‹ Catéchisme historiqueChapitre 19 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE I · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE I

quand on les voyait prier, on s'imaginait voir des saints; il lui semblait, en un mot, que, depuis qu'il, avait vu les chrétiens du Japon, il n'était plus chrétien lui-même {Histoire du Japon. 1.4).

4. Nous trouvons chez les nouveaux chrétiens du Paraguay un touchant exemple des fruits magnifiques que produit une foi vive et agissante. Autrefois, ils faisaient partie de ces sauvages qui se nourrissaient de chair humaine. Par les efforts des missionnaires ils avaient été convertis au christianisme, et l'édification de leur conduite était telle qu'on pouvait les comparer aux premiers chrétiens de Jérusalem. Chez eux l'ivrognerie, l'impudicité, la haine et l'orgueil étaient des noms inconnus. Chaque jour, avant le lever du soleil, ils se réunissaient à l'église pour faire en commun la prière dû matin; plus tard ils entendaient la sainte messe qui était suivie d'une courte instruction religieuse; puis ils se rendaient tous au travail. Le soir, ils s'assemblaient de nouveau à l'église et faisaient la prière en commun. C'est ainsi que chaque réduction formait une grande famille dont les missionnaires étaient les pères. Comme ils partageaient leur temps entre la prière et le travail, ils étaient toujours gais et contents, la paix du ciel brillait sur leur figure. Parmi eux il n'y avait pas de pauvres, on ignorait ce que c'était que l'aumône et les hôpitaux, car ils avaient tout en commun comme les premiers chrétiens. L'un d'eux avait-il commis quelque crime, il était conduit à l'église, avouait sa faute, et recevait un châtiment public, souvent dans le moment même. Rarement il retombait. Celui qui avait péché en secret, se déclarait Spontanément et demandait même une pénitence pu-

blique. Presque tous s'approchaient chaque matin de la table du Seigneur; mais la plupart, à l'exemple des premiers chrétiens, recevaient tous les dimanches le pain des Anges, e\ la solennité d'une des fêtes du Seigneur les enivrait de joie et de délices {Anneganïs Wéltgesch. B. 7).

5. Un grand nomhre de chrétiens, qui contredisent leur foi par leurs œuvres, sont souvent un obstacle à la conversion des païens.

a. Saint Otton, éveque de Bamberg, s'était rendu en Poméranic pour y prêcher l'Evangile aux païens. Il alla à Stettin, capitale du pays, où il exhorta les habitants à embrasser le christianisme. Les barbares, chez qui le vol était inconnu, lui répondirent: « Parmi vous autres chrétiens, il se trouve des voleurs et des brigands auxquels on coupe les mains et les pieds et qu'on pri\

la vue; on voit parmi vous toute espèce de crimes, mille moyens sont en usage pour leur uter la vie, et un chrétien déteste un autre chrétien. Nous ne voulons point d'une semblable religion, nous sommes contents de la nôtre. » {Richtcr's Mstorisch. Schatzkam. B. 2).

b. Les Espagnols s'étaient rendus tellement odieux en Amérique par le débordement de leurs mœurs, qu'on entendait souvent dire aux Indiens qu'ils ne voudraient pas d'un paradis dans lequel les Espagnols devraient entrer. C'est ainsi que la haine qui s'attachait à leur personne rejaillissait sur leur religion, car ces peuple- ne pouvaient comprendre que la religion des Espagnols, c'est-à-dire le christianisme, pût bonne, Lorsque ses partisans étaient de tels hommes {Idem),

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SENTENCES

a. cr C'est alors seulement que nous croyons véritablement, lorsque nous reproduisons par nos œuvres la foi que nous professons de bouche. » (S. Greg. Hom. 26).

b. La foi unie à V amour est la foi du chrétien; la foi sans ï amour est la foi du démon. — « Les démons ont aussi la foi et cependant ils tremblent. » (Jac. 2. 19. — S.Aug.De Civitat. 10).

c. La vraie foi n'est ni oisive ni solitaire, mais elle a pour compagnon inséparable un zèle constant pour le bien ; car ce que la foi a reconnu et aimé, le zèle s'efforce de le traduire en bonnes œuvres (S. Illerom. ad Paulam).

d. L'empereur Charlemagne avait coutume de dire: « Est-ce croire en Dieu comme on le doit, que de mépriser ses menaces, et désirer violer impunément sa loi? » (Ber. Berc. Hist. de l'Egl. T. VIII).

e. Le païen Penda, roi des Merciens, entrait dans une vive colère chaque fois qu'il entendait parler de ceux qui, quoique chrétiens, ne vivaient pas cependant d'après les principes du christianisme. « Comment estil possible, s'écriait-il souvent, de croire en Dieu et à sa toute-puissance, et de résister à ses commandements et à sa doctrine? » (Richt. histo. Scîiat:h. I. 34. 9).

f. Sainte Thérèse disait: « Ne pas croire en Dieu est nne véritable folie, mais croire en Dieu et le braver en

eommandements, c'est là le suprême de- 'une incompréhensible démence. » (Stolb.R.Q.

COMPARAISONS

a. De môme qu'un corps sans âme ne saurait vivre, ainsi la foi, sans les bonnes œuvres, est morte.

b. Si , quand la main d'un homme se dessèche, elle reste néanmoins encore un vrai membre du corps, quoique sans vie et sans mouvement et par conséqi membre inutile, notre foi peut bien être la véritable, quoique elle nous soit inutile et soit une foi morte, si elle ne montre pas sa vie par ses bonnes œuvres {S. August. contr. donatist.).

c. « La semence renfermée dans un vase ne saurait produire de fruits ; de môme la foi, purement intellectuelle et intérieure, ne peut produire aucune bonne œuvre. »

d. Si celui qui veut arriver à un but quelconque a besoin d'yeux pour connaître le chemin et de pieds pour y marcher, de même celui qui veut entrer dans le royaume de Dieu a besoin de l'œil de la foi et de la pratique des bonnes œuvres qui sont comme les pieds au moyen desquels il arrive au céleste séjour. Aussi saint Grégoire dit-il : « Les païens étaient aveugles d'esprit, parce que, sans la foi, il leur était impossible de trouver la voie du salut : le peuple juif, au contraire, était paralysé d'esprit, parce que, tout en connaissant le chemin, il ne le suivait pas (S. Aug. 1. 19. mor.).

e. Comme le mouvement est le signe de la vie de corps, ainsi les bonnes œuvres sont les marques infaillibles de la vie de L'âme.

f. Un champ resté long-temps inculte produit des ronces et des épines; L'air long-temps renfermé se vicie;

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