‹ Catéchisme historiqueChapitre 133 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE H · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE H

informé par des députés que Ckilpéric, roi de France, avait envoyés à ce roi, lesquels, lors de leur retour, firent une visite au saint évèque. Ce saint pontife, qui veillait avec tant de soin au maintien de la vraie foi, fit dire au roi d'Espagne que, puisqu'il ne voulait point croire à la divinité du Saint-Esprit, il voulût bien lui expliquer comment saint Pierre avait pu dire à Ananie [Act. 5, 3.) : « Comment Satan vous a-t-il tenté jusqu'à vous faire mentir au Saint-Esprit ? Ce n'est pas aux hommes que vous avez menti, mais à Dieu? » Cette citation d'un passage si clair de l'Ecriture, faite avec tant d'à-propos, fut pour le roi le sujet de réflexions profondes, et eut les suites les plus avantageuses pour sa foi et celle de son entourage (Ex Lohn. Miscellan, p. 50).

3. Le concile de Constantinople, dans son symbole qui est le même que celui de Mcée, dit seulement que le Saint-Esprit procède du Père; les mots et du Fils (1) n'y furent pas ajoutés, parce qu'alors on n'avait pas encore mis en question ce point de croyance. Mais depuis Tannée 447, les églises d'Espagne, et, dans la suite, d'autres églises d'Occident ajoutèrent au symbole ces autres paroles, comme étant les expressions mêmes dont l'Ecriture se sert. Pbotius, archevêque de Constantinople en 8GG, et Michel Cérulaire en 1043, aussi archevêque de Constantinople, profitèrent de cette addition pour se séparer de l'Eglise. En 1098, les Grecs abjurèrent leur erreur, et se réunirent à l'Eglise romaine Toutefois, la joie que ce retour causa à l'Eglise fut de courte durée ; le schisme recommença quelque

(1) Filioque.

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temps après. Dans le concile de Florence tenu en 1439, les Grecs reconnurent de nouveau que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils, et ils signèrent avec les Latins la même profession de foi. Mais bientôt ils retombèrent dans leur erreur, renouvelèrent le schisme, et ils y persistent encore. C'est pure opiniâtreté de leur part, puisque la doctrine qu'ils combattent est évidemment fondée sur L'Ecriture sainte et la Tradition. (Galll. passim),

SENTENCES

a. Le Saint-Esprit est descendu sur nous en forme de colombe et sous l'emblème du feu, parce qu'il voulait pacifier par l'amabilité de sa douceur et enflammer par le zèle de sa justice ceux qu'il avait remplis de sa plénitude, Celui donc qui ne possède pas et la douceur et le feu du zèle, n'est pas rempli du Saint-Esprit {S. Greg. in M or.).

1). Ce que l'àme est au corps de l'homme, le Saint- Esprit l'est au corps du Christ qui est la sainte Eglise, carie Saint-Esprit fait dans l'Eglise ce que fait l'âme dans chacun des membres du corps (il l'anime, la fortifie et la dirige) (S* Aug. /S. 2 in Pentecost.).

e. Le Saint-Esprit s'est communiqué sous la forme de langues de feu, parce qu'il voulait à la fois rendre les hommes brûlants et éloquents, brûlants de charité et éloquents d'amour. C'est pourquoi les prédicateurs doivent avoir des langues de feu, afin que, tandis qu'ils parlent de 1 amour, ils enflamment en même temps les cœurs; oai elle es1 superflue la prédication qui éclaire sans enflammer (S. Gregor. hom. 30 in il»)*

tartie i. ciiArrniE n. 2G5

d. De même que le vent, lorsqu'il mugit, renverse ies tours et déracine les arbres, de même aussi l'Esprit de Dieu renversa et détruisit, par la prédication des apôtres, l'idolâtrie, anéantit la puissance des tyrans, confondit l'éloquence et la sagesse des philosophes (Faà. Cône. 1. in Pentecost.).

COMPARAISONS

a. Comme la lumière et la chaleur proviennent du feu, ainsi le Saint-Esprit procède du Père et du Fils (S. Damasc. de fid, c. 9).

I. Dieu a donné au corps humain deux parties principales, la tète et le cœur, afin qu'elles servissent d'organes aux principales facultés de l'âme, qui sont Y entendement et la volonté. De même aussi Dieu a donné au corps mystique, à l'Eglise, le Christ qui est sa tète, et le ^aint-Esprit son cœur : par l'un, nous apprenons à connaître la vérité, par l'autre, nous la pratiquons et l'aimons (S. Gregor. 1. deHomel.).

c. Lors de la dédicace du temple de Salomon, le feu du ciel consuma le sacrifice, et servit ainsi à la consécration du temple (2 Parai. 7). De même, lorsque le Saint-Esprit vint du ciel sous forme de langues de feu, il consacra les apôtres et le reste des fidèles en fit des temples spirituels, et conmma en eux tout ce qui pouvait déplaire au Très-Haut.

d. Lorsqu'une maison était infectée par la peste, les anci.-i.s la purifiaient par le feu. C'est ainsi que le mé- (1 vin Hippoerate, voulant bannir ce fléau, fit allumer mie forèl tout entière, et, par ce moyen, il sauva sa patrie, De même au -ri le médecin céleste a purifié, par

le feu du Saint-Esprit, le monde souillé par la peste de l'imposture et de l'immoralité.

f. De même que le potier durcit au feu les vases qu'il a faits avec une terre tendre et molle, ainsi l'Esprit saint affermit par le feu céleste les cœurs naguère timides et chancelants de ses apôtres.

g. On dit qu'un jour une flamme voltigeant sur la tcte du général Marius, ses devins augurèrent de là qu'il triompherait de ses ennemis. Avec combien plus de certitude ne peut-on pas dire que les laDgues enflammées qui descendirent sur les apôtres le jour de la Pentecôte, signifiaient qu'ils sortiraient vainqueurs du combat qu'ils allaient soutenir avec les ennemis de la vérité.

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