‹ Catéchisme historiqueChapitre 255 sur 275 · PARTIE II. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE II. CHAPITRE II

éternellement la mémoire de ce grand bienfait et enflammer de plus en plus le courage des chrétiens, le même pape ordonna que dans toute la chrétienté on sonnerait et prierait Y Angélus entre deux et trois heures du soir, qui était le moment où la victoire de Belgrade avait été remportée sur les Turcs. Plus tard, cet usage fut transporté à l'heure de midi. Voulant encourager les fidèles à réciter fidèlement cette prière, le pape Benoit TU accorda, en 17:24, une indulgence plénière à tous ceux qui, recevant tous les mois les sacrements de Pénitence et de l'Eucharistie, réciteront dévotement la Salutation Angélique, et prieront pour le maintien de la paix entre les princes chrétiens, et pour la propagation de FEglise catholique. Le même pape accorde encore une indulgence de cent jours, à ceux qui réciteront Y Angélus une fois dans Tannée avec un coeur brisé de douleur [D'après Fleury, BérauU-Bercastel et autres).

3. Du saint Rosaire. — a. Voici quelle est, d'après Odescac , l'origine du Rosaire : « Saint Dominique (mort en 1-2-21) avait prêché longtemps dans le midi de la France contre Terreur des Albigeois. Comme il désespérait du succès de ses efforts, il eut recours à la Mère de Dieu, et ne cessa de prier et de conjurer jusqu'à ce qu'il fut exaucé. A cette fin, il partit de Toulouse et se rendit dans une forêt retirée, se mit à genoux, et demanda avec instance que Dieu et la sainte Vi< lui prêtassent secours et assistance contre les ennemis de la foi. Il passa trois jours et trois nuits en prière. Epuisé, il tomba en faiblesse, et la mère de Dieu lui apparut dans une extase, entourée d'éclat et de magnificence. Elle était escortée de trois reines, et chacune

d'elles entourée de cinquante vierges comme pour la servir. La première reine ainsi que ses compagnes étaient revêtues d'un costume blanc, la seconde avait des vêtements de couleur rouge, et la troisième portait un habit tissu de l'or le plus éclatant. La sainte Vierge lui expliqua la signification de ces symboles : « Les trois reines, lui dit-elle, représentent les trois rosaires ; les cinquante vierges qui forment le cortège de chaque reine, les cinquante Ave Maria de chaque rosaire, et la couleur blanche représente le mystère joyeux, la couleur rouge le mystère douloureux, et la couleur d'or, le mystère glorieux. Les mystères de la Conception, de la Naissance, de la Vie et de la Passion de mon Fils, de même que ceux de sa Résurrection et de sa Glorification, ajouta la divine mère, renfermés et comme artistement enchâssés dans la Salutation Angélique et la prière du Seigneur, voilà mon rosaire ou la couronne dans laquelle je placerai toute ma joie. Introduis partout cette prière, et les hérétiques se convertiront et les convertis arriveront à la béatitude éternelle. » Consolé et comme ravi d'une telle apparition, saint Dominique retourna dans la ville de Toulouse et se rendit à i-e de la paroisse. Pendant ce temps, raconte la légende, les cloches se mirent d'elles-mêmes à sonner. Les habitants , étonnés d'entendre sonner à une heure si extraordinaire, accoururent en foule à l'église, et l'un d'eux demanda ce que cela pouvait signifier. Alors Butai Dominique monta en chaire, et après avoir parlé au peuple d'une voix éuergique sur la justice de Dieu et la rigueur de ses jugements, il déclara que, pour les éviter, il n'y avait pas de meilleur moyen que d'implorer la mère de miséricorde, de faire pénitence et de

réciter le Rosaire. Il donna aussi une explication de cette prière et se mit à la réciter à haute voix. — Bientôt on ressentit les effets de cette dévotion. Plusieurs renoncèrent à leurs erreurs, firent pénitence et rentrèrent dans l'Eglise catholique. — Saint Dominique établit ensuite la confrérie du saint Rosaire, pratique qui se répandit rapidement parmi les chrétiens. Le pape Sixte IV (élu en 1-471) accorda une indulgence de cinq années et de quarante jours à tous ceux qui le réciteraient dévotement. — Les trois Rosaires pris ensemble forment ce qu'on nomme le Psautier, parce qu'on y récite cent cinquante Axe Maria pour figurer les cent cinquante Psaumes. — Au reste, la coutume de réciter de suite plusieurs Pater et Axe Maria est encore infiniment plus ancienne; ainsi, dans les premiers siècles de l'Egli?e, on exhortait ceux qui ne pouvaient prendre part à la prière des Psaumes, à les réciter un certain nombre de fois. Palladius et Sozomène racontent au sujet de saint Paul, un abbé de Lybie qui vivait du temps de saint Antoine l'ermite, qu'il répétait cent fois clans la journée la même prière et qu'il se servait de petites pierres pour les compter. De même saint Benoit, fondateur de Tordre des bénédictins, avait coutume de réciter pendant le travail, au lieu des heures du jour, des Pater et des Axe Maria. On se servait pour les compter de boulettes réunies ensemble par un iil. — Lorsqu'on leva le corps de sainte Gertrude, morte en 007, on trouva à côté d'elles de petites boules attachées ensemble les unes aux autres par une petite corde. On se servait déjà à cette époque, comme aujourd'hui, du Kosaire pour déterminer le nombre des Pater et les Ave Maria (Nach Hâràit'i Bacmpl, —

509 CATÉCHISME HISTOPJCUE.

Domainlos Lclire in Bcispielen und dcr Anwcisnnfj, tom lebe/idif/em Rosenkranzc).

I. En 4571, les chrétiens, sous le commandement de don Juan d'Autriche, livrèrent aux Turcs, dirigés par Mali, un combat naval près de Lépante. Le pape Pie V ne cessa , depuis le départ de la flotte, d'implorer Marie et d'adresser de ferventes prières au Seigneur, afin qu'il daignât accorder aux chrétiens la victoire sur les ennemis de la foi clirétienne. Il ordonna d'en faire autant dans tous les couvents; le reste de la chrétienté imita cet exemple. On récita surtout fréquemment et avec dévotion le Rosaire. Le 7 octobre, les deux armées en vinrent aux mains, c'était vers quatre heures de l'après-midi. — Leschrétiens ne tardèrent pas à s'apercevoir qu'une main invisible les protégeait, car le soleil et le vent qui jusqu'alors les avait importunés, devinrent bientôt pour eux un moyen puissant de salut. Peu à peu le soleil donna dans les yeux des infidèles, et le vent, changé tout-à-coup, leur envoya la fumée de l'artillerie. Le combat dura quatre heures. De toutes parts, aussi loin que la vue pouvait s'étendre, on voyait la surface de la mer couverte de sang, de cadavres, de voiles et d'autres débris de vaisseaux ; la défaite des Turcs fut générale. Ils perdirent trente mille hommes; trois mille cinq cents hommes, dont vingt-cinq d'une haute naissance, furent faits prisonniers. Cent trente vaisseaux tombèrent au pouvoir des chrétiens; le reste fut ou brisé contre les rochers, ou coulé à fond, ou dévoré par les flammes; un liés-petit nombre parvint à s'échapper. Sur les vaisseaux dont s'emparèrent les chrétiens, on en trouva quinze mille réduit! en est lavage, dont un brâa les chaînes et qu'on rendit à la

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