PARTIE II. CHAPITRE II. 36 J
reste du temps à la prière. Toute sa vie ne fut qu'une prière fervente. Ses nuits, il les consacrait presque entièrement à la prière : à peine donnait-il quelques instants au sommeil, une heure au plus vers le matin, encore soupirait-il sur la faiblesse de la nature. Les dimanches soir, jamais il ne prenait le plus léger sommeil. Vers le déclin du jour, il se mettait en prières, le dos tourné vers le soleil, et, les mains élevées vers le ciel, il restait dans cette attitude jusqu'à ce que le soleil, apparaissant de nouveau à l'horizon, vint projeter ses rayons sur sa face et interrompre sa méditation {Ber. Berc. Hist. de l'Egl. , t. 4e).
c. Saint Martin, évèque de Tours, priait aussi continuellement lorsqu'il travaillait à des ouvrages manuels. Lorsque, sur le point de rendre le dernier soupir, et les membres déjà glacés par le froid de la mort, il était étendu sur son lit de douleur, le mouvement de ses lèvres indiquait qu'il priait encore. Une cessa de prier que lorsque la mort lui eut fermé la bouche [Lohn. Cibl. ii, 621).
d. Saint Grégoire rapporte qu'après la mort de sainte Trasilla, on trouva ses genoux recouverts d'une peau très-épaisse, ce qu'on attribua à son inépuisable amour pour la prière {Ibid.).
e. Lorsque saint Louis, roi de France, était en voyage, il priait assis sur son cheval, en compagnie de son confesseur. Il récitait journellement pour les trépassés les heures du jour avec les neuf leçon?. Ordinairement, il assistait tous les jours à deux, à trois, quelquefois jusqu'à quatre messes. Comme certains de ses courtisans lui représentaient qu'une telle conduite lVmpcchait de consacrer un temps sullisant aux aihnreo du
gouvernement, il répondit judicieusement: « Eh! sijo consacrais, comme tant d'autres princes, autant de temps an jeu et à la chasse que j'en donne à la prière, on ne m'en ferait aucun reproche! » 11 avait aussi coutume d'assister à matines, à minuit, dans sa propre chapelle {Ber. Berc. t. 13).
/. De tout temps, les saints ont accordé un temps considérable à la prière; leur plus grande joie a été de s'entretenir avec leur Père céleste. Saint Cajétan passait journellement huit heures en prières. — Sainte Marguerite, reine d'Ecosse, et saint Etienne, roi de Hongrie, passaient presque toute la nuit en prières. — L'histoire dit de saint Alfred-le-Grand, roi d'Angleterre, qu'il employait huit heures à la prière et à la lecture des livres ascétiques, huit aux affaires de l'Etat, et huit autres au repos et autres besoins de la nature. Il se levait de bonne heure et se rendait à l'église ou dans quelque chapelle, où il priait étendu sur le pavé. Souvent il se levait en silence au milieu de la nuit, pour s'échapper furtivement et aller à l'église, il portait toujours sur son cœur un petit livre qu'il appelait son manuel. Il renfermait les psaumes et d'autres prières qu'il prenait déjà plaisir à réciter pendant sa jeun< Combien de chrétiens devraient rougir en voyant l'exemple que donnait un roi surchargé de tant de travaux et d'occupations! — La vénérable mère Agnès «le Jésus ne trouvait nulle part de plus grandes consolations que dans la prière. Lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant, elle s'était habituée à prier pendant un quart d'heure, puis pendant une demi-heure, eteniin pendanl une heure entière. — Sainte Marie-Madeleine de l'azzi avait déjà, à l'âge d'environ sept ans, une telle