PARTIE I. CHAPITRE U
II] De la Communion des Saints.
Comme nous rapporterons dans la troisième partie, des exemples sur le culte des saints, des images et des reliques, nous donnerons ici quelques notices sur la . béatification et la canonisation.
d . On voit tout d'abord ce qu'il y a de ridicule dans jfce reproche que l'on fait à l'Eglise de faire des saints par une sentence portée arbitrairement , et de leur ouvrir ainsi la porte du ciel qui leur était fermée jusqu'au moment où il a plu à l'Eglise de les placer clans le séjour des élus. Quand l'Eglise béatifie ou canonise un saint, elle ne fait que le proposer à la vénération des fidèles après avoir acquis, par une sévère enquête et des témoignages irrécusables, la conviction qu'il a mené une vie sainte et édifiante, et que les prodiges opérés après sa mort sont à l'abri de toute controverse. Ces moyens d'une sage et prudente sévérité employés par l'Eglise, nous les retrouvons déjà aux époques les plus reculées. Les évèques faisaient tout ce qui dépendait d'eux pour obtenir des renseignements suffisants sur la persévérance des martyrs et sur leur attachement inébranlable aux vérités de la religion, lorsqu'on les mettait à mort. Pour atteindre ce but, les fidèles se mêlaient aux païens et prenaient part aux délibérations des juges, afin d'être témoins des réponses que faisaient les martyrs. Lorsqu'ils étaient empêchés d'assister aux débats judiciaires , ils achetaient souvent à grands frais la permission de copier les pièces du procès; ainsi relies de saint Taracus furent achetées au prix de deux cents pièces d'argent. Quelquefois
c'étaient des notaires qui étaient désignés par les souverains pontifes eux-mêmes, comme on le voit par l'exemple de Clément Ier qui avait divisé la ville de Rome en sept légions , dont chacune avait ses notaires particuliers. Le pape Fabien avait remis cet emploi à sept diacres placés sous la surveillance et le contrôle de sept sous-diacres. Leurs rapports étaient alors soumis à un examen sévère de la part des évèques et des plus anciens de la communauté; et, après qu'on était pleinement convaincu de la conduite sainte et de la mort glorieuse du martyr, le pape en faisait rédiger l'histoire qu'on lisait dans l'assemblée des fidèles; on inscrivait ensuite son nom dans le catalogue des saints, nommé dyptique, et on le récitait publiquement pendant la messe. Par là, on faisait une reconnaissance publique de la sainteté du martyr; il était proclamé saint, canonisé, et vénéré comme tel. Souvent on envoyait son histoire aux autres évèques, afin qu'ils le vénérassent dans leurs églises particulières; de cette manière le culte du martyr s'étendait toujours davantage, jusqu'à ce qu'enfin il devenait général. Toutefois, pour éviter tout soupçon d'agir avec partialité ou une célérité trop grande, les évèques envoyaient au pape l'examen de l'histoire du saint dont on proposait la canonisation. Nous trouvons déjà, dans le quatrième siècle, des exemples qui nous font voir qu'on s'adressait à Rome pour obtenir la canonisation d'un confesseur ou d'un martyr, comme nous le ?oyona par celle <le saint Vigile, évèque de Trente, dont les actes dn martyre portent: que la consultation de l'autorité papale est quelque chose «le traditionnel et d antique. — Aujourd'hui, la ition et la ca-