PARTIE I. CILYHTRE I
religieux des hommes, et que leur conduite rend un éclatant témoignage de la vérité de leur foi. Il dit entre autres choses : « Autrefois adonnés à tous les plaisirs des sens, nous leur préférons aujourd'hui une pureté angélique; nous qui employions les arts magiques, nous nous abandonnons uniquement à la bonté de Dieu. Nous cherchions avant tout les moyens de nous enrichir ; et nous mettons nos biens en commun pour les partager avec l'indigent. Nous nous haïssions jusqu'à la mort ; nous suivions nos coutumes de ne manger qu'avec nos compatriotes : depuis la venue du Christ nous vivons familièrement ensemble et prions même pour nos ennemis.» {Justin. Apol. 1).
e. Au commencement du troisième siècle Tertullien écrivit son apologétique qu'il dédia, sans les nommer, aux gouverneurs des provinces. « J'avouerai, facilement, écrivait-il, qu'il y a des gens fondés à se plaindre qu'on ne peut rien gagner avec les chrétiens. Mais qui sont-ils ? les fauteurs de l'impudicité publique et leurs agents, les assassins, les empoisonneurs, les magiciens, les aruspices, les devins, les astrologues. Je prends à témoin vos propres registres, vous qui jugez tous les jours tant d'accusés qu'on amène enchaînés devant vous ; qui condamnez-vous de tant de coupables de toute espèce? Des assassins, des filous, des sacrilèges, des séducteurs, des voleurs de bains : en est-il un seul qui soit chrétien? ou, parmi ceux qui vous sont déférés comme chrétiens, s'en trouve-t-il un seul coupable d'aucun des «rimes que vous punissez dans ceux qui ne sont ii retiens? C'est donc des vôtres que regorgent les pris «le leurs gt-missements que retentissent
les mines ; c'est de la chair des vôtres que s'engraissent
les bêtes ; c'est parmi les vôtres qu'on recrute ces troupeaux de criminels destinés aux combats de l'arène. Il n'y a donc que nous d'innocents. L'innocence est une chose que nous tenons de Dieu même, que nous connaissons parfaitement, lavant apprise du plus parfait de tous les maîtres, et nous travaillons à nous y maintenir. » — Ailleurs il dit qu'il est défendu aux chrétiens non -seulement de tuer mais même de se mettre en colère : non-seulement de commettre l'adultère, mais de se laisser aller à la seule concupiscence des yeux ; leur religion condamne et les mauvaises actions et les mauvaises paroles ; elle exige qu'on rende le bien pour le mal. » (Tertull. Ap. ).
3. Saint François Xavier convertit, dans le seixième siècle, les habitants du Japon au christianisme. Tout ce qui porte le nom de vertu était, chez ces nouveaux convertis, dans l'état le plus florissant. Leur zèle avait quelque chose de prodigieux, et jamais cependant ils n'étaient contents d'eux-mêmes; ils ne cessaient de se reprocher leur lâcheté et leur indifférence, et à peine se croyaient-ils dignes du nom de chrétiens. Leur délicatesse de conscience était si grande que, quand ils avaient commis une faute, même légère, il était difficile de les tranquilliser. Ils étaient animés d'un tel esprit de pénitence, que souvent les missionnaires, dans leur inquiétude, étaient obligés de veiller avec soin à ce qu'un excès de zèle ne les fit entreprendre des pratiqua qui auraient altéré leur santé. Lu Portugais, qui en avait été Lui-même témoin oculaire, écrivait en Europe qu'il n'existait paa un seul ordre religieux que les chrétiens du .lapon ne surpassassent par la rigueur de leur jeune et par toute espèce de mortifications; que,