PRÉFACE
Daks le Calëchîsme historique sur la Rëformalîon, j'ai cherché a intéresser les eiifans de nos écoles par la simplicité et la brièveté de l'enseignennent ; mais comme il ne suffit pas pour appartenir à l'Eglise de notre divin maître de faire profession de la pure doctrine de TEvangile , etqu*à la connaissance de la vérité il faut ajouter chaque jour des progrès dans le bien et un attachement sincère a la piété , j*ai cru que je ferai quelque chose de fort , utile et même d'agréable aux enfans, si je mettais à leur portée^ dans une suite d'instructions choisies, familières et appropriées à leur» lumières et à leurs besoins , quelques-unes des principales parties de là religion de Jésus : de cette religion qui est si belle et si touchante quand on l'envisage sous son vrai point de vue , qui est le côté moral et pratique ; quand on l'envi-^ sage toute entière et sans préventions ; surtout de cette re-^ ligion qui est si bien faite, par la douceur de son langage et parles nombreux encourageniens qu'elle offre, pour gagnef^ le cœur du premier âge , et le rendre heureux en l'accoutumant de bonne heure à régler ses habitudes et ses mœurs sur les saintes maximes de l'Evangile du Fils de Dieu. II y a long-temps que je cherchais une occasion favorable de m'acquitter de cette tâche ; et cette occasion , il me semblé que je la trouve aujourd'hui , dans la disposition oii nous sommes de célébrer sous peu la belle fête de notre bienheu-
h PRIÊPACE.
parmi nous le rëgne de Dieu , en répandant autant que possible la lumière et la vertu. Ce règne sera très-efficacement avancé , si nous parvenons d'un côté a tourner le cœur et l'affection de nos enfans vers la seule chose nécessaire , la connaissance et l'amour de Jésus-Christ ; et si de l'autre, nous excitons toujours davantage les parens et les instituteurs à fortner notre jeunesse dans ce sens religieux, et chrétien et à la conduire comme autant d'élèves empressés aux pieds de ce diyin maître , qui les aimait , qui les bénissait , qui priait Dieu son père pour eux et même qui les recommandait comme des modèles au reste des hommes. Que ne puis-jeme flatter d'atteindre , au moins en partie , un but si désirable , jusqu'à ce que d'autres plus habiles l'atteignent tout-à-fait , en donnant ainsi une nouvelle vie , un accroissement sensible d'intérêt et d'utilité à l'enseignement qui se pratique
' dans nos écoles ? Le seul espoir de voir ce vœu ardent bientôt réalisé, m'attache toujours plus à un ministère que le cœur vénère et chérit alors même qu'il est pour ceux qui l*exercent, la source de bien des dégoûts et de bien des mortifications. Mes chers enfans , c'est à vous que j'adresse ce petit écrit ; en le composant j'étais avec vous et je m'imaginais vous voir et converser affectueusement avec vous. C*est pourquoi je vous prie de le recevoir comme un témoignage et comme un souvenir qui vous est donné par un
. bon ami dans cette année de fête et de réjouissance que vous vous rappellerez toujours. Dieu veuille, mes chers enfans , répandre sur vous et sur vos études ses meilleures bénédictions. Dieu veuille vous préserver de tout mal ; et qu'à mesure que vous avancerez en âge et en nature ^ vous vous affermissiez dans la communion de Dieu notre Père et de son Fils notre Seigneur Jésus-Cbrist ! Veuille enfin ce Dieu, tout bon, vous conserver long temps vos parens et vos maîtres pour qu'ils soient long-^temps encore entre ses main* les instrumens de votre perfectionnement et de votre bonheur)
DE
Laisses Tenir à moi les petits enfans , car le royaume des cieax lear appartient.
Matthieu xpc, v. x4*
Caractère de VenfarU religieux.
n est honnête et doux , il est sans fraude et sans malice. 11 s'àpplîque de bon cœur à tout ce qui est bien. Il aime la compagnie de ses parens. H remplît avec empressement la tâche qui lui est prescrite. Il est complaisant envers ses frères et soeurs. H oblige ses amis et ses voisins. Il ne fait de peine à personne.
Voilà l'enfant sage et religieux.
Il prend plaisir aux instructions du Sauveur ; il écoute avec respect sa voix dans sa parole; il la serre attentivement dans son cœur ; il cherche à connaître toujours mieux ses devoirs pour les remplir exactement. H se souvient que Dieu le voit et il marche continuellement dans sa crainte. Il est docile , soumis quand on le reprend, Il honore ses maîtres. Il
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tient fidèlçment ses promesses. Il ne s'arrête point avec le vicieux. D n'imite que cç qui est bien et jamais ce qui est mal.
Voilà Tenfant que Dieu bémt et qui réjouit le cœur de son père et de sa mère,
ni.
Il est content de ce qu'il possède et n'envie rien aux autres. H partage son repas avec les pauvres. H compatit aux peines des affligés, .11 a le mensonge en horreur. H prie chaque matin et chaque soir. Rien ne le tente quand on lui propose de faire ce que Dieu a défendu. liien ne le détourne ou ne le décourage dès qu'il voit l'accomplissement de la volonté de Dieu. En toutes choses il regarde au Seigneur et n'aspire qu'à lui plaire.
Voilà l'enfant qui croît en sagesse et en grâce de* vant Dieu et devant les hommes. Tel qu'un bon arbre , il porte en toutes saisons des fleurs ou des fruits et il sera transplanté après la mort dans le royaume des Cieux.
Exhortation à chercher DieUn
Mon enfant ! n'oublie pas mes instructions , et garde mes préceptes dans ton cœur. Ils prolongeront tes jours , ils ajouteront des années à ta vie et ils augmenteront ton bonheur que la droiture et la justice ne t'abandonnent jamais; lie les autour de ton cou ; grave les au fond de ton cœur ; tu t'attireras de la part de Dieu et des hommes amour et . ;approbation.
DE L'UNFAliCX* J
Mets toute ta confiance en FEternel et ne te repose point sur ta prudence, Aye le devant les yeux dans toute ta conduite et il la dirigera.' Ne présumeras de toi*méme, crains FEternel et 4étoume-^oi damai ; ce sera pour toi un principe de santé et de vigueur. Mon enfant , ne rejette point l'instruction de l'Eternel et ne te dépite point, lorsqu'il te châtie; car l'Eternel reprend celui qu'il aime , comme un père châtie l'enfant qu'il chérit.
Heureux , mon enfant , celui qui a trouvé la sagesse et qui possède la prudence Tacqùisition que l'on en fait est plus avantageuse que celle de l'argent ; et son produit v^ut mieux que l'or. Elle est plus précieuse que les pierreries , et tout ce qu'on estime le plus ne peut lui être comparé. Elle tient dans sa main droite la longue vie , et dans sa gauche les richesses et la gloire. Ses voyes sont agréables et la paix est dans ses sentiers. Elle est l'arbre de vie pour ceux qui l'embrassent; ceux qui s-appuyent sur elle sont heureux.
Mon enfant ! ne perds jamais de vue ces maximes et conserve ainsi la véritable sagesse. Elle sera la vie de ton ame. Elle te servira d'ornement. Tu marcheras avec assurance et rien ne te fera broncher. Tu te coucheras sans crainte , tu t'endormiras d'un doux sommeil. Tu n'auras à redouter ni terreur soudaine ni attaque de la part des méchans : car l'Eternel sera ton espérance et il te garantira des pièges tendus sous tes pas.
Ecoute-^moi donc mon cher enfant ! retiens mes leçoQS et tu prolongeras tes jours. Je te montrerai
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le chemin de la dagesse ; je te conduirai dans la route de Téquité ; tu y iqarcheras ssins trouver d obstacles ; tu y courras sans jamais broncher ; elle ornera t^ tête comme une guirlande ; ellete couronnera comme d'un diadème : saisis Tinstruction et ne la laisse point échapper. Garde-la , Aime-la ; c'est ta vie,
La Contemplation âe VUniçers.
Regarde tout autour de toi , mon enfant , et vois ces champs et ces prairies , ces hautes montagnes » ces vieilles forêta, ces sources jaillissantes et ces ri-vières qui fertilisent la terre ; regarde ce brillant soleil dont Téclat resplendit au plus haut des Cieux et dont la chaleur au printems fait tout croître et tout fleurir* Au retour de Tété quelle quantité , quelle variété de fruits de toute espèce ! Les arbres en sont chargés , les bleds couvrent nos campagnes , et les prés sont pourvus d'herbes en abondance. L'autonjne TÎent et nèùs fournit d'autres productions encore ; les feuilles te réjouissent , mon enfant par la diversité de leurs couleurs; et quand l'hiver se montre, la neige tombe par flocons et tu te promènes sur des plaines d'une éblouissante blancheur; la glace étincefe coipme un miroir. Regarde aussi cette lune dont la clarté est si douce, si pure et si tranquille. Vois ces milliers d'étoiles qui sont suspendues au firmament et cet arc qui se réfléchit en tant de formes et de nuances variées dans la nue. Ce n'est pas k>ut ; la délicieuse fraîcheur du matin , l'azut des Cieux , les vives flammes qu'y Ispsse le soleil , eà quittant notre horizon, les nuages tantôt légers, tan-
DE l'eOTAI^CE. 9
tôt majesteux et tantôt sombres , lents ou menaçans qui voltigent au dessus de toi dans ces régions immenses de l'air et qui tantôt nousprocurentdes pluies rafraichissantes et tantôt se heurtent , s'entrouvrent soudain en redoutables éclairs , et font gronder la foudre. Que tout cela, mon enfant, est beau, grand, magnifique ! mai» tout cela est aussi utile pour les hommes et pour les animaux. Les hommes et les animaux mourraient bientôt si la terre perpétuellement fertile, et fertile en toutes manières , ne nous donnait qu'une seule espèce de productions , si tout ce que tu vois , par exemple , n'était composé que de plantes et d'arbres, si le soleil ne nous ranimait sans-cesse par sa vivifiante chaleur , si son aimable lumière ne conduisait et n'embellissait toutes les créatures , si les jours et les nuits ne se succédaient pas dans un ordre invariable , si les ruisseaux et les sources, les pluies et les rosées n'humectaient et n'arrosaient pas la terre selon qu'il convient. Tout ce qui te frappe, mon enfant, et que tu admires est Ké l'un à l'autre ; aucune de ces choses ne peut se passer du service que lui rendent les autres ; toutes se prêtent des secours mutuels; etde même que dans un grand bâtiment, tout est arrangé pour le mieux et pour la perfection de l'ensemble ; c'est ainsi , mon çnfant que tout ce que tu vois sur cette terre de beau, de grand , de riche et d'imposant soit en haut soit en* bas , ne forme à tes yeux qu'un tout merveilleux et divinement ordonné qu'on apelle la Nature^ ou
lO lA RELIGION
Dieu m est l'auteur.
Qui a Êtit toutes ces choses? qui les a arrangées ^ qui les conserve à toute heure et à chaque instant?^ C'est /Dieu, mon enfant, qui les a faites. Il a voulu: que le monde fût et le monde a été. Dieu est tout puissant. Et toi aussi , mon enfant, tu es une de ses. , créatures; Dieu est ton père.
Au commencement Dieii créa lesGiëux et la terre. Genèse I. Toute maison est bâtie par quelqu'un ; or^ celui qui a bâti toutes ces choses, c'est Dieu. Hé-^
breux^ch*^»
O Dieu , tu as ouvert les fontaines , tu as fait couler les rivières et les torrens. A toi est le jour et la^ nuit t'appartient également , tu as créé la lumière et tu as tracé sa route au soleil ; tu as posé toutes les. limites du monde, tu as formé l'été et l'hiver. Ps, 74^
Les Cieux racontent la gloire du JMeu fort ^ et l'étendue fait connaître l'ouvrage de ses mains. Ps. ig.
L'Eternel fait tout ce qui lui plait dans les Cieui^ et sur la terre , dans la mer , et jusques dans la profondeur des abimes. Ps. i35.
Seigneur , tu es digne de recevoir l'honneur , la gloire et la puissance , car tu as créé toutes choses , et c'est par ta volonté qu'elles ont été faites et qu'el-' les existent. Apocal. 4»
Des perfections de Dieu*
Qu'est-ce que Dieu et comment faut-il que je le considère et que je me le représente? Dieu, mon enfant, n'est point un corps que l'on puisse toucher.