PARTIE II. CHAPITRE II
liberté. Le pape ordonna des prières d'actions de grâces et statua, pour en perpétuer le souvenir, au on célébrerait la fête de Notre-Dame des Victoires et qu'on intercalerait dans les Litanies ces paroles : a Secours des chrétiens, ayez pitié de nous. » Gomme la dévotion du saint Rosaire avait été un des moyens dont s'était servi le pape Pie V pour implorer le secours de la sainte Vierge sur les armes des chrétiens, il établit que le jour de la fête de Notre-Dame des Victoires on célébrerait aussi celle du Rosaire. Sous son successeur, Grégoire XIII, la fête du Rosaire fut fixée au premier dimanche d'octobre, avec ordre à toutes les églises de la célébrer (Spondanus in continuât. Baronii, tom. 2).
c. Un mourant que le souvenir de ses péchés passés minait de désespoir, refusait opiniâtrement de se confesser. Saint Vincent de Paul qui en fut informé se hâta d'accourir auprès de lui, et dès qu'il fut entré, il lui adressa ces paroles : a Mon ami, vous savez que Jésus- Christ est mort pour vous, et vous doutez de sa miséricorde ?» Ah ! que vous offensez l'amour immense qu'il a eu pour vous ! Mais le malheureux répondit au saint ce qu'à peine aurait répondu un démon : « Je veux, lui dit-il, mourir en réprouvé pour déplaire à Jésus-Christ. » — Et moi, reprit aussitôt le zélé pasteur, a je veux vous arracher à la damnation pour lui causer de la joie. » Là dessus, saint Vincent de Paul se tourna vers las a tants, et les invita à prier pour lui le Rosaire, afin d'obtenir, par l'intercession puissante de Marie, la con- V'ition de ce pécheur obstiné. Leur prière ne fut pas infructueuse, car la sainte Vierge fit voir ce qu'elle pouvait auprès du Seigneur. Le cceur endurci de ce pécheur s'attendrit, et il te convertit entièrement au
moment où il allait mourir dans Timpénitence; il fit au saint une confession édifiante et mourut de la mort d'un véritable pénitent {Silàert's Hausi. S. 359).
d. On a vu des hommes illustres, des savants absorbés dans des occupations multipliées réciter journellement le rosaire. Saint François de Sales, ce célèbre auteur ascétique, malgré ses nombreuses occupations ne laissait pas passer un jour sans consacrer le temps qu'il fallait à cette prière. Un jour qu'il avait étudié bien avant dans la nuit, et ne l'avait pas encore récitée, l'un de ses amis le priait de prendre son repos, l'engageant à remettre cette prière au lendemain ; mais le saint lui répondit : « Mon ami ! ce qui peut encore se faire aujourd'hui ne doit pas être renvoyé au jour suivant : » et il récita son rosaire comme de coutume. — Dans des temps plus récents, le bienheureux évèque Wittman, nonobstant ses nombreuses occupations, ne négligeait jamais de s'acquitter journellement de cette pieuse dévotion. 11 portait toujours sur lui son chapelet (Haid's Katech. il, und SintzeVsWb. Rose?ik.).
9. Cette pratique de dévotion à la sainte Vierge porte à juste titre le nom de Rosaire, car on peut en comparer les Pater et les Ave Mariai de magnifiques roses qui exhalent un parfum suave en l'honneur de Marie.
— La rose se compose de trois parties , savoir : de feuilles vertes, d'épines et de fleurs, qui ont ellesmêmes plusieurs feuilles. Ces trois parties de la rose figurent le triple rosaire; les feuilles vertes représentent le mystère joyeux; les épines, le mystère douloureux, et la fleur dans son entier, le mystère glorieux.
— Souvent aussi on compare cette prière à une couronne; les douze articles du Symbole sont les douze