PARTIE I. CHAPITRE II
velle lune de mars. — Au concile de Nicée, tenu en 325, on décréta, pour plus d'uniformité, que, puisque Jésus- Christ était ressuscité le premier jour de la semaine, on célébrerait aussi la fête de Pâques le dimanche qui suivrait immédiatement le quatorzième jour delà nouvelle lune. Et ainsi cet usage devint général (@uilT).
A. Le miracle de la nuit de Pâques. — L'écrivain ecclésiastique Eusèbe nous raconte le fait suivant. Comme, d'après un ancien usage religieux, les fidèles de Jérusalem passaient la nuit qui précède la résurrection du Sauveur au milieu de pieuses solennités, les diacres s'aperçurent que l'huile manquait pour allumer les lampes de l'église. Le peuple qui tenait vivement à ce que rien ne manquât à la solennité parfaite de cette fête, en fut extrêmement ému; il n'y eut que l'évèque de Jérusalem, Narcisse, qui parut ne pas s'en inquiéter. Il ordonna à ceux qui étaient chargés de l'entretien des tempes, d'apporter de l'eau de la fontaine voisine. Il récita une prière sur l'eau, et commanda à ceux qui l'avaient apportée de la verser dans les lampes avec une foi vive et sincère. Et, chose vraiment surprenante, l'eau se trouva changée en huile. On en conserva longtemps encore en mémoire de ce miracle, et il en restait encore quelque peu du temps d'Eusèbe de Césarée, environ cent vingt ans après (Stolb. H. G. B. 8).
5. Les martyrs du jour de Pâques. — A l'approche | du jour de Pâques, les catholiques d'Afrique qui autre- [ fois avaient eu beaucoup à souffrir des Vandales, et avaient été troublés de mille manières dans la célébration des offices divin-, voulurent solenniser avec pompe le juin- de Iniques. Ils ouvrirent imôéglise i|tii avail été [ fermée par les Ariens, ces ennemis de la divinité de j
Jésus-Christ, et bientôt elle fut remplie d'une foule innombrable de fidèles. Les Ariens le surent, et un de leurs prêtres, ayant assemblé des gens armés, vint attaquer les catholiques. Ils entrent l'épée à la main, d'autres montent sur les toits voisins et tirent des flèches dans les fenêtres de l'église. Un lecteur, monté sur la tribune, chantait Alléluia, quand il reçut un coup de flèche dans la gorge. Le livre lui échappa des mains, et il tomba mort. Plusieurs furent tués à coups de flèches ou de dards sur le marche-pied de l'autel. Ceux qui ne moururent pas sur-le-champ furent tourmentés ensuite et presque tous mis à mort par ordre du roi, principalement les grandes personnes. L'Eglise fait mémoire de ces martyrs le cinquième d'avril.
6. La confession de sainte Marguerite. — Interrogée par des gouverneurs païens qui lui demandaient quelle était sa religion, cette sainte répondit avec fermeté que c'était la religion chrétienne. A cette réponse, le juge s'écria saisi d'une vive indignation : a Quelle absurdité que de rendre à un homme l'adoration due à Dieu seul, à un homme surtout qui a été cloué sur un bois infâme, sur une croix ! » Mais la sainte lui demanda de son côté d'où il savait que le Christ avait été crucifié? i Nous le savons, reprit le gouverneur, par vos livres que vous appelez Evangiles. — Eh bien! répondit Marguerite, ces mêmes écrits où il est question des souffrances et de la mort sur la croix de mon Sauveur, parlent aussi de sa résurrection et de sa gloire. Pourquoi croyez-vous qu'il a été crucifié, sans vouloir ajouter foi à sa résurrection? Nous, chrétiens, nous ne croyons pas à la divinité du Sauveur pour la raison qu'il a souffert et qu'il est mort, mais bien pareequ'il est ressuscité du