‹ Catéchisme historiqueChapitre 3 sur 275 · EXTRAITS DE DIFFÉRENTS JUGEMENTS, ETC · texte numérisé non relu

EXTRAITS DE DIFFÉRENTS JUGEMENTS, ETC

L'autour est resté Bcrapaleuaemeat fidèle à sa devise, car il nous a fait parcourir en peu de temps el avec succès le long et difficile chemin des commandements. Ses exemples renferment un sens riche et profond, ils sont bien choisis et racontés brièTement ! empruntés à l'É-

criture sainte et aux saints Pères y sont rapportés avec un rare discernement; les comparaisons et les sentences se distinguent par leur clarté et leur ;i :s ne saurions trop recommander cet ouvrage aux pa>

tcuis des âmes, principalement à ceux de la campague, etc. etc. »

Nous pourrions encore ciier « les feuilles catholiques du Tyrol » (Katholische Blaelter aus Tyrol), la feuille ttifiologiquc et trimestrielle de Tubinguc » (Tubinger Thcol. Quartalschrift), « l'Ami delà Famille ( Kaiholliausfrcund ), l'antique Sion, » AlteSion^; mais comme leurs jugements ne diffèrent guère que par la forme de ceux que nous venons de rapporter, nous nous contenterons de les mentionner.

Voici comment s'exprime sur tout l'ouvrage c la Feuille du Dimanche, « Philothca :

c C'est de tout notre cœur que nous nous associons aux voix nom- ; qui se sont élevées, dans difleientes publications cathoUqu fateur du Catéchisme historique, et nous en saluons a\ec bonheur la publication. Le premier volume, parvenu déjà, à sa quatrième édition, contient dans 344 pages, la première et la seconde partie ; le deuxième dans 3S3; la troisième; et le troisième qui eml la quatrième et ia

etaquicine. On trouvée la fin du dernier volume une table alpha! • les li ois volumes. Elle est destinée à en faciliter 1"; ICI catéchismes diffèrent, par leur division, de celui du P. Canisius. •

I. De l'empressement à assister aux instructions de la religion.

« Celui qui est de Dieu, écoute la parole de Dieu » (Jean. 8. 47.).

a. Lorsque les Juifs, de retour à Jérusalem après une longue captivité, purent enfin, sous Néhémias, reconstruire la viHe et relever le temple, toute la masse du peuple se réunit un jour sur la place publique, devant la porte des Eaux, et pria le docteur de la loi, Esdras, de lui apporter le livre où était renfermée la loi que le Seigneur avait prescrite à Israël. — Le docteur se plaça alors sur une estrade en bois, espèce de ebaire, qu'on lui avait dressée. Dès qu Esdras eut ouvert le livre, tout le peuple se leva par respect pour la parole de Dieu : la lecture dura depuis le matin jusqu'à midi, et les oreilles du peuple étaient continuellement attentives à la lecture de la loi sacrée que tous écoutaient dans un pieux recueillement (v2. Esd.).

L'enfant Jésus, âgé seulement de douze ans, resta trois jours dans le temple de Jérusalem, assis au milieu des Docteurs de la loi, les écoutant et les interrogeant, et tous ceux qui l'entendaient étaient ravis en admiration de sa sagesse et de ses réponses {Luc. 2. -40.).

il CATÉCniSME HISTORIQUE.

Lorsque Jésus-Christ prêchait dans la Judée, on voyait souvent une si grande multitude de peuple se presser autour <lf lui. qu'un jour il se vit forcé de monter dans une barque pour prêcher {Marc, 3. (.)). Quatre mille personnes le suivirent un jour ; et ailleurs, il est dit que cinq mille le suivirent dans de lointaines contrées, et restèrent longtemps pour entendre sa parole sans s'occuper de ce qu'ils mangeraient ou boiraient {Jean, 6). Les apôtres abandonnèrent tout pour se faire lesdisciples de Jésus et pour entendre sa parole. Comme il arriva, un jour, qu'un grand nombre ne voulaient plus l'écouter, parce qu'ils ne pouvaient comprendre ce qu'il disait de la nourriture de sa chair et de son sang, il rassura ses apôtres en leur disant : Vous aussi, vous voulez me quitter ! Mais leur intention n'étant pas de l'abandonner, Pierre prit la parole et dit: « Seigneur, où faut-il que nous allions, vous seul avez les paroles de la vie éternelle » [Ibid).

Marie, sœur de Marthe, s'asseyait aux pieds de Jésus, el 'coûtait sa doctrine dans un saint recueillement {Jean, 10).

Nicodème, l'un des secrets partisans de Jésus, était animé d'un saint transport pour la vérité ; il venait, même pendant la nuit, trouver son divin Sauveur pour entendre de sa bouche les paroles de la vérité et de la vie éternelle [Jean, 3).

Kuflammé du désir d'apprendre à mieux connaître le vrai Dieu, afin de pouvoir lui rendre un culte plus parlait. Le trésorier de la reine d'Ethiopie entreprit le lointain voyage de Jérusalem, et, pendant son retour, il lisail L'Ecriture sainte assis dans un chariot, ne voulant ainsi perdre aucun moment pour s'instruire de plus en

plus des vérités de la religion. Le Seigneur, voulant apaiser sa soif ardente de la vérité, lui envoya saint Philippe pour l'instruire et le baptiser (Act. 8).

Lorsque l'apôtre saint Paul arriva avec Silas à Béroé, il prêcha aux Juifs dans la synagogue. Ils étaient animés de meilleurs sentiments que ceux de Thessalonique où les prédicateurs de L'Evangile avaient été cruellement persécutés ; ils reçurent la parole de Dieu avec beaucoup d'affection et d'ardeur; chaque jour ils examinaient les saintes écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était véritable \Act. 17).

b. Les chrétiens des premiers siècles n'avaient encore ni églises, ni écoles publiques. La crainte des persécutions les forçait de tenir leurs assemblées pendant la nuit, dans les forêts et les cavernes des montagnes, ou dans des souterrains appelés catacombes, et d'aller ainsi entendre la parole de Dieu au péril de leur vie. Souvent ils avaient à faire un long et dangereux voyage, pour apaiser leur soif immense de la vérité. Qu'on se représente les désagréments qu'offraient ces réunions souterraines, ou des milliers d'hommes, accumulés les uns sur les autres, respiraient à peine au milieu d'une atmosphère corrompue, car on avait soin d'en fermer avec précaution. toutes les avenues, afin que la voix des prédicateurs ne fût pas entendue au dehors, et ne vint pas réveiller l'attention des païens; et, néanmoins, les chrétiens y passaient des heures entières, tant était grande leur ferveur !

c. Saint Jean Chrysostôme faisant un jour l'éloge de ses auditeurs, disait entre autres choses : a L'amour et l'exactitude avec laquelle vous paraissez ici me sont une preuve des progrès que vous faites dans l'affaire

du salut. Toujours je vous vois soupirer avec une nouvelle ardeur après la nourriture spirituelle ; et de même que l'appétit pour la nourriture matérielle est un indice de la santé du corps,, de même aussi le désir de la nourriture céleste de nos âmes est une marque rassurante de la santé de la vôtre » (S. Chrysost. Hom. 32.).

d. Saint Martin, plus tard évoque de Tours, lorsqu'il n'était encore qu'un enfant de dix ans, se rendait en secret, car son père était païen et hostile à la religion chrétienne, aux assemblées des fidèles, et prêtait une oreille attentive aux instructions qui s'y faisaient. Il se fit inscrire au nombre des catéchumènes, c'est-à-dire de ceux qui n'étaient admis au baptême qu'après avoir été suffisamment instruits dans la religion chrétienne.

e. Saint Ignace de Loyola, élevé d'abord selon les maximes du christianisme, avait négligé, au milieu des agitations de la cour et de la vie licencieuse des camps, l'affaire de son salut. — A l'âge de trente ans, revenu des égarements d'une jeunesse orageuse, il ne rougissait pas, quoique né de parents illustres, et bien qu'il fût lui-même investi d'une des premières places dans l'armée, d'assister, à Barcelonne, aux instructions de la religion. — Il ne croyait pas que son âge le dis]

de se former aux habitudes d'un noble guerrier de Jésus-Christ ; son âge, au contraire, était pour lui un motif pour redoubler de zèle et de dévouement.

f. Avant sa conversion, saint Augustin avait coutume, tontes les fois que ses occupations le lui permettaient, de se rendre aux sermons de saint Ambroisc,

[ue de Milan: « Mou cœur, écrit-il, était touché par L'éloquence 'le ce saint hou 'ouvrait peu à

peu aux enseignements de la vérité ». Votre divine

parole, ô mon Dieu, est un pain qui nourrit et engraisse , une huile qui embellit et répand la joie sur notre figure, un vin qui enivre, nous donne un avantgoùt des choses célestes, et nous détache des jouissances de la terre (Av. g. Conf. 1. 5.).

g. L'empereur Constantin le Grand écoutait souvent, debout pendant des heures entières, la parole de Dieu, et, lorsque l'évèque le priait de s'asseoir, il répondait : « Il ne me paraît pas qu'il soit convenable de recevoir, étant assis , les ordres du souverain du ciel et de la terre » (Fusel?. I. 5. 53.).

h. Saint Charles Borromée se découvrait la tète et se mettait à genoux , chaque fois qu'il lisait l'Ecriture sainte (Lohii. BÏbl.. III, p. 414.).

COMPARAISONS

a. De même que chacun entend volontiers parler de ce qu'il aime , ainsi celui qui aime Dieu entend aussi volontiers parler de lui.

1). Si le nautonnier doit avec soin éviter les écueils, le chrétien, de son côté, doit écouter attentivement la parole de Dieu afin qu'il ne s'égare point de la voie qui conduit au ciel.

c. De même que dans une verdoyante prairie, on remarque différentes sortes de fleurs qui ne sont pas •ment agréables à la vue, mais qui offrent encore salutaires pour les maladies, de même i la parole de Dieu reiifcrme une foule de pensées qui ne sont pas seulement belles à entendre, mais qui >alutaires sur des cœurs fai- .

48 CATÉCHISME HTSTOMQUE.

d. Comme la chaleur du soleil fait germer la semence, favorise son développement et la conduit à maturité, ainsi la parole de Dieu stimule la volonté, lui lait prendre de généreuses résolutions et l'amène insensiblement au perfectionnement de l'œuvre qu'elle a commencée.

e. Lorsque l'empereur de la Chine envoie une lettre, il l'enferme dans une enveloppe de pourpre, la place sur le siège de son trône et la fait porter sur un char magnifique escorté de la garde impériale. Tous entourent la missive impériale du plus profond respect ; chaque Chinois la salue par des génuflexions. — Quelle vénération infiniment plus grande ne doit-on pas à la parole de Dieu appelée, dans le langage des Saints Pères, les Lettres de Dieu ! {Engelgr. Sexag. Dom.

f. Comme la pluie et la neige descendent du ciel et n'y retournent plus, mais abreuvent la terre, la fertilisent, la font germer et donnent à l'homme la semence pour semer et le pain pour, se nourrir, ainsi la parole de Dieu qui sort de ma bouche ne retourne point à moi sans fruit , mais elle fera tout ce que je veux et produira l'effet pour lequel je l'ai envoyée (Is. 55. 10.).

g. La lumière de la lampe s'éteint si l'on n'y verse de temps en temps de l'huile : de même aussi la lumière de notre foi s'éteindra si elle n'est alimentée et entretenue par l'huile céleste de la parole divine.

2. De l'instruction des disciples du Christianisme dan* les premiers siècles.

Dans les premiers siècles du christianisme, on attendait ordinairement pour baptiser les enfants, qu'ils

fassent parvenus à l'âge de raison. Lorsqu'ils étaient capables de recevoir une instruction plus approfondie des vérités de la religion, on consacrait encoie un temps considérable pour les perfectionner dans lu connaissançe des dogmes chrétiens. C'est ainsi qu'on agissait à l'égard des anciens juifs et des païens qui voulaient embrasser le christianisme. Avant de les instruire, l'évèque les marquait au front du signe de la croix, leur imposait les mains et les incorporait, par une consécration, à la classe de ceux qui devaient être instruits des vérités fondamentales de la religion. Le prêtre qui avait mission de les instruire s'appelait catéchète, l'enseignement recevait le nom de catéchèse, ou catéchisme, dénomination encore usitée de nos jours. Les catéchumènes formaient trois classes. A la première appartenaient les commençants, qu'on nommait les auditeurs , parce qu'il leur était permis à? entendre . les jours de dimanches et de fêtes, la lecture du saint Evangile, et d'assister au sermon prononcé ordinairement par l'évèque ; après quoi ils devaient quitter l'assemblée. Ceux d'entre les catéchumènes qui s'étaient distingués par leur application et leur zèle dan3 l'étude de la religion ou par la pureté de leurs mœurs, étaient reçus, au bout d'un certain temps, dans la deuxième, classe ; ils pouvaient assister à la sainte messe jusqu'à l'offertoire, mais à genoux, d'où le nom & agenouillés donné à ceux qui appartenaient à cette classe. Enfin , lorsqu'ils étaient suffisamment instruits dans la religion, et que leur conduite était irréprochable, ils passaient dans la troisième classe pour solliciter Le baptême, d'où leur venait le nom de sollicitants. On les appelait aussi les inscrits ou les élus, parce qu'on

inscrivait leurs noms dans un livre particulier. C'l.% dans col* qu'ils devaient se préparer, par de

ferventes prières, par «1rs jeûnes et différentes pratiques de piété, à |a réception du baptême qui leur était ordinairement administré à Pâques ou à la Pentecôte par Péyêque lui-même.

(Voir de plus amples détails sur cette matière dans la quatrième partie, troisième volume.)

Page 1