est placée «;ur un autel tout en argent que Maximilien I" fit faire en 164-5, et olïrit à la sainte Vierge. Devant l'autel sont suspendues sept grosses hunpes en argent. On a compté autrefois jusqu'à 200,000 pèlerins qui s'y rendaient annuellement. Elle est connue dans le pays soils