‹ Catéchisme historiqueChapitre 75 sur 275 · PARTIE I. CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PARTIE I. CHAPITRE II

et les plus distingués de saint Romain, sortit du couvent avec quelques autres moines pour entreprendre un travail pénible aux digues de leur moulin. Ils se découragèrent bientôt de leur travail, car partout où ils mettaient le pied, ils entendaient le sifflement de serpents venimeux. Effrayés par ce spectacle horrible, ils étaient tous tentés de prendre la fuite. Néanmoins, voulant rester fidèles au vœu de l'obéissance, ils se résignèrent à ne pas s'éloigner. Os firent le signe de la' croix sur leurs mains et sur leurs pieds et se mirent à chanter : « Voyez ! je vous ai donné la force de fouler aux pieds les serpents et les scorpions, et de braver la puissance de votre ennemi ; rien ne pourra vous nuire. » Et les vipères et les serpents disparurent, et les moines obéissants et craignant Dieu purent continuer tranquillement leur travail ( Stolb. R. G. B. 17).

d. Saint Grégoire le Grand, pape, nous raconte, dans son histoire de saint Benoit, le fait suivant. Saint Benoit vécut pendant quelque temps dans une caverne. Gomme le bruit de sa sainteté s'était répandu au loin, les moines d'un couvent voisin vinrent le trouver pour le prier de vouloir bien être leur supérieur. Après avoir refusé pendant quelque temps, il se résigna à la fin à devenir leur abbé. Mais, comme il voulut rétablir la discipline monastique dans toute sa rigueur, les moines, mécontents, formèrent l'effroyable complot de l'empoisonner. Ils lui présentèrent, à table, une boisson mortelle. Selon son habitude, Benoit fit le signe de la croix sur le vin et aussitôt le verre éclata en mille morceaux. Benoit se levant alors : « Mes frères, < lit-il en ^'adressant aux moines, que le bon Dieu prenne

ICO CATÉCHTSME HISTORIQUE.

pitié de vous! Pourquoi avez-vous voulu attenter à mes jours ? î) — Et à l'instant il abdiqua sa dignité et retourna dans son désert (Ibid. lib. 19).

e. Saint Augustin parle d'une guérison remarquable opérée par le signe de la croix. Dans la ville de Cartilage* une femme pieuse et du rang le plus distingué, nommée Innocente, avait un cancer au sein, mal incurable, selon les médecins. On a coutume de couper la partie où est le mal, ou, si Ton veut prolonger un peu sa vie, de n'y rien faire du tout. Cette dame avait appris cela d'un savant médecin, de sorte qu'elle n'avait plus recours qu'à Dieu. La fête de Pâques étant proche, elle fut avertie en songe de prendre garde à la première femme qui se présenterait à elle au sortir du baptistère, et de la prier de faire le signe de la croix sur son mal. Cette femme le fit, et Innocente fut guérie à l'heure même {S. Aug. de Civit. Dei. lib. 22. c. 8).

f. Théodoret raconte qu'un homme craignant Dieu, nommé Pierre, fut un jour prié par une personne qui avait mal aux yeux de la secourir. Il lui répondit modestement : a Je suis un homme, je n'ai pas une autre nature que vous ; je suis chargé d'une foule de péchés, je n'ai pas une confiance assez grande et ne possède pas ce degré de foi requis pour opérer des prodiges. » Mais cette femme continuait de le prier avec larmes, l'assurant qu'elle ne cesserait point de le supplier qu'il ne l'eût guérie. Là dessus l'homme de Dieu lui répondit : « C'est à Dieu qu'il faut demander la guérison de semblable maladies; il exauce toujours la prière de ceux qui ont une toi vive; Dieu aura pitié devons, car il aura égard a vôtre i<>i. Si vous avez une foi sincère, véritable et dégagée de tout doute, prenez cette

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