PARTIE I. CHAPITRE H. 14i
tous ses biens, parce qu'il était agréable au Seigneur (Qen. 26, 12.). La bénédiction de Dieu qui régnait dans la maison de Jacob le rendit très-riche en troupeaux. Il avait un nombre considérable de serviteurs et de servantes (Id. 30, 43.). Job, après les rudes épreuves qu'il subit, fut récompensé par un accroissement de richesses et par l'augmentation du nombre de ses amis {Jol, 42.); — Le Seigneur fit parvenir Joseph à un rang très-élevé, parce qu'il aima mieux souffrir innocent que de consentir au péché (Gen. 40.). — David, de berger qu'il était, devint un roi puissant, et Dieu le combla de toutes sortes de prospérités. — Salomon surpassa en richesse et en magnificence tous les rois de la terre (2. Chron. 9.). Tobie, éprouvé par de longues souffrances, passa le reste de sa vie dans la joie et vécut heureux au sein de sa famille (Tob. 14.). Aussi longtemps que le peuple d'Israël servit fidèlement le Seigneur, il fut comblé de biens temporels et tout lui prospéra au gré de ses vœux. — Tabithe, qui prenait un soin si particulier des pauvres, fut ressuscitée parle ministère de l'apôtre saint Pierre, afin qu'elle put encore accroître ses mérites {Act. 9, 36.).
2. L'empereur Constantin faisait tous les jours de nombreuses aumônes. Un jour qu'il parcourait son pail remarqua un pavé de marbre sur lequel était sculptée une croix. — Il fit enlever la plaque ou la table de marbre, disant qu'il ne convenait pas de fouler ainsi aux pieds le signe de notre Rédemption. .Mais il trouva, à L'endroit qu'elle recouvrait, une voûte souterraine qui renfermait un trésor de plus de cent mille pi d'or, en sorte qu'il fallut plusieurs jours pour l'enlever (Chron. Regin., llb. \, ad ann. 506.),
3. Sainte Elisabeth, comtesse de Thuringe, nourissait tous les jours neuf cents pauvres. Lors d'une famine qui sévissait en Allemagne en 122o, elle fit distribuer aux pauvres tout ce qu'elle récolta sur ses biens. Comme les ministres se plaignaient au roi de tant de profusion, il leur répondit, « Ne la troublez pas dans ses bonnes œuvres; car je suis assuré, quelque grande que soit la part de ma fortune qu'elle donnera aux pauvres, que le Seigneur m'en enverra encore davantage.» (Ber. Berc. Hist. de l'Egl. tom. 12.).
4. Alfred, roi d'Angleterre, dont le royaume fut occupé pendant quelque temps par les Barbares, se vit contraint de s'enfuir dans une forêt entourée de marais infranchissables et de se cacher dans une misérable cabane. Un jour qu'il se trouvait seul avec son épouse, il tacha de calmer l'inquiétude qui le dévorait, par la lecture de l'Ecriture sainte, lorsque au même instant, un pauvre vint frapper à sa porte, demandant l'aumône. « Que pouvez-vous lui donner, dit le généreux Alfred en se tournant vers son épouse ? — Il ne reste plus qu'un pain! répondit-elle. — Grâces soient rendues au ciel ajouta le roi, lui qui a nourri cinq mille hommes avec cinq pains, peut bien aussi nous nourrir avec la moitié de celui-là; donnez-en la moitié à ce pauvre. » — Elle le fit; et à peine quelques instants s'étaient écoulés, que les gens du roi revinrent avec une quantité prodigieuse de poissons. — Le roi ne tarda pas a repousser les ennemis et à les expulser entièrement du royaume (1). [AlfrcL zit p r Asscr.)
(1) Il y aurait encore beaucoup d'autres exemples qui nous
iraient que Dieu récompense léjà le bien des ce monde,
nuiis nous devons, avouer qu'il ai faul citer ces sortes de traits
B Dieu punit souvent le mal déjà des celte vie (1),
En première ligne apparaît Adam qui fut chassé du oaradis terrestre pour avoir mangé du fruit défendu et condamné à gagner son pain à la sueur de son front. — Eve dut enfanter avec douleur et supporter toutes les infirmités de la nature humaine. — Gain arrosa la terre du sang de son frère, et la terre lui devint maudite, et il fut condamné à mener une vie errante, poursuivi par la vengeance divine et les remords de sa conscience. — Les contemporains de Noé et les habitants de Sodome et de Gomorrhe moururent d'une mort subite et malheureuse. — Les frères de Joseph, qui le laissèrent languir dans la citerne sans lui donner à manger, tandis qu'eux-mêmes prenaient de la nourriture, et, sans songer aux angoisses dont son àme était opprimée lorsqu'il les conjurait d'avoir pitié de lui, le vendirent comme esclave, furent eux-mêmes obligés de se prosterner devant lui et de le prier d'avoir compassion d'eux, allant jusqu'à s'offrir à être ses esclaves. — Pharaon et les Egyptiens firent jeter à l'eau les premiers-nés des Israélites, mais ils perdirent euxmêmes, dans cette épouvantable nuit, leurs propres enfants, et trouvèrent leur tombeau dans les flots de la
qu'avec une grande prudence, afin de ne pas habituer la jeunesse à ne chercher dans la pratique de la vertu que des av.in- I purement temporels.
( l) Le trouble de la conscience est toujours la suite inévitable du péché. Jamais les pécheurs n'ont joui du vrai repos de la conscience, car chaque crime est une épée à deux tranchants dont les blessures sont incurables [Sir. 21. 4).
mer. Les Israélites qui étaient si rapproches de la terre promise murmuraient contre le Seigneur et disaient : u Puissions-nous mourir dans ce désert; » et Dieu leur répondit : « Je veux vous accorder ce que vous avez demandé, vos corps seront étendus morts dans ce désert. Vous tous qui avez ruuramré contre moi, vous n'entrerez point dans la terre promise. » (Nombr* 29).
Abimclcch avait fait tuer sur une même pierre tous ses frères, au nombre de soixante-dix, et il fut luimême écrasé sous une pierre lancée du haut des remparts de la ville {Jug. 9.).
Achab et Jézabel firent lapider l'innocent Naboth, et les chiens vinrent lécher son sang ; et, chose surprenante! les chiens léchèrent aussi sur la même place celui d'Achab, mais Jézabel fut entièrement dévorée par ces animaux (3 Rois, 22 et 49).
Les vieillards qui accusèrent faussement Susanne et la firent condamner à être lapidée, le furent euxmêmes, et ceux qui jetèrent Daniel dans la fosse aux lions furent les premiers dé\orés [Dan. 13. et (>.) Aman, fut suspendu au même gibet qu'il avait fait dresser pour le vertueux Mardoehée (Esth. 7.). Antiochus, qui banlit les hommes de leur patrie, les réléguait dans les déserts et les faisait périr de la mort la plus cruelle, sans pardon ni miséricorde, fut lui-même condamné à mourir dans un désert lointain, au milieu des tourments les plus sans que personne s'appitovàt Burso ! Bori (2, Mac~h. '•>.).
Ou peut 'ii ore rapporter ici comme exemples de la Lents de Dieu : les entants qui se moquèrent d'Elisée $ la famine au temps d'Eue et de Jo-