‹ Catéchisme historiqueChapitre 158 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

nonisation sont un droit réservé exclusivement au Saint-Siège. La béatification précède la canonisation; on ne peut entreprendre le procès d'un saint qu'on veut béatifier, que vingt ans au moins après sa mort. L'enquête et le procès durent plusieurs années et sont poussés avec une rigoureuse sévérité. Il s'agit, avant tout, d'établir avec évidence que celui qu'on veut canoniser s'est distingué par la sainteté de sa vie et par les miracles qui se sont opérés par son intercession, surtout sur son tombeau; que cette réputation ne repose pas seulement sur des rumeurs populaires sans fondement ni solidité, ou venant de personnes légères qui se laissent abuser par un excès de crédulité ou qui y ont un intérêt particulier. Pour procéder avec d'autant plus de sécurité, on établit un accusateur public nommé Promoteur de la foi ou avocat du diable, eha de susciter toutes les objections imaginables contre ia canonisation du saint, de rechercher les miracles qu'il a opérés et de les rejeter.

Lorsqu'il est question des guérisons miraculeuses qu'on dit s'être opérées par l'intercession du personnage qu'on veut béatifier, on s'informe, surtout auprès des médecins qui ont traité le malade, et en consultant les hommes les plus compétents, si la guérison n'aurait pu être procurée par des moyens naturels. Lorsque toutes ces dispositions préalables sont accomplies, la béatification se fait dans l'église du Vatican. On donne lecture, en présence du pape et des cardinaux, de la bulle qui contient la béatification, puis on découvre l'image du saint qui auparavant était voilée ; on l'encense, et tous les assistants l'honorent solennellement. L'un des éveques tait l'oUice, et entonne le Te Deum. 1. 18

Dans l'après-dîncr, le pape retourne encore une fois à l'église pour vénérer l'image du saint. — Au reste, lo culte que Ton rend aux béatifiés est plus restreint que celui que l'on rend aux saints canonisés.

2. La canonisation est une déclaration solennelle par laquelle le pape atteste que tel serviteur de Dieu est en possession de la gloire et de la félicité célestes , et déclare que toute l'Eglise doit lui rendre le culte et la vénération que Ton a coutume de rendre aux saints. Elle n'a ordinairement lieu qu'après la béatification, et après qu'il a été permis de vénérer le saint dans certaines contrées ; elle suppose toujours au moins deux miracles opérés depuis la béatification, par son intercession, miracles qui sont soumis au plus sérieux examen. \J avocat du diable soulève toutes les objections qui peuvent s'opposer à la canonisation; toutes doivent être complètement réfutées. Les médecins les plus babiles, les physiciens, chirurgiens, mathématiciens doivent avoir déclaré préalablement qu'ils reconnaissent les miracles pour réels et surnaturels ; tous les doutes, toutes les difficultés doivent être aplanies, de sorte qu'il soit impossible d'élever un doute raisonnable sur leur authenticité.

La cérémonie de la canonisation a lieu dans l'église Saint-Pierre qui, ce jour-là, est ornée avec une magnificence qu'on ne remarque qu'en pareille circonstance. Le pavé est couvert de riches tapis ; tout l'intérieur est tendu de velours cramoisi; des tableaux à lames d'or, des devises écrites eu lettres d'or, suspendues de tous côtés, rappellent les paroles et les actions du saint. Au-dessus de l'autel, on remarque son image recouverte d'un voile, la tète entourée d'une auréole,

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