PARTIE IL CHAPITRE II
prédilection pour la prière, qu'elle y consacrait des heures entières. Souvent, elle quittait son rouet et. se retirait dans un lieu solitaire, afin de n'être point distraite.— Il arriva souvent, lorsque saintLouis Bertrand était encore enfant, de le trouver caché dans quelque coin de la maison, à genoux et priant. — Dans sa jeunesse, saint Philippe de Néri aimait déjà les églises et y passait souvent un temps considérable. Il priait avec une dévotion toute particulière, afin d'être un sujet d'édification pour les adultes. Son amour pour la prière ne resta pas sans récompense.
Mais il est un saint qui surpassa tous les autres par sa ferveur dans la prière : ce fut saint Louis de Gonzague. Enfant de quatre ans, il priait déjà pendant plusieurs heures avec une dévotion vraiment édifiante. Cette ardeur pour la prière ne fit que s'accroitre avec les années. Il aimait la prière comme les autres enfants aiment le jeu. Il avait coutume de dire que, lorsqu'on avait une fois savouré les douceurs de la prière, il était impossible de s'en éloigner pour longtemps. Il mettait tous ses soins à s'y bien préparer; il disait que, de même qu'une eau trouble ne peut pas servir de miroir pour y contempler sa figure, de même un cœur dissipé et troublé par des pensées et des affections mondaines ne saurait refléter la face auguste du Tout-Puissant.