PAHTIE II. CHAPITRE II
les vêtements et la nourriture. En tous lieux je prie mon Père qui est aux cieux. »
c. Un pauvre enfant se trouvait un jour près d'nn nouveau cimetière, où il versait des larmes amères, car c'était là que reposaient les cendres d'un père tendrement chéri et regretté, mort peu de jours auparavant.— Voilà ce pauvre enfant devenu doublement orphelin ; car, depuis plusieurs années, il avait perdu sa bonne mère, et son père venait d'être enlevé à son amour. Aussi, que son abandon lui parut dur et cruel ! « Hélas ! disait cet infortuné, je n'ai plus de père ! La main qui travaillait pour moi, et fournissait à ma subsistance, est maintenant glacée et se consume dans un tombeau. Jamais je ne verrai plus ce sourire affectueux qui réjouissait mon cœur, lorsque j'étais sage et vertueux ; sa bouche d'où découlaient pour moi de si belles leçons, est fermée pour jamais. Personne qui m'aime autant que me chérissait ce bon père. Ah! qu'il est cruel, mille fois cruel, de n'avoir plus de père ! » — C'est ainsi que se lamentait ce pauvre orphelin; et il répandait des larmes abondantes sur la tombe de son père. Jetant ça et là ses yeux baignés de pleurs, ils vinrent s'arrêter sur une croix où était peint un ange : d'une main cet ange indiquait le ciel, et dans l'autre il tenait écrite cette belle prière : « Notre Père qui êtes aux cieux. » — Ces paroles, comme un rayon céleste, descendirent subitement dans l'âme du pauvre orphelin, et en chassèrent les ténèbres profondes qui l'enveloppaient. Après avoir essuyé ses larmes, ranimé pai consolantes paroles, il joignit ses mains et se mit à réciter cette prière : « Se peut-il, grand Dieu du ciel, que je vous aie silût oublié! Vous me restez encore
pour me servir de père ; je ne vous ai point perdu.' Vous avez rappelé mon père vers vous, et maintenant vous allez prendre sa place. Vous aimez encore plus les enfants des hommes, que ne les aiment leurs pères selon la chair, vous nous avez donné pour frère votre propre Fils, et, par lui, nous avons été admis au nombre de vos enfants ; c'est pourquoi, vous, mon Père, qui êtes dans les cieux, ne m'abandonnez pas, moi qui suis votre pauvre enfant, soyez et restez dès maintenant mon Père. » Ainsi pria l'orphelin ; il fut consolé, et le Père céleste prit soin de lui. Il ne devint pas, à la vérité, un homme riche, mais, ce qui vaut infiniment mieux, il vécut heureux et content ; la joie et le bonheur dans le cœur, telles furent ses richesses et ses trésors, qu'il sut constamment conserver. Il aimait encore à se rappeler, à un âge avancé, combien il avait été autrefois consolé sur la tombe de son père, par les premières paroles du Pater, et souvent on l'entendait parler aux autres de cette circonstance mémorable de sa vie [Trostung. d. Relig. S. 34).
d. a II est grand, s'écrie le saint pape Léon, ce mystère de la grâce, il surpasse infiniment tous les autres, le don que Dieu a fait à l'homme, en voulant bien l'appeler son enfant, et recevoir de lui le nom de père. » — Et saint Cyrille d'Alexandrie écrit : « Le Fils ne nous a pas seulement révélé le nom du Père, pour que nous eussions une connaissance plus ccrlaine de ses perfections, mais encore afin que nous n'ignorions pas qu'il est vraiment notre Père. »
f ARTIE Ii. CHAPITRE II. 397
Première demande.
Que voire nom soit sanctifié. — Afin de prouver que nous récitons sérieusement cette prière, nous devons contribuer, par nos paroles et nos actions, à la glorification du nom de Dieu, et faire en sorte que 1° Dieu • soit connu et loué éternellement par nous et par les autres.
a. Le Fils de Dieu donna lui-même l'exemple d'un zélé ardent pour la glorification du nom du Seigneur, en parcourant la Judée dans le but de l'amener à la connaissance du vrai Dieu. Il avait eu pour précurseur saint Jean-Baptiste, qui y avait lui-même prêché et baptisé. Les apôtres suivirent l'exemple de leur divin Maitre ; ils renoncèrent volontiers aux plaisirs de la terre ; ils allèrent même jusqu'à faire le sacrifice de leur vie, pour faire connaître le nom du vrai Dieu à toutes les nations. Lorsque saint Paul arriva pour la première fois à Athènes, il fut pris d'un zèle ardent, en voyant la ville entière adonnée au culte des fausses di vinités. Il prêcha dans la synagogue et sur la place publique le seul vrai Dieu et son envoyé Jésus-Christ (Ac. 17). Les actes des apôtres ne sont que rhistoir du zèle qu'ils déployèrent pour la glorification du nom de Dieu. Chacune de leurs Epitres atteste qu'ils n'avaient en vue que la gloire du nom de Dieu. — Nous trouvons le même dévoùment dans les saints Pères et dans tous ceux qui ont travaillé à la propagation du christianisme à travers tout le cours des siècles; et il faut bien qu'il en ait jHé ainsi, puisque le nom de Dieu est aujourd'hui exalté et publié sur toute la surface de la terre.
398 CATÉCHISME EISTORTQUE.*
Quelques exemples tirés de l'histoire moderne.
b. Des amis du pape Pie V lui ayant conseillé, comme il était déjà âgé et infirme, de donner plus de soins à sa santé, et de modérer son zèle dans le soin des affaires, il répondit : « Qui doit, plus que moi, qui suis pape, s'intéresser à ce que le nom de Dieu soit sanctifié? Ce n'est pas en vue de mon utilité particulière que la Providence ma élevé sur le siège de Pierre, mais afin que je m'applique, avant tout, à ce que le nom de Dieu soit de plus en plus connu et glorifié » (Lohn, Bibl. m. 510).
c. La devise que saint Ignace avait continuellement à la bouche : Tout à la plus grande gloire de Dieu, est une preuve suffisante du zèle qu'il avait pour que le nom de Dieu fût honoré et connu par toute la terre! C'est à lui qu'on est redevable de la fondation de la Célèbre Société de Jésus, dont le but capital est de travailler à répandre et à perpétuer de plus en plus la connaissance et le culte du vrai Dieu {Le même).
d. Le grand docteur de l'Eglise, saint Ambroise, ne croyait pas qu'il fût au-dessous de sa dignité de rompre aux petits le pain de vie. Vieillard, il déclarait qu'il était encore disposé à se charger de l'instruction de la jeune Paule, fille de la pieuse La?ta. Il affirmait qu'il se croirait plus honoré de former une servante et une épouse du Seigneur, que d'être le hérault de la vaine science du monde, tant il avait à cœur que le nom de Dieu fût sanctifié par tous, même par les petits (Iùid, S. 950). .
e. Le célèbre chancelier de l'Académie de Paris, Jean Gcrson, ne dédaignait pas d'apprendre le catéchisme aux petits enfants. Il le faisait avec le même zèle qu'il