PARTIE I. CHAPITRE H
passait Fesprit d'Osiris et que les prêtres devaient trouver en parcourant toutes les étables du pays. Jusqu'à ce qu'on l'eût trouvé, le pays tout entier était enseveli dans le deuil le plus profond. Les prêtres seuls connaissaient les signes auxquels on pouvait reconDaitre cette nouvelle divinité. Il devait être de couleur noire avec quelques taches blanches à certaines parties du corps. Dès qu'on l'avait découvert, il était conduit au temple avec les démonstrations et les solennités les plus pompeuses. Le divin taureau vivait-il jusqu'à l'âge de 25 ans, on le noyait et l'on allait à la recherche d'un autre. — Il y avait encore certains pays où l'on rendait un culte divin aux chèvres, aux lions, aux crocodiles et aux agneaux. — Il n'y avait pas jusqu'aux chiens, aux chats, aux loups, à l'autruche et aux musaraignes, qu'on ne considérât comme des divinités ; et celui qui avait le malheur de battre un chat en pleine rue était puni de mort sans grâce ni miséricorde. Selon Bulbastus, 70,000 hommes se rendaient annuellement sur des bateaux au temple de la déesse de la guerre ; dans chaque ville, ils descendaient à terre et se rouaient de coups les uns les autres en l'honneur de la déesse [Annegarns Weligesch. B. l).
d. Le philosophe païen, Celse, étonné de ce que les juifs et les chrétiens n'adoraient pas le soleil, la lune et les étoiles, reçut du savant Origène cette judicieuse réponse : « Ils ne le font pas, parce qu'ils ont appris à honorer un Être infiniment supérieur à toutes ces créatures. Un adorateur du soleil ne rend certainement pas à une étincelle ou à une lampe un honneur aussi grand qu'au soleil lui-même. De même aussi les chrétiens ne veulent rendre aucun culte à une créature,
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fût-elle aussi belle et aussi brillante que le soleil ; eux
qui ont appris à connaître la lumière par excellence,
l'Éternel, qui seul mérite d'être adoré. » {Orig. 1. Cont.
Cels.).
e. Hésiode, écrivain grec qui vivait neuf cents ans avant Jésus-Christ, comptait trente mille dieux qui recevaient les adorations des idolâtres. Ceci ne doit nullement étonner, puisque chaque pays était sous la protection de quelque divinité. Les voleurs s'adressaient à Mercure; les voluptueux à Vénus; les ivrognes rendaient leurs hommages à Bacchus. Les maladies même avaient leurs divinités particulières; ainsi la fièvre avait Fibris ; les soldats vénéraient Mars, le dieu de la guerre; les nautoniers, Neptune, le dieu de la mer ; les médecins, Esculape; les forgerons, Vulcain ; les savants, Minerve ; les musiciens, Apollon.