PARTIE n. CHAFrTRE n
tinssent par le secours de ferventes prières (Judith, 8.). — Telle fut aussi la conduite d'Esther. S'adressant à Mardockée : a Rassemblez, lui disait-elle, tous les Juifs que vous trouverez , et priez tous pour moi. » Et dès lors le peuple juif cessa d'être effrayé par les dangers de la mort. — Jonas priait dans le ventre de la baleine; Suzanne avant d'être lapidée; Daniel dans la fosse aux lions; Judas Machabée avant la bataille (1. Mach.,9. 9.), etc.
g. Le plus beau modèle de prière que nous puissions trouver est celui que Jésus-Christ nous fournit au jardin des Olives. Il nous montre qu'il nous est permis de demander à Dieu qu'il éloigne de nous les maux temporels, tout en nous apprenant à nous soumettre pleinement à la volonté de Dieu (Math., 26. 29.).
h. Les Apôtres, fidèles imitateurs de leur Maître, étaient souvent occupés à prier. Lorsqu'il leur fallut élire un nouvel apôtre en remplacement de Judas, ils adressèrent cette prière au Seigneur : « 0 vous, Seigneur, qui connaissez les cœurs de tous les hommes, découvrez-nous celui que nous devons choisir. » (Act., 1. 24). Ils le prièrent aussi de leur donner la force et le courage d'annoncer l'Evangile (Act., 4. 29.). « Accordez à vos serviteurs de prêcher votre doctrine avec un courage que rien ne puisse troubler. Que par votre puissance les malades reçoivent la guérison, que des signes paraissent, que des prodiges s'opèrent au nom de votre fils Jésus. » De même aussi , dans tous leurs besoins corporels ou spirituels , les premiers chrétiens ne cessaient d'adresser à Dieu de ferventes prières, alla qu'il vint à lnur secours. Mais c'étaient principalement les saints martyrs qui se servaient de l'arme puissante
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de la prière , lorsqu'ils voulaient demander quelque grâce ; ce fut elle aussi qui les soutint au milieu des tourments des persécutions ; elle fut comme le bouclier qu'ils opposèrent aux violences qu'on employait pour les séduire. Il serait trop long d'énumérer les exemples sans nombre de prières que nous fournit la vie des Saints. Contentons-nous de citer encore quelques traits.
i. Nous apprenons de saint Siméon Stylite que ce que nous devons demander à Dieu avant tout, ce sont les biens spirituels. Lorsqu'il n'était encore qu'un jeune berger, il se rendit un jour à une chapelle située dans un lieu solitaire et construite sur le tombeau d'un saint. Arrivé là, il se jeta à genoux ; et, les yeux dirigés vers le ciel, il pria du plus profond de son cœur. Voici quelle fut sa prière : il demanda au Seigneur de lui accorder le salut de son âme, de lui servir de guide dan» la voie du salut, de lui faire connaître sa volonté et de lui donner les forces de l'accomplir. Il ne cessa de renouveler sa demande pendant sept jours, qu'il passa dans un jeûne continuel et au milieu de la plus fermente prière : il fut exaucé (Tkeodor. vit. Sim. Siyl.).
k. Lorsque les Huns s'approchaient de la Seine , les habitants de Paris voulaient abandonner la ville et se réfugier avec leurs richesses dans des places qu'ils croyaient plus fortifiées, lorsque sainte Geneviève, éclairée par une révélation surnaturelle, leur déclara avec assurance qu'ils couraient à une perte inévitable s'ils suivaient ce conseil. Les villes dans lesquelles ils voulaient se réfugier, allaient bientôt, disait-elle, devenir la proie des ennejuis. Elle leur persuada de se Défugier plutôt dans la prière et d'observer un jeune rigoureux, et qu'alors seulement le Seigneur prendrait