partie n. chapitre n
prières > mais qu'il contient encore toute la doctrine du Sauveur. Ainsi, il nous prescrit de soupirer, avant tout, après les choses célestes, de pardonner à nos ennemis, etc., de telle sorte qu'on peut, à juste titre, appeler cette prière un extrait de l'Evangile.
c. « Quelle prière, s'écrie saint Chrysostôme, peut être plus agréable au Père, que celle qui est sortie de la bouche de son propre Fils? » (De Orat. dom.).
d. « Parcourez, dit saint Augustin, toutes les espèces de prières, vous n'en trouverez aucune, à mon avis, qui ne soit contenue dans la prière du Seigneur t (Epist. 121).
d. Saint Jordan, de S xe, savait expliquer, par des comparaisons aussi. justes que saisissantes, les vérités religieuses aux gens du monde qui le consultaient. «Maitre! » lui dit un jour un laïque, aie Notre Père a-t-il, dans la bouche de ceux qui n'en comprennent pas tout le prix, autant de mérite que dans la bouche des prêtres qui en saisissent parfaitement toute la portée ?» — « Assurément, lui répondit le saint, de la même manière qu'une pierre précieuse ne perd rien de sa valeur, en passant dans les mains d'un homme qui n'en connait pas au juste tout le prix » (Gruill.m 3. p. ch. 2e).
/. Saint Denis le Chartreux, de Févèché de Lutique, disait du Notre Père (in Matth. G) : « Cette prière a un sens si profond, elle est si féconde en mystères, elle opère des effets si puissants, elle révèle un ordre si artistique, que personne ne saurait jamais ni le comprendre, ni l'exprimer. »
g. « La prière du Seigneur, dit saint Augustin (Encherid.c. 115), contient sept prières. Les trois premières
regardent les choses du ciel, et les quatre dernières, celles de la terre, qui nous sont nécessaires pour obtenir la possession des biens éternels. »
h. 11 y a bien des années déjà, on conduisait à l'échafaud, dans les Pays-Bas, un comte accusé d'avoir provoqué l'insurrection. Comme il demandait au père qui l'accompagnait quelle était la meilleure prière qu'il pourrait encore réciter, celui-ci lui répondit : « Le Notre Père est la prière par excellence; c'est le Seigneur lui-môme quiestvenu du ciel nous l'apporter » (Kalend. fur Zeit u. Ezigl. 1845).
De l'Invocation.
Notre père qui êtes aux deux! — a. Saint François d'Assise a lui-même éprouvé combien il est consolant d'avoir dans le ciel un Père qui s'intéresse à nous. Déshérité par son père pour avoir voulu, malgré sa volonté, se vouer à l'état ecclésiastique, et avoir distribué son argent aux pauvres, l'humble serviteur ne fut rien moins qu'abattu par un tel événement. Il se contenta de dire avec la même sérénité d'àme et le même contentement ; « Puisque je n'ai plus de père sur la terre, je puis m'écrier avec d'autant plus de raison : Notre qui êtes aux cieux. » (S. Bonav. in vit.). b. C'est ainsi que se consolait saint Chrysostôme, après avoir été injustement chassé de son pays parl'imtrice Eudoxie : e Partout où je vais, disait-il, je toujours Le ciel au-dessus de moi. c'est là qu'habite mon Père, Celui qui m'a créé de rien, el qui me prodigue encore aujourd'hui ses soins paternels ; Celui qui dirige, me conduit, me console, m'aime, me donne