‹ Catéchisme historique (volume 2)Chapitre 89 sur 306 · TROISIÈME COMMANDEMENT · texte numérisé non relu

TROISIÈME COMMANDEMENT

Solennité du Sabbat chez les Juifs.

Lorsque, dans le désert. Dieu dit au peuple juif: a Souvenez-vous de sanctifier le sabbat » {Exod. 20, 8.), il ne Tinstituapas pour la première fois, mais il se contenta de rappeler au peuple le souvenir d'une obligation ancienne et existante depuis longtemps. — Il est dit plus loin: « Vous travaillerez pendant six jours, et vous ferez tout ce que vous aurez à faire, mais le septième jour est le jour du repos consacré au Seigneur votre Dieu. Car le Seigneur a fait, en six jours, le ciel, la terre et la mer, et tout ce qui y est renfermé, et il s'est reposé le septième jour; c'est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et il Ta sanctifié. Vous ne ferez en ce jour aucun ouvrage, ni vous, ni votre fils, ni votre fille, ni votre serviteur, ni votre servante, ni vos bètes de service, ni l'étranger qui sera dans l'en-, ceinte de vos villes. » Le jour du sabbat, le travail était défendu sous peine de mort, d'après ces paroles de \ Exode, chap. 31, vers, do: « Quiconque travaillera ce jour-là sera puni de mort. » Comme on rencontra un jour dans le désert un homme qui ramassait du bois, il fut conduit devant Moïse qui le fit mettre en prison, parce qu'il ne savait pas s'il devait être puni selon toute la sévérité de la loi du sabbat. Mais le Seigneur dit à Moïse : « Cet homme doit être pimi de mort: que tout le peuple le lapide hors du camp. » Ils le firent donc sortir, et le lapidèrent, et il mourut selon que le Seigneur l'avait commandé {Nomh. 15,

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32). — Le jour du sabbat, le Seigneur ne faisait poini (omber de manne dans le désert, mais la veille il en tombait le double des autres jours; de sorte qiie les Israélites en avaient suffisamment pour deux jours Bien que, ordinairement la manne que Ton conservait pendant la nuit se gâtât, ce jour-là, elle restait fraîche et intacte {Exod. 16, 20, etc.). — Le jour du sabbat, il était aussi défendu d'allumer du feu dans les maisons {Exod. 35, 3) . — On était obligé de préparer la nourriture la veille au soir avant le coucher du soleil. Le lendemain, le sabbat finissait avec le coucher du soleil, et il était de nouveau permis de faire du feu. Toute espèce de commerce était aussi interdit ce jour-là. Il est raconté dans le Uvre d'Esdras, que Néhémias, qui avait été envoyé en Judée par le roi Artaxercès, pour travailler à la reconstruction de Jérusalem et du temple, ayant vu des gens qui foulaient le pressoir au jour du sabbat, il leur en fit des reproches en leur disant : « Quel est ce désordre que vous faites, et pourquoi profanez-vous le jour du sabbat ? » La veille du sabbat, il commanda qu'on fermât les portes et qu'on ne les ouvrit qu'après le jour du sabbat. Ce jourlà, les Juifs ne pouvaient pas s'éloigner de leurs maisons de plus de 1,000 pas. Dans le temple, la solennité du sabbat consistait principalement à offrir, outre la victime journahère qui était un agneau, deux autres agj.eaux d'un an avec les offrandes ordinaires du pain et du vin {Nonih. 28), ainsi que les pains de proposition qu'on devait changer toutes les semaines. Les anciens d'entre les Juifs avaient coutume, le jour du sabbat, d'assister à la lecture des prophètes. — Ceux qui habitaient des locaUtés éloignées de Jéi'usalem, se

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rcî^flaient ce jour-là dans la synagogue poiu* entendre la lecture et l'explication de l'ancien Testament. — Plus tard, les docteurs juifs firent^ touchant le sabbat, une foule de prescriptions exagérées. Ainsi, du temps de Jésus-Christ, ils allèrent jusqu'à interdire la guérison des malades et l'emploi des remèdes de la médecine (Conf. Matth. 12, L21C). Les Thalmudistes parlent de trente-six œuvres par lesquelles on peut profaner le sabbat ( Schablat. 72). — Saint Augustin dit à ce sujet {In Psalrn. 91 .) : a L'une des erreurs les plus grossières des Juifs consistait en ce qu'ils n'observaient que la lettre du troisième commandement de Dieu, et ne s'inquiétaient nullement de V esprit. Ils ne se livraient, à la vérité, à aucune œuvre ser^ile, mais ils négligeaient toutes les pratiques de dévotion, et faisaient précisément ce que Dieu leur avait défendu. Ils passaient le sabbat en se livrant à des actions illicites, et au sein d'une lascive et molle oisiveté. »

2* Soleunité du dimanche chez les premiers chrétiens*

Déjà du temps des Apôtres et probablement (selon l'opinion de Stolberg, dans ses « Méditations, » l'» part., p. 483.), parce qu'ils agissaient en cela conformément aux instructions que leur avait données leur divin Maître avant qu'il montât au ciel, la célébration du dimanche et l'abstention de tout travail avaient été tranférés du dernier jour de la semaine au dimanche, en mémoire de la Résurrection de Jésus-Christ, qui sortit du tombeau ce jour-là. De bonne heure déjà le dimanche reçut différentes dénominations. Saint Ignace {cpist. ad Magnes.) l'appelle « Jour du Seigneur, »

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jour consacré à rappeler le souvenir de sa Résurrection. Il l'appelle encore le Roi, le Prince des autres jours. — Saint Chrysostôme (Hom. o, de Resurrect.) le qualifie de Jour dit pain, à cause de la communion générale qui se faisait ordinairement ce jour-là, de Jour de la luynièrej parce que c'est en ce jour, qui est le premier de la création, que Dieu créa la lumière, et parceque Jésus-Christ, qui lui-même s'appelle la lumière du maid^, a ordonné de lui consacrer ce jour.

Justin le martyr décrit ainsi la célébration du dimanche chez les premiers chrétiens : « Le dimanche , tous ceux qui habitent la ville et la campagne se réunissent en un même lieu, et là, on lit les Actes des apôtres ou les écrits des prophètes, aussi longtemps que cela convient. Quand la lecture est achevée, celui qui préside, ordinairement l'évêque, fait un discours où il commente la lecture et excite à suivre les préceptes qui y sont contenus (ainsi, les premiers chrétiens assistaient déjà au sermon). Ensuite, nous nous levons tous et faisons notre prière ; puis on apporte le pain, le vin et l'eau (offertoire), et celui qui préside bénit le tout, autant qu'il en a le pouvoir, et le peuple répond unanimement : Amen (préface) . Chacun des assistants reçoit quelque chose de ce qui a été bénit et on en envoie aux absents par le ministère des diacres (communion). De plus, ceux qui sont fortunés mettent en commun une partie de leurs biens, selon leiu* bon plaisir, et la confient au président qui s'en sert pour venir au secours des veuves et des orphelins, ou de ceux qui souffrent de quelque autre nécessité, pour aider les malades et les étrangers. » — Ces paroles nous fout voir que, déjà à cette époque, les chrétiens assistaient à la sainte

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