‹ Catéchisme historiqueChapitre 61 sur 275 · PARTIE I. CHARTRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHARTRE II

achevait ces paroles, lorsque la lumière du soleil, venant réfracter sur ce verre peint , produisit le coup d'oeil le plus ravissant. Là était représenté le buisson ardent, dans lequel on lisait le nom de Dieu, ici c'était Moïse couché sur sa figure, entouré de son troupeau qui paissait sur la verte pelouse. — Ce qui auparavant lui avait paru dans un si grand désordre, révéla alors un rare talent, une régularité parfaite; la fraîcheur' des couleurs et leur combinaison savante et ingénieuse trahissaient une main habile. — Le pèlerin si mécontent se dit en lui-même : Comme j'ai été prompt à critiquer ! C'est bien là la conduite du monde. Une intelligence bornée jette indistinctement le blâme sur tout ce qu'elle rencontre ; mais quand se lèvera le Soleil de vérité et qu'il brillera dans toute sa splendeur, tout ce qui auparavant ne nous paraissait que confusion et bouleversement, nous apparaîtra plein de sagesse et de beauté {Ans Chr. v. Schmid's BlUthen).

e. Un homme pieux, mais visité par de cruelles souffrances, commença par douter si Dieu s'intéressait véritablement au bonheur des humains. Ce doute, plus encore que ses malheurs, lui faisait verser des larmes; et quand il avait ainsi pleuré et gémi, il s'endormait de lassitude et d'abattement. « Un jour, c'est lui-mèmo qui parle, rêvant que j'étais en voyage, je crus m'ètrc égaré du véritable chemin, lorsqu'un homme vint à moi et s'offrit à me remettre dans la bonne voie; je le suivis. 11 me conduisit dans la maison d'un homme qui nous fit une réception très-honorable, il paraissait être la bonté même. En partant je m'aperçus que mon compagnon lui enlevait adroitement un gobelet en or. — Le lendemain nous entrâmes chez un homme me-

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chant, qui à peine voulut nous recevoir. Il ne travaillait pas; mais il buvait, mangeait, disputait et blasphémait toute la journée. — Mon compagnon laissa chez lui le gobelet qu'il avait pris la veille. — Le troisième jour nous fûmes reçus chez un hôte honnête et vertueux, qui eut pour nous tous les égards imaginables. En partant mon guide mit le feu à sa maison. — Le quatrième nous fûmes encore hébergés par un homme d'une bonté admirable; il nous donna toutes les marques de l'amitié la plus désintéressée. Le lendemain, comme nous nous disposions à partir, mon compagnon prétexta qu'il ne connaissait pas parfaitement le chemin ; aussitôt notre hôte s'empressa de nous faire accompagner par son fils unique qui fit avec nous une partie de la route et nous donna les renseignements nécessaires ; mais à peine fûmes-nous arrivés sur le pont, que mon guide, saisissant le pauvre enfant par le corps, le précipita dans le fleuve, où il fut noyé. — Ce crime atroce me révolta, et ne pouvant plus contenir mon ressentiment, je m'écriai : a Monstre tel que la terre n'en vit jamais, je préfère mille fois errer à l'aventure dans les plus affreux déserts et être dévoré par les animaux sauvages, que de voyager avec toi qui montres une méchanceté si infernale. » — Comme j'achevais ces paroles, je vis soudain mon guide revêtir une forme céleste, et prenant un accent majestueux et solennel, il m'adressa ces paroles : « Le gobelet que j'ai volé au premier était empoisonné; personne ne pouvait le toucher sans courir un danger extrême. C'est pourquoi jr l'ai enlevé à ee1 homme vertueux pour le donner à cet autre menant. - -Sous les cendres de la maison que j'ai incendiée, cet homme juste trouvera un

immense trésor dont il se servira pour faire beaucoup de bien. Quant au jeune homme que j'ai précipité dans l'eau, il aurait dans peu de temps assassiné son propre père ; son crime eût fait le supplice de sa mère, et il eût été pour sa famille un objet de honte et de confusion. Cesse donc de douter de la Providence et apprends à connaître ses voies et à les bénir avec respect, lors même que tu ne les comprends pas. » — En achevant ces paroles, mon guide disparut et je me réveillai. » (Schônberg. Vom widrigen Schicksale.)

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