‹ Catéchisme historiqueChapitre 115 sur 275 · le Crucifix nous prêche l'amour des ennemis · texte numérisé non relu

le Crucifix nous prêche l'amour des ennemis

a. Le saint comte Elzéare fut en hutte à tous les genres de calomnies; les injures, les railleries les plus amères fondirent sur lui; mais à toutes ces humiliations, il opposa toujours une douceur et un calme imperturhahlcs; jamais sa patience ne se laissa déconcerter par le choc de tant d'ignominies. Comme on lui demandait le moyen qu'il employait pour repousser avec tant de grandeur d'âme des outrages si nomhrcux,il fit cette réponse remarquable : « Lorsque ]<■ ressens en moi les premiers emportements de la colère, vite je me hâte de penser à Jésus crucifié; je me rappelle ce qu'il dirait

230 CATicniSAiE histoiuque."

quand ses ennemis le couvraient d'outrages et de mépris au milieu des angoisses de la mort, et chaque fois je ne manque pas d'entendre sa voix pleine de douceur qui me dit : « Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Je m'efforce, de toute mon âme, de réciter après lui cette prière, et aussitôt le calme renaît dans mon intérieur; ma colère s'apaise, et la douceur a reconquis son empire. » (Lohn. Bill. il. 68).

à. Un vaillant chevalier, nommé Hildebrand, avait été l'objet d'une grave injure de la part d'un autre chevalier nommé Bruno. Dans sa fureur, il jura d'en tirer une vengeance éclatante. Le jour était venu où il devait humilier son ennemi et noyer dans son sang l'affront qu'il en avait reçu. Comme il se rendait sur le théâtre où il allait passer son épée à travers le corps de son ennemi, il passa devant une chapelle, dans laquelle il entra, en attendant que les ténèbres de la nuit fussent entièrement dissipées. Il se mit à examiner les images suspendues aux murailles; trois représentaient la Passion du Sauveur. Sur la première, on voyait le Sauveur revêtu de la robe d'ignominie, et on lisait au bas ces paroles : II ne rendait pas outrage pour outrage. La seconde figurait la flagellation ; elle portait cette inscription : Il ne menaçait pas lorsqu'il souffrait. La troisième, enfin, représentait le crucifiement avec cette devise : Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. La vue de ces trois tableaux toucha vivement le cœur du chevalier; il se mit à mx <'t pria, et comme la glace fond aux rayons du soleil, ainsi 1»' ressentiment de cet homme, naguère si courroucé, s'évanouit à lu chaleur du céleste amour do

Page 1