PARTIE I. CHAPITRE H
* comme, sur la terre, il est devenu l'auteur du salut de ceux qui croyaient en lui, et que, au contraire, il a puni les incrédules; il a agi de même envers ceux qui étaient dans les enfers, afin que tout genou fléchisse devant lui dans le ciel, sur la terre et dans les enfers (S. Joann. Dam. De Fide, 1. 5. c. 29).
d. Lorsqu'un roi puissant s'est emparé d'une ville' ou d'une forteresse où ses sujets languissaient dans la captivité, ce n'est certes pas un déshonneur pour lui, après s'en être rendu maitre, de pénétrer en personne dans les prisons et de rompre les chaînes des captifs. Chacun s'empressera hien plutôt de le combler d'éloges et de proclamer sa magnanimité. Telle fut, en effet, la conduite du Christ. Il descendit dans les enfers, non pas comme prisonnier, mais comme triomphateur, et en qualité de Libérateur des captifs (S. Cyprian).
2. Sentences des saints Pères sur ces paroles : Ressuscité des morts.
a. Dans la résurrection de Jésus, nous voyons tout à la fois un miracle et un exemple ; un miracle, pour exciter notre foi, un exemple, pour faire naitre notre espérance (à notre future résurrection) (S. Aug. in Psalm. 129).
b. Le jour de la résurrection du Christ, c'est pour les morts, la vie; pour les pécheurs, le pardon; pour les saints, la gloire (3 Sem. Serm. de temp.).
c. Ce qu'il importe le plus au chrétien de croire, ce n'est [»as que Jésus-Christ est mort, mais qu'il est ressuscité d'entre les morts; car qu'il soit véritablement moi t. c'est ce que croit le païcÉ lui-même, puisqu'il en fait un sujet de reproche au chrétien. Quel est Mono le point capital de notre foi, et qu'est-ce qui en fait le
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mérite? Le voici : c'est de croire que le Christ est ressuscité des morts et d'espérer que nous ressusciterons aussi un jour par la vertu de Jésus-Christ; tel est le mérite, la gloire do notre foi ( S. Ambras. in-Ps. 101).
d. Si Dieu, en nous promettant la résurrection de L la chair, ne l'eût pas rendue visible (par sa résurrec- £ tion), qui ajouterait foi à ses promesses? Mais il s'est fait homme, il s'est abaissé jusqu'à souffrir volontairement la mort, il est ressuscité par un acte de sa propre puissance, et ainsi il nous a montré, par son exemple, ce qu'il nous a promis pour récompense (S. Greg. in Moral 1. 21, c. 6).
3. La solennité de la fête de Pâques. — Déjà dans les premiers siècles et au temps même des Apôtres, le dimanche avait été fixé au lieu du samedi pour célébrer la mémoire de la résurrection de Jésus-Christ, qui, à Cette époque, se solcnnisait avec une pompe extraordinaire. Cette fête durait six jours pendant lesquels on se livrait à une joie innocente, sans qu'il fut permis de s'occuper d'oeuvres serviles, car elles étaient strictement défendues. La discipline de l'Eglise a limité cette durée, et l'on ne solcnnise plus que les deux premiers jours de la semaine (1). Les Israélites célébraient la fête de Pâques le quatorzième jour après la nouvelle lune de mars. Conformai unit à cet usage, quelques églises d'Asie célébraient également, ce jour-là, la résurrection de Jésus-Christ, n'importe quel jour de la semaine elle tombât' Mais à Rome et dans tout le reste de l'Occident, on ne célébrai! ce mystère que le dimanche qui suivait Immédiatement Le quatorzième jour <le La nou-
(i) En France, le dimanche seulement, et encore?— [Le traJ.),