PARTIE II. CHAPITRE II
cliain le 27 septembre 1660 {Nach. Stolb. Leben des à. Vinzent.).
d. Saint François de Sales, évèque de Genève, fut aussi un de ceux qui travaillèrent avec le plus d'énergie et d'ardeur à la diffusion du royaume de Dieu parmi les hommes. Il avait, entre autres, entrepris la conversion des habitants calvinistes du Chablais et du pays de G ex. Accompagné seulement de son cousin Louis, il parcourut, au milieu de dangers et de difficultés nombreuses, ces contrées marécageuses et sauvages, qu'habite une population d'un caractère grossier et vindicatif, et commença, appuyé uniquement sur le secours du ciel, l'œuvre de ses missions. Il serait trop long de décrire les misères, les revers et les persécutions de toute nature, auxquels ils furent en butte. Mais l'amour triompha, et leur dévoûment pour la conversion des hérétiques fut richement récompensé. On porte communément à soixante-dix mille le nombre des protestants que cet évèque fit rentrer dans le sein de l'Eglise catholique, par ses prédications, par la sainteté de sa vie, et, avant tout, par sa patience céleste et sa longanimité (Berc. Berc. Hist. de l'Egl. t. 10.).
e. Nous devons, nous aussi, contribuer par nos ferre/des prières, à ce que le royaume de Dieu s'établisse dans le cœur des hommes, et à ce que les chrétiens deviennent meilleur s. Sainte Madeleine de Pazzi recommandait très-souvent, et toujours à propos, aux religieuses de son ordre, de prier avec ardeur pour la conversion des pécheurs et l'avancement des chrétiens dans la vertu, ajoutant que cela était infiniment agréable au Seigneur et très-utile, non-seulement au salut du prochain, mais encore à celui de notre âme. — Sainte Thérèse passait
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des nuits entières à prier et à conjurer le Seigneur de changer le cœur des hommes froids et indifférents dans l'affaire de leur salut. Pendant les quarante années qu'elle consacra plus particulièrement à la prière, elle ne demanda rien avec plus d'instance, que l'agrandissement et raffermissement du royaume de Dieu dans le cœur des hommes (Lohn. Bibl. m. 504.).
/*. Saint François le Séraphique avait établi cette belle coutume dans les couvents d'Espagne : A neuf heures du soir, un frère parcourait le couvent, et s'en allait frappant aux portes de toutes les cellules, et criant aux frères qui s'y trouvaient, de réciter encore un Pater pour les âmes de ceux qui voulaient se coucher avec un péché mortel sur la conscience (Ibid.).
h. Afin de délivrer de la servitude du péché un grand nombre d'âmes, et de leur ouvrir l'entrée du royaume de Dieu, le révérend père Egide Gonzalès, de la compagnie de Jésus, passait encore à un âge très-avancé plusieurs heures au confessionnal, et surpassait en ferveur la plupart des jeunes pères. Dans sa dernière maladie, cloué sur un lit de douleur, il entendait les confessions de plusieurs pénitents. — Saint Ignace de Loyola avait, entre autres règles, fait une loi sévère aux religieux de son ordre , d'exciter vivement les chrétiens à faire de." confessions pour obtenir la grâce d'une sincère pénitence , et de se montrer infatigables lorsqu'il s'agirait d'entendre les confessions, afin de purifier de leurs souillures tant de créatures faites à 1 "image de Dieu, et qiie celles-ci, par leur beauté, contribuassent à la glorification de Bon royaume sur la terre {Ibid.).
i. Nous trouvons même des païens qui ont travaillé au triomphe de la vertu, c'est-à-dire, à l'établissem< .t
du royaume de Dieu dans l'intérieur des hommes. Socrate savait entremêler ses discours de sentences morales, et développait dans le cœur de ses auditeurs les sentiments de probité et de justice, en les pénétrant d'horreur pour le vice, et leur inspirant l'amour de la vertu. Le philosophe Epictète s'attachait surtout, dans ses entretiens , à nourrir l'esprit de ses élèves de principes moraux. — Et , dans ce genre , quels ravissants tableaux ne nous offre pas le philosophe Sénèque, dans ses traités De ira, De beneficio , ainsi que dans ses lettres.
On peut encore consulter sur cette matière la biographie particulière de tous les saints. — Qu'on se rappelle surtout sainte Thérèse, saint Louis de Gonzague, saint Augustin, etc.
Nous devons enfin prier et faire en sorte que le royaume de Dieu s'accroisse
3° Dans le ciel. — C'est-à-dire, nous devons nous efforcer d'arriver tous un jour au ciel, et travailler à ce que le nombre des élus augmente de jour en jour.
Comme tous les efforts qui tendent à étendre le royaume de Dieu au dedans et au dehors, ont tous pour but final de nous conduire au ciel qui est le royaume éternel, il serait superflu de citer encore de nombreux exemples, puisque ceux rapportés plus haut peuvent également servir ici. Contentons-nous d'en rapporter encore quelques-uns.
a. Saint Jérôme nous dit de saint Paul, qu'il s'écriait souvent : « Que ma captivité est longue ! quand tinirat-elle donc ? Quand verrai-je et posséderai-je mon Dieu Le royaume éternel?» (Silb. Hausb. S. 501.).
h. Saint Adelur luisait souvent cette prière : « Sci-
gneur, soyez à mes côtés ! C'est pour vous que vous m'avez créé ! Je vous appartiens tout entier ! Néanmoins, aussi longtemps que je serai sur la terre, je ne serai jamais avec vous que d'une manière très-imparfait» *. Je m'écrie donc dans toute l'ardeur de mon cœur : I Oh ! ne tardez pas ; appelez-moi à vous ! Placez-moi bien près de vous! Je ne suis pas, à la vérité, digne d'une telle faveur, je vous la demande cependant, afin que j'obtienne la grâce de le demander encore avec plus d'instance et d'ardeur. » {Idem.).
c. Nous lisons dans la chronique de l'ordre de saint Augustin, que pendant la maladie du jeune saint Colomban, neveu et disciple du saint abbé Colomban, à qui sa confiance en Di :u avait inspiré un ardent désir de mourir, un jeune homme lui apparut, entouré d'une lumière ravissante , qui lui parla ainsi : « Sachez-le , la prière de votre abbé, ses larmes et ses gémissements en vue d'obtenir votre guérison, sont pour vous un cmpèchement de mourir et d'entrer au ciel. » — A ces paroles, le jeune Colomban se plaignit en termes pleins de tendresse de son abbé, et lui dit en répondant des larmes abondantes : a Pourquoi me retenez-vous dans cette vallée de misères, et m'empèchez-vous d'aller au ciel ? » — Ces paroles émurent profondément le saint abbé, et il cessa de prier pour la guérison de son neveu qui, après la réception des derniers sacrements, embrassa tous les frères et s'endormit tranquillement dans le Seigneur {Le même, p. 446.).
(1. Saint François , ayant baptisé dans les Indes un enfant qui mourul peu de temps après, on l'entendit s'écrier pleiD de joie, qu'il se trouvait assez récompensé des courses pénibles et lointaines qu'il avait faites dans