‹ Catéchisme historiqueChapitre 154 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

calices. On procède ensuite à l'élection des trois scrutateurs et d'un nombre égal de réviseurs chargés de coutrôler les premiers. L'élection se fait en tirant des boules portaut chacune le nom d'un cardinal. Le plus âgé s'avance vers la table, prend un billet sur lequel il inscrit le nom de celui à qui il veut donner son suffrage, plie le billet, le cacheté, et s'approche de l'autel en l'élevant entre deux doigts; puis il se met à genoux sur le dernier degré, récite une courte prière à voix basse, et fait serment de donner sa voix à celui que, en conscience, il saura être le plus digne de monter sur le Siège pontifical. Ensuite, il dépose son billet, d'abord dans une urne, et seulement après dans le calice. Tous les cardinaux font de même. Cette opération achevée, le calice est placé sur l'autel, et les scrutateurs comptent les billets. Quand leur nombre correspond exactement à celui des cardinaux, on les ouvre tous successivement et l'on proclame les noms qui y sont inscrits. Il faut, pour que l'élection soit valide, qu'un membre réunisse les deux tiers des suffrages, sinon tous les billets sont brûlés dans un coin de la chapelle, dont la fumée aperçue par le peuple qui regarde avec attention du côté où elle doit sortir, l'avertit que l'élection n'a pas réussi.

Dès que l'un des cardinaux a réuni le nombre des suffrages voulus (1), son nom est proclamé hautement par un autre cardinal. Ceux qui, pendant l'élection, étaient assis à côté de l'élu, reculent d'auprès de lui, témoignant par cette marque de respect qu'ils ont

(1) Le pape actuel Pie IX fut élu au quatrième scrutin par trente-six voix. Trente-quatre était le nombre néccbsaiie. Il était âge" de cimiiiuiiic-^uatre ans.

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cessé d'être leur égal. Là-dessus, le plus jeune des cardinaux-diacres sonne une cloche, ce qui signifie que tous les maîtres de cérémonies et les secrétaires doivent entrer dans la chapelle de l'élection. Trois cardinaux s'approchent alors du nouveau pape et lui demandent s'il donne son consentement au choix qui vient d'être fait. Lorsqu'il Ta donné, ils lui demandent quel nom il veut adopter; ensuite les deux premiers cardinauxdiacres accompagnent l'élu derrière l'autel de la chapelle, où il est revêtu des habits qu'il portera désormais. Le pape revient à l'autel revêtu de son nouveau costume, s'assied sur un riche fauteuil placé sur le marchepied où il reçoit la premi ère adoration du sacré collège, dont les membres, à genoux, lui baisent le pied et la main, puis, se relèvent aussitôt, et reçoivent du pontife le baiser de paix. Le camerlingue met à son doigt l'anneau du pécheur, que le pape remet ensuite au maître des cérémonies pour y faire graver son nom.

Cependant le premier cardinal-diacre, précédé d'un des maîtres de cérémonies, portant la croix du pontife, se rend au balcon du Quirinal et annonce à haute voix au peuple impatient de l'apprendre, l'élection du nouveau pape, en disant : « Je vous annonce une nouvelle qui doit vous causer une grande joie; nous avons pour pape l'éminentissime et révérendissime Seigneur N. . . qui a pris le nom de N. » Annuntio vobis gaudlv.m magnum; papam habemus eminentissimum et reverendissimum Domimm N... qui sibi imposuU nomen N. A ces mots, toutes les cloches de la ville s'ébranlent, des détonations d'artillerie retentissent du haut du château Saint-Ange, tandis que la garde suisse proclame par ses salves mille fois répétées l'allégresse de cette heureuse journée.

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